Yegg n°63 novembre 2017
Yegg n°63 novembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de novembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 16 Mo

  • Dans ce numéro : football, égalité sur le terrain ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CÉLIAN RAMIS
Celle qui Depuis le mois d’octobre, Ie-Rang Jeon, chercheuse à l’Institut des Sciences Chimiques de Rennes, compte parmi les lauréates de la Bourse L’Oréal – UNESCO pour les femmes et la science. Si elle aurait souhaité, étant enfant, faire médecine, elle se fascine pour la recherche en étudiant la chimie à l’université. À l’Ewha Womans University, à Séoul, de là où elle est originaire  : « Je n’avais pas l’idée précise d’aller dans une fac pour les femmes mais j’ai eu la chance d’être acceptée dans cette école très réputée. Elle a été construite parce que traditionnellement l’éducation pour les femmes était moins évidente que pour les hommes. Elle a ensuite gardé cet esprit-là et quelques autres universités de ce type ont été construites. Mais je pense qu’en Corée, c’est le même schéma que dans le monde, il y a moins de femmes dans les filières scientifiques. » Au lycée, elle aime les maths et la chimie et durant son parcours, elle le dit, personne ne tente de la décourager. Elle ne ressent pas les barrières du stéréotype visant à penser que les filles seraient davantage destinées à des carrières littéraires et sociales. Et heureusement. « D’autant qu’à la fac, j’étais entourée que de futures ingénieures et scientifiques. Mais j’ai eu conscience de ça (sexisme sociétal,ndlr) par les médias ou à l’extérieur de mon école. », précise-t-elle. Après sa licence, elle s’envole pour l’Allemagne, afin d’y effectuer sa première année de Master en science des matériaux (programme FAME, Functional Advanced Materials & Engineering). Pour sa deuxième année, elle s’installe à Bordeaux et y reste pour faire sa thèse, terminée en 2012, avant de partir pour les Etats-Unis. « J’ai voulu acquérir des expériences sur les synthèses très sensibles à l’air par exemple. Après avoir étudié sur le continent asiatique et le continent européen, je voulais découvrir le continent américain, découvrir les différences dans les manières de travailler, les assemble les matériaux du futur différentes expertises. », analyse Ie-Rang. En 2015, elle revient en France, intègre l’équipe MaCSE (Matière Condensée et Systèmes Électroactifs) à l’Institut des Sciences Chimiques de Rennes et obtient la fameuse bourse pour ses recherches sur les matériaux LEGO. Ainsi, elle travaille sur des « briques » moléculaires auxquelles elle peut donner des propriétés personnalisées avant de les assembler et de constituer des matériaux plus légers et moins polluants. Son objectif  : construire les matériaux qui intégreront les technologies du futur. « Parce que celles d’aujourd’hui consomment beaucoup d’énergie, je teste quelles briques et quels assemblages il faut faire pour diminuer la consommation énergétique des matériaux utilisés dans les téléphones portables ou les ordinateurs par exemple. Ça ne donne pas toujours des résultats mais au fil des expériences, j’améliore ma recette et c’est cela qui augmente le savoir global. », déclare la chercheuse, soucieuse de la santé du monde et de la planète  : « Si on doit un jour aller vivre sur une autre planète, ce sera parce que la Terre est très très polluée. Et je crois que c’est la science qui pourra développer le nécessaire pour nous permettre de vivre ailleurs. » À 33 ans, elle fonde ses espoirs dans les sciences fondamentales, filières qu’elle souhaite voir davantage investies par les femmes. Si elle n’a pas senti d’opposition à ses ambitions, elle a conscience que les femmes représentent moins de 30% des ingénieur-e-s et scientifiques. « C’est vrai que j’ai su vite ce que je voulais faire et j’ai donc cherché comment faire pour y parvenir. J’ai envie de dire aux filles qu’il ne faut pas hésiter ou avoir peur d’aller vers les sciences. On a toutes les moyens ! Il faut briser les stéréotypes qui peuvent parfois venir des parents ou des professeur-e-s. Pour moi, il ne faut pas rester dans son coin. Il faut voir grand ! », affirme-t-elle, convaincue et convaincante, en affichant un sourire contagieux. I MARINE COMBE Novembre 2017/yeggmag.fr/03



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