Yegg n°67 mars 2018
Yegg n°67 mars 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de mars 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 13,8 Mo

  • Dans ce numéro : mécanique, en route vers l'autonomie !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
CÉLIAN RAMIS
Celle qui Pour elle, la question du végétarisme s’est vite posée. Dès l’enfance. « J’en mangeais parce qu’on fait toujours manger de la viande aux enfants. Mais j’en parlais avec mes parents. Avec mon père, c’était un peu compliqué, il est agriculteur… Comme ses cinq frères et sœurs… Ma mère, elle, s’inquiétait que ça ne me provoque des carences. Dès que j’ai pu être maitre de mes repas, j’ai complètement enlevé la viande. », explique Lola Dumont, qui lèvera dans quelques semaines le rideau de l’entreprise qu’elle fonde  : la première épicerie végétale de Rennes. Au lycée, elle se rêve vétérinaire mais échoue au bac S. Elle obtient alors son bac secrétariat pour s’orienter vers le métier d’auxiliaire vétérinaire. Employée chez Sojasun, du côté de Noyal-sur-Vilaine, elle se lance à la recherche d’un cabinet auprès duquel elle pourra effectuer son alternance avec la seule école reconnue par l’Etat, à Laval. Sans succès. « On me disait de déménager, qu’à Paris, je trouverais. Mais c’était pas possible pour moi de quitter mon pays ! », rigole Lola, originaire de Vitré, rennaise depuis 5 ans. Elle intègre alors l’école privée de Bruz, reconnue par la profession, en août 2015, et 8 mois plus tard, repart avec son diplôme en poche. Elle n’exercera que très peu, finalement. Pour plusieurs raisons. Parce qu’elle est atteinte d’une maladie de la colonne vertébrale qui l’empêche de rester longtemps debout. Parce qu’elle aime travailler seule, en autonomie, et s’organiser comme elle l’entend. Parce qu’elle note que cette fonction n’est pas en cohérence avec ses valeurs  : « En fait, je me suis aperçue que ce n’était pas comme ça que j’aidais les animaux. J’en ai parlé avec plusieurs vétérinaires. En fait, ce qu’ils aiment, c’est le côté scientifique. Poser un diagnostic, trouver une solution. Scientifique. Être assistante vétérinaire, finalement, ne change pas grand chose au sort des animaux. » Elle veut aller plus loin dans la démarche. Elle se rapproche des associations rennaises défendant la condition animale, « pour être moins seule, rencontrer des gens, entrer dans cette communauté. » Depuis, s’engage pour la condition animale 00<>°<> elle ne cesse d’assister, autant qu’elle peut, à des conférences ou événements en lien avec le sujet, elle prends des notes et s’enrichit de nombreuses lectures. Vient l’idée d’ouvrir un refuge. Une idée vite écartée par les nombreux critères imposés. La question du véganisme prend de l’ampleur et Lola Dumont s’aperçoit qu’il est véritablement compliqué d’être végétalien-ne à Rennes. « Quand on ne peut pas aller au marché toutes les semaines ou qu’on n’a pas les moyens pour aller à la biocoop tout le temps, ce n’est pas simple. C’est coûteux et ça demande aussi de beaucoup cuisiner, ce qui n’est pas mon cas. Je trouvais qu’il manquait quelque chose, je me suis alors informée sur les épiceries véganes en France, comme à Bordeaux, Lille, Le Mans. Rien en Bretagne. Je m’intéresse aussi aux cosmétiques et c’est pareil, il y a un manque. Certaines boutiques se disent véganes mais il faut faire attention au greenwashing, il faut lire entre les lignes. En février 2017, je me suis dis que c’était le moment de me lancer. », souligne-telle. L’épicerie Végéstal, qui proposera à la vente des substituts de fromages, des similis de viandes et poissons, des produits frais, du chocolat, des gâteaux, des produits locaux – notamment à base d’algues, des produits d’entretien ou encore des produits d’hygiène et des cosmétiques, s’installe dans le centre ville de Rennes, rue de la Visitation. « Je tiens aussi à ce qu’il y ait de la documentation sur le véganisme, des livres de cuisine, des livres de philo aussi sur le mouvement antispéciste. Je ne veux pas ouvrir quelque chose de sectaire ou faire peur aux gens. C’est le rôle du commerce de proximité, d’être accessible à tou-te-s, d’accompagner la clientèle dans son mode de vie végétarien ou végétalien, ou non d’ailleurs. », précise la gérante. À 24 ans, si les démarches sont nombreuses, complexes et parfois lentes, et que les banques restent frileuses, elle s’enthousiasme sans réserve pour cette aventure qui rassemble son combat et sa personnalité. Rendez-vous fin mars (ou sur son site vegestal.fr pour voir le décompte) dans les rayons de l’avenir, pour une consommation responsable. I MARINE COMBE Mars 2018/yeggmag.fr/03



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :