Yegg n°65 janvier 2018
Yegg n°65 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,8 Mo

  • Dans ce numéro : libres de ne plus se cacher.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CÉLIAN RAMIS
Celle qui « Favoriser une vocation, c’est permettre aussi l’éclosion des talents et d’une élite professionnelle qui ne doit sa réussite qu’à elle-même. Nous devons donc encourager tous les projets issus de cette passion, y compris les plus originaux. Parfois, ils peuvent changer le cours des choses. » Ce sont les mots d’Elisabeth Badinter, présidente de la Fondation pour la Vocation – créée en 1960, par son père – qui remet chaque année les Bourses de la Vocation (8 000 euros) et les Prix de l’Espérance (4 500 euros) à une trentaine de jeunes entre 18 et 30 ans, afin de les aider à surpasser les obstacles financiers rencontrés dans l’accomplissement de leurs études. Parmi les lauréat-e-s 2017, Céline Grinet, 25 ans, étudiante à Rennes. « Quand on parle de vocation, de passion, ça m’évoque le métier que je veux faire ! Je m’éclate, je suis contente de me lever le matin et triste de partir le soir. Je ne l’explique pas, c’est un feeling, un ressenti. J’aurais détesté faire quelque chose de plan plan, mais bon ce qui est plan plan pour moi ne l’est pas forcément pour les autres. », souligne-t-elle. Le job pas plan plan auquel elle aspire, c’est animatrice 3D. Elle n’y a pas toujours pensé, c’est son parcours qui l’y a menée. Originaire de Saintes, en Charente- Maritime, elle s’installe dans la capitale bretonne à 18 ans pour étudier les arts du spectacle. « Je pensais m’orienter vers les arts graphiques, être graphiste, mais les écoles sont payantes. Quand j’ai su qu’il existait des études de cinéma, j’étais intéressée et ça m’a beaucoup plu. », précise Céline, qui ira terminer sa licence au Québec. Elle avait déjà effectué des ateliers d’animation au festival de cinéma de Bruz mais c’est là-bas qu’elle se conforte dans l’idée de sa vocation. Avant de se lancer dans cette voie, elle entreprend un master en réalisation de cinéma anthropologique et documentaire  : « Je ne me voyais pas faire ça toute ma vie. Heureusement, j’ai fait mon mémoire sur Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008), ce qui m’a replongée dans l’animation. Mon copain m’a alors poussée à faire ce que je poursuit sa vocation 0000000C voulais faire. » Elle vit alors à Paris et trouve une école pour se former. Obligée de se trouver un boulot pour financer ses études, elle vend du thé aux Galeries Lafayette, deux jours et demi par semaine. « Je ne me reposais pas du tout. Je me donnais à fond dans mes études et au boulot. J’étais fatiguée et triste. Même si j’ai toujours eu peur de faire un prêt, je l’ai fait pour la 2e année et j’ai pu vraiment me consacrer à la 3D et voir ce qui me plaisait. », explique l’étudiante qui se découvre une passion pour le rig, à savoir « la création du squelette à l’intérieur des personnages ». Mais l’école ne propose pas de spécialisation, comme le fait Créative Seeds, l’établissement qui a récemment ouvert ses portes à Cesson-Sévigné. L’année coûte 7 000 euros, et encore une fois l’argent est un frein pour Céline Grinet, habituée à se débrouiller financièrement depuis son séjour au Québec  : « Mes parents, s’ils peuvent m’aider, ils le feront, ils l’ont fait pendant longtemps. Nous sommes 4 enfants... Alors, j’ai fait plein de recherches pour éplucher tout ce qui existait comme aides. Et c’est là que j’ai trouvé la Fondation pour la Vocation. J’ai fait le dossier sans trop y croire, on se dit toujours qu’il y a plus pauvre. J’ai obtenu la Bourse et on a fait une journée avec tous les lauréat-e-s (le 11 décembre, à Paris,ndlr). On est tou-te-s dans la même galère et c’est génial que des fondations existent pour filer un coup de pouce ! » Grâce aux 8 000 euros, elle fait partie de la promo 2017/2018, constituée de 16 étudiant-e-s (5 femmes/11 hommes) et suivie par des professionnels issus de grandes sociétés d’animation 3D. « Ils peuvent vraiment prendre le temps pour chacun-e, faire du cas par cas, nous aiguiller, nous soutenir et partager leurs réseaux. L’an prochain, je ne pourrais pas faire l’année complète mais j’espère faire quelques mois pour me spécialiser encore et après, j’espère travailler. Il faudra partir de Rennes, aller à Paris ou retourner au Québec. En principe, il devrait y avoir du boulot pour moi, je croise les doigts ! », sourit Céline, sereine et enthousiaste. I MARINE COMBE Janvier 2018/yeggmag.fr/03



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