Yegg n°74 novembre 2018
Yegg n°74 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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vier 2017 sur francetvinfo.fr. Si la France n’atteint pas encore les 70% de médecins invoquant cette clause spécifique comme en Italie, pour autant, il faut rester alertes et vigilant-e-s. Car les femmes sont quasi systématiquement culpabilisées. Si la loi permet l’accès libre et gratuit à tou-te-s à l’avortement, nombreuses sont celles qui témoignent d’un mauvais accueil, voire d’un jugement acerbe, agressif et violent face à leur décision ou leurs interrogations. France Culture dédiait une émission, « Les pieds sur terre », à la parole de celles qui ont vécu le refus brutal d’un-e praticien-ne. Renvoyées à leur irresponsabilité et réduites à leur rôle de reproductrices et génitrices, elles racontent et livrent ce qu’elles ont ressenti à ce moment-là, souvent incrédules face à la violence de la réaction et souvent contraintes à se remettre en question alors qu’elles n’auraient pas dû être amenées à se justifier. DÉSACRALISER L’ACTE Le traumatisme de l’avortement doit être déconstruit. Parce que l’argument énoncé par Simone Veil – « Aucune femme ne recourt à l’avortement par gaieté de cœur. » - lors de son discours à l’Assemblée en novembre 1974 n’est Les lois... 1975 - La loi Veil autorise l’avortement sous certaines conditions. 1979 - La Loi Pelletier confirme la loi Veil. 1982 - Remboursement de l’IVG. 1988 - Autorisation de mise sur le marché du RU486, permettant l’avortement médicamenteux. 1993 - Loi Neiertz sur « l’entrave à l’IVG ». 2001 - Loi Aubry  : IVG jusqu’à 12 semaines de grossesse, suppression de l’entretien social obligatoire pour les majeures, aménagement de l’autorisation parentale pour les mineures et légalisation des IVG en dehors des centres hospitaliers. 2004 - Mise en place des IVG médicamenteuses hors établissement de santé. Novembre 2018/yeggmag.fr/22 focus plus valable. À l’époque, les femmes faisant appel à celles que l’on nommait les tricoteuses ou les faiseuses d’ange pouvaient perdre (et ont perdu) la vie, tout comme celles qui les aidaient (Sur le sujet  : L’événement, écrit par Annie Ernaux/Une affaire de femmes, réalisé par Claude Chabrol/4 mois 3 semaines 2 jours, réalisé par Cristian Mungiu/Histoire d’A, réalisé par Charles Belmont et Martielle Issartel). Des décennies plus tard, on associe toujours à tort IVG et mise à mort d’un enfant, sans le dire précisément. L’idée reste, et démontre alors que les femmes ne disposent pas encore véritablement de leur corps. Comme si elles ne pouvaient pas être en adéquation avec leur décision. Comme si elles ne pouvaient pas être sereines. D’où l’importance de l’information et de l’éducation. Aux droits, aux choix, à la liberté. C’est ce que prône la commission IVG, contraception du Planning Familial 35, dont les membres travaillent depuis 2009 - Possibilité de faire des IVG médicamenteuses dans les centres de planification. 2013 - Les frais de soins, de surveillance et d’hospitalisation sont pris en charge à 100%. 2014 - La loi pour l’égalité supprime la mention « situation de détresse ». 2016 - Loi Santé  : - suppression du délai de réflexion de 7 jours, - prise en charge du parcours de soins, - les sages-femmes peuvent pratiquer l’IVG médicamenteuse & l’IVG par aspiration est possible dans les centres de santé. 2017 - Proposition de loi pour l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse. Source  : Les Focus du Planning Familial – L’avortement – Février 2017
plusieurs mois à l’écriture et l’élaboration de vidéos YouTube, d’environ 4 à 5 minutes, sur plusieurs thématiques, telles que la diversité des orientations sexuelles, la question du choix et du consentement, les IST, la contraception et l’avortement. « L’idée avec des vidéos un peu humoristiques, c’est de toucher un public jeune, allant des collégien-ne-s aux trentenaires. Pour ce projet, on collabore avec Iskis – Centre LGBT de Rennes. C’est important que tout le monde puisse se reconnaître dedans. », souligne Marie, qui œuvre avec Laure, à la concrétisation de ce gros projet. Parce que l’acte doit être déstigmatisé. Ce que fait brillamment le blog IVG, je vais bien, merci ! (blog.jevaisbienmerci.net) qui a publié le livre J’ai avorté et je vais bien, merci. Une BD décomplexante qui tord le cou à toutes les idées reçues et qui s’accompagne depuis septembre 2018 de « 2 ans après  : le bilan » (à découvrir sur mylittleivg.wordpress.com). Dès les premières illustrations, on sourit  : « Wahou ! Salut tout le monde !/Comment ça va depuis deux focus ans ?/Moi ? Ça va super !/Alors, le bilan deux ans après…/Déjà les anti-IVG sont nuls en prédiction du futur./Parce que contrairement à ce qu’ils m’ont gentiment annoncé/Je n’ai pas été traumatisée. » Trop souvent soumises à l’injonction à la maternité, les femmes perçoivent l’avortement comme un échec et comme le symbole de la faute commise. Celle de tomber enceinte. Parce qu’elles n’ont pas veillé à rigoureusement se protéger. Les luttes féministes s’imbriquent. Le combat pour le droit à l’avortement, étendu au combat pour le garder et l’étendre à tous les pays, dans les mêmes conditions d’accès (le droit à l’avortement doit être inscrit dans la Charte européenne des droits fondamentaux), n’est pas isolé et rejoint les revendications pour la réappropriation de son propre corps. Un corps qui n’est pas forcément blanc, pas forcément mince, pas forcément intégré aux normes cisgenres, pas forcément en partage… Les militantes insistent, et nous aussi  : libres de nos choix. Novembre 2018/yeggmag.fr/23



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