Yegg n°69 mai 2018
Yegg n°69 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de mai 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : reconnaitre l'endométriose.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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-, ›'CÉLIAN RAMIS
Celle qui « On n’y pense pas tellement à ce métierlà. À l’école, on nous parle plus des professions type commerce, vente, etc. C’est dommage qu’on ne nous oriente pas vers l’artisanat. » À 32 ans, Soraïa De Sousa est céramiste. Elle y est venue sur le tard mais pas par hasard. Avec un bac littéraire en poche, elle a d’abord effectué plusieurs boulots alimentaires avant de devenir assistante de direction en région parisienne, dans une conciergerie privée. Et en parallèle, elle intègre un cours de poterie à l’atelier MIRE, à Paris pour « se reconnecter avec le manuel et l’artistique ». Elle y prend goût rapidement. Au point d’opérer une reconversion professionnelle pour laquelle elle prend un Congé Individuel de Formation, durant un an au terme duquel elle obtient un diplôme de tournage, à l’atelier Chemins de Terres de Montreuil. « Après le lycée, je ne savais plus où me diriger. J’ai arrêté l’école parce que je n’étais pas satisfaite. Là, j’ai trouvé ma voix. », s’enthousiasme Soraïa. Issue d’une famille ouvrière, elle a baigné dans l’univers du fait-main, partageant avec sa mère des ateliers de pâte à sel, en construisant ses propres meubles et en s’intéressant au monde de la déco. Ce qui lui plait  : se concentrer sur ses créations, fabriquer un objet vivant, le voir aboutir, laisser une trace… Elle parle également du côté primitif de l’art de la poterie  : « Je suis fière de perpétuer cette tradition et de la re-moderniser. J’aime remettre au goût du jour, avec des formes qui viennent au gré des inspirations et avec des couleurs vives. En clin d’œil à mes origines (Au début de la rencontre, Soraïa se présente ainsi  : « D’origine capverdienne, je suis née au Portugal, à Lisbonne, où je suis restée jusqu’à mes 5 ans », ndlr). » Fin 2015, elle lance son activité et ouvre une boutique rue Saint-Georges, à Rennes. Sans matériel, elle se débrouille pour trouver des fonds, à travers la plateforme participative Kiss Kiss Bank Bank. Dans ce lieu, elle y vend également les créations d’autres artisan-es. « Ce n’était pas un business viable. Je payais uniquement mon loyer. Très vite, la vente prenait crée son chemin de terre le pas sur la créativité. Je tournais mais je n’étais pas dedans. », analyse-t-elle, sans pour autant regretter l’expérience. Sa volonté est claire. Elle souhaite se recentrer sur ces créations personnelles. Fin mars 2018, Soraïa installe Bianina Ceramics – en hommage à sa grand-mère dont « Bianina » était le surnom – dans la rue du Chapitre. Elle aime jongler entre le contact clientèle et les instants avec elle-même, dans son atelier, installé au sous-sol, là où elle développe sa collection Pantone (objets utilitaires) mais aussi ses pièces uniques à usage multiple. Aujourd’hui, elle fait de son art une marque, à part entière, certifiée de son univers « un peu enfantin, un peu naïf », synonyme d’une joie de vivre insouciante, en collaborant avec une papèterie et des artistes plasticiennes pour créer des cahiers inspirés de ces créations, des sets de table, etc. Et se plait à imaginer exposer dans des galeries, dans un avenir plus ou moins proche, les œuvres qui sortent de son imaginaire pétillant concrétisées par le travail habile de la terre avec ses mains. « Je ne veux pas, pour l’instant, donner de cours. Je ne me sens pas de faire ça tout de suite. Mais exposer ailleurs, vendre mes pièces dans d’autres villes, oui, ça j’y pense. J’ai un côté carré, j’aime savoir où je vais et je planifie en avance. », rigole-t-elle, les joues rosies par la pudeur. Sous ses airs teintés de timidité, Soraïa De Sousa avoue un tempérament « assez rebelle ». Parce qu’elle ne fait que ce en quoi elle croit. « On peut me dire que je ne vais pas réussir, que je n’aurais pas du arrêter l’école après le lycée, je m’en fous. Je crois que quand on sait où on veut aller, on peut réussir. On apprend de ces erreurs. Avec ce métier, je m’exprime vraiment. J’aime les défauts. J’aime embellir les pièces qui ont des défauts. Il faut assumer, en fait, ses défauts. », commente-t-elle, balayant les préjugés autour de la poterie, une profession physique loin d’être réservée aux hommes  : « J’ai horreur des machos ! Je me débrouille toute seule ! Je suis fière d’en être là, même si pour l’instant, je ne réalise pas tout à fait encore. » I MARINE COMBE Mai 2018/yeggmag.fr/03



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