Yegg n°65 janvier 2018
Yegg n°65 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,8 Mo

  • Dans ce numéro : libres de ne plus se cacher.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ouvert… », lâche Hortense Belhôte, qui passe des mythes et légendes à la valeur ajoutée par la chrétienté, à savoir la morale. Tandis qu’elle retire son pantalon, elle démontre comment la religion a introduit la naissance du textile, faisant de la nudité quelque chose de On va encore se répéter mais tant pis. La loi Aubry, de 2001, rendant obligatoire l’information et l’éducation à la sexualité, prévoyant dans les écoles, les collèges et les lycées au moins trois séances annuelles, par groupes d’âge homogène, n’est pas sérieusement appliquée. Pourtant, l’éducation à la sexualité est primordiale. Pour aborder la notion de respect mutuel, de contraception, de libre sexualité, etc. Et ainsi, de réduire les violences. « Je pense qu’il n’existe pas une personne qui a reçu tous ses cycles durant son parcours scolaire. C’est fou les résistances ! Au Pays-Bas, on fait de l’éducation à la sexualité dès le plus jeune âge. C’est le pays le plus libéral sur le délai légal pour l’avortement et c’est aussi le pays qui a le moins recours à l’IVG. Il y a un lien de cause à effet. », déclare Lydie Porée, présidente du Planning Familial 35, association apte à dispenser des séances d’éducation à la sexualité. « Les parents ont peur et les enseignant-e-s freinent. Les enfants sont trop petits pour entendre parler de ça ? On se dit que ça va leur mettre des idées dans la tête et favoriser le passage à l’acte. En agissant par crainte, on refuse de leur donner les bonnes clés d’accès à une sexualité épanouie. Les séances permettraient de détricoter les idées reçues, de prendre le problème par tous les bouts et de saper la culture du viol. Les adultes sont démunis face à ça, alors que c’est du quotidien. Il faut remettre la sexualité à sa « banalité », c’est une Décembre 2017/yeggmag.fr/18 focus choquant. Pourtant, dans le tableau de Rubens « Suzanne au bain », on voit la jeune femme, de dos, faire sa toilette intime, « et des vieillards la matent et qui derrière vont faire croire que c’est elle qui les a aguichés, machin, machin… Parce qu’une fois déshabillé-e, qu’est-ce qu’on a envie de faire ? De toucher ! » Du consentement Terrifiante education a la sexualite activité humaine et plaisante. », poursuit-elle. Tout est dit. Désacraliser le sexe. Et le dédiaboliser. Par l’échange et les savoirs. Par le non jugement, également très important (notamment lorsque l’on parle de prévention des risques, de pornographie, de victimes de violences, masturbation, etc.) Pour pallier le manque d’informations, pas uniquement dans le milieu scolaire, le PF 35 organisait le 19 décembre une soirée débat autour de l’éducation à la sexualité, à la Quincaillerie Générale, de Rennes. « On a travaillé en 2 groupes  : sur ce que l’on aimerait que soit l’éducation à la sexualité et sur les arguments à l’encontre de l’éducation à la sexualité (pour pouvoir mieux y répondre). C’était très varié au niveau du public, il y avait des lesbiennes, des personnes transgenres, des hétéros ! C’est chouette de recueillir les paroles des personnes, que tout le monde se construise ensemble. », précise Lydie. Parce qu’il n’y a pas d’âge pour découvrir la sexualité, bien au contraire, comme en témoigne ce tweet, posté par Pauline Verdusier le 25 décembre  : « Au repas de Noël, ma maman a raconté qu’elle avait enfin appris comment était fait le clitoris. Avec elle et mes tantes, on a crié « Vive le clito ! » en levant les bras pendant que les hommes mangeaient leurs huitres en silence. Un bon cru ce #Noel 2017. » En espérant que TOUS les bras se lèvent l’an prochain !
bafoué à l’assignation réductrice des femmes dans la cuisine – avec les peintures de Vermeer et sa célèbre « Laitière » – les œuvres se veulent des allégories de la jeunesse, de la chasteté et de la mise en danger. Celles-ci sont restées, devenant peu à peu des références indiscutables dans l’Histoire de l’art, tandis qu’on a fini par oublier, ou négliger, les représentations de la déesse Baubo, dont le visage se situe dans le bas ventre. On lui attribue pourtant une belle victoire, puisque c’est elle qui a fait rire Démeter, déesse de l’agriculture et des moissons, lorsque celle-ci succombait à la dépression, à la suite de l’enlèvement de sa fille Perséphone. On raconte qu’en quelques blagues grivoises « la déesse de la vulgarité féminine aurait sauvé le monde. En faisant rire Démeter dont l’humeur a fait mourir la Nature, elle a permis le renouveau. » Simplement vêtue d’une culotte, en position de Vénus alanguie, Hortense conclut alors, se tournant dos au public et révélant ainsi la célèbre marque de Batman sur ses fesses  : « Peut-être que nous aussi, ce soir, nous venons de changer le monde. » xLA SEXUALITÉ, C’EST LUDIQUE ? ! OUI, OUI, PROMIS ! « J’ai jamais autant rigolé à une conférence. Et focus CÉLIAN RAMIS ET CLARA HÉBERT en plus, j’ai appris des trucs ! », s’enthousiasme une participante, en quittant les gradins, la mine enjouée. Tout comme ce curieux qui se balade de stand en stand, avant de s’arrêter devant celui du Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes (CGLBT) pour jouer au Jeu des lois  : « On pose des questions sur les connaissances autour de la transidentité. Quand on a une bonne réponse, on avance et on peut tomber sur des cartes Chance ou Malchance. Cela permet de connaître le quotidien des personnes trans. » Comment doit-on parler à un homme trans  : au masculin/au féminin/ça dépend de son apparence ? Quelle est la cause de la transidentité  : une surexposition à des personnages de série homos/une alimentation trop riche en oligotrans/On ne sait pas et on s’en fout ? En France, le changement de sexe est interdit par la loi  : Vrai ou Faux ? Papy vous accepte comme vous êtes, bravo, rejouez ! L’instant est ludique et joyeux. Sans jugement. Se tromper n’est pas grave, le tout étant de comprendre les réponses et informations données. Une manière légère d’établir un premier contact, pour ensuite pouvoir éventuellement aller plus loin. Comme c’est le cas pour les voisin-e-s du CGLBT, entouré de Diane, animatrice de prévention bénévole dans une association de lutte contre le VIH et fondatrice du « Gougle du cul », le site Sexy Soucis, et du Planning Familial 35. Janvier 2018/yeggmag.fr/19



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