Yegg n°77 février 2019
Yegg n°77 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°77 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'enjeu de l'éducation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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1th.. CÉLIAN RAMIS
Celle qui enfile les lunettes de l’égalité « Il y a bientôt 20 ans, lorsque j’étais en maitrise, j’ai choisi de faire mon tout premier stage auprès de la chargée de mission égalité FH en Préfecture des Côtes d’Armor… J’étais déjà « sensible »  : le fait que ma mère, féministe sans le nommer, ait beaucoup regretté d’avoir travailler sans être déclarée, 8 ans dans l’ombre de mon père, puis divorcée sans plus jamais se remarier, n’y est pas pour rien ! ! », commente RozennMoro qui dès lors prend conscience de l’ampleur des inégalités entre les femmes et les hommes, implantées dans toutes les sphères de la société. Depuis, elle n’a jamais cessé de revendiquer l’importance de l’éducation à l’égalité  : « Pour que les filles aient moins le sens du sacrifice, du soin aux autres et apprennent à s’affirmer, à servir leurs intérêts, et pour que les garçons se décentrent d’euxmêmes et apprennent à prendre soin des autres… » Elle a coordonné un pôle Économie Sociale et Solidaire, été chargée de mission Leader – programme de soutien aux projets en zone rurale – et a donné des cours en Master à la fac d’économie. Elle le dit, c’est surtout entre deux postes qu’elle a pris le temps de militer. Dans un cadre syndical, d’abord, en accompagnant des femmes – majoritairement harcelées par leurs directeurs - en souffrance mais réalise alors l’impuissance d’un système qui camoufle le problème sans en régler le fond et la source. Dans le cadre associatif ensuite, en découvrant la conférence « Le clito, un petit nom qui en dit non » de Questions d’égalité – qui aujourd’hui n’est plus active mais dont le site reste à disposition du grand public. Elle rejoint alors la structure pour y développer des formations. « J’ai quitté mon poste et j’ai accepté de tenter le coup. Pendant 9 mois, grâce au chômage, j’ai travaillé bénévolement pour développer mon poste. Il y a eu des moments intenses… On a formé plus de 100 assistantes maternelles, des animateur-rices jeunesse dans les 4 départements bretons, des éducateur-rices PJJ, des agents de collectivités locales, des personnes en service civique… avec des retours extrêmement positifs et toujours cette question  : ‘Pourquoi n’avons-nous pas été formé-e-s avant ? En formation initiale ?’ », s’enthousiasme RozennMoro, bientôt 41 ans, qui a aujourd’hui créé son entreprise de formations BinOcle  : « Quand tu travailles en association, tu es sans cesse détourné-e de ta fonction initiale de sensibilisation, de formation. Tu passes ton temps en réunion ou le nez dans tes bilans financiers et administratifs à chercher des moyens pour garantir la pérennité financière de ta structure. Je passe sous statut privé mais je pratique des tarifs différenciés en fonction des capacités financières des structures. » Peinée par la dissolution de Questions d’égalité, la militante poursuit néanmoins sa route, toujours sur la voie de l’éducation à l’égalité. Avec BinOcle, elle intervient auprès des adultes mais aussi auprès des enfants et des jeunes. Pour les accompagner vers un changement de pratiques, discuté et élaboré ensemble. Dès la petite enfance, on établit des traitements différents en fonction du sexe de l’enfant. « On va s’apercevoir, par exemple, qu’on incite d’abord les petits garçons à aller dehors. À jouer avec des voitures, des motos. Ils développent plus tôt une aisance motrice. Tandis qu’aux petites filles, on leur parle. On gazouille. », analyse Rozennintarissable sur le sujet qui l’anime profondément dans sa vie professionnelle comme dans sa vie personnelle  : « On va aussi voir, en primaire, que les garçons peuvent jouer à la poupée quand ils sont seuls. Tu mets d’autres garçons, ils vont commencer à faire les foufous avec la poupée. Les comportements sont entravés. Il faut les valoriser si on veut redresser la barre. » Injonctions, hiérarchie dans les inégalités, hétérosocialité, discriminations et autres assignations (mais aussi racisme, homophobie, grossophobie, handiphobie, etc.) créent des frustrations et induisent un schéma de violences qui ensuite se répercutent à tous les niveaux d’une société qui ne sait plus par quel bout prendre le patriarcat. Sa méthode  : l’éducation à l’égalité, à travers le principe de l’éducation populaire. « À partir d’un débat mouvant dans lequel je leur fais des propositions et ils se positionnent ‘D’accord’ou ‘Pas d’accord’, ils échangent leurs arguments. Je n’interviens pas même quand il y a des propos très sexistes. C’est difficile mais il faut tout écouter. Il est ensuite nécessaire qu’ils aillent observer par eux-mêmes pour ensuite avoir un débat. On a élaboré une liste de solutions quant au fonctionnement de la cour de récréation, qui a été donnée à la directrice. », se réjouit la militante convaincue que c’est en enfilant les lunettes de l’égalité que l’on y verra plus clair ! I MARINE COMBE + d’infos  : www.binocle.org Février 2019/yeggmag.fr/03



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