Yegg n°62 octobre 2017
Yegg n°62 octobre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de octobre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 30

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : capables d'oser et de réussir !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CÉLIAN RAMIS
Celle qui Ainsel nous propose une promenade sensible, en dessins et sans paroles, ou presque. Elle nous invite à suivre une femme transgenre dans la ville, dans le regard des autres et dans les reflets du miroir. Son crayonné est fin et son univers, poétique. À son image. Ainsel, c’est le nom avec lequel elle signe la bande-dessinée Première sortie, aux éditions Goater dans la collection Goater Comix, destinée à publier les premiers travaux de jeunes illustratrices-teurs rennais-es. Aussi loin que remonte sa mémoire, elle a toujours dessiné. « J’ai commencé par le dessin qui m’est le plus familier. J’ai essayé d’autres formes d’arts plastiques, j’aime ce qui fait appel à la créativité. Je ne peux pas expliquer ce qui se passe, pourquoi, comment, mais je sais que je me sens bien quand je dessine. », explique Aurélie Frangeul, alias Aurélie Joyce. Après un bac STI arts appliqués, elle entreprend différentes études, sans les terminer  : « Je crois que ce n’est pas fait pour moi. Je voulais depuis longtemps être dessinatrice, c’était un rêve de gamine. Surtout dans la BD. En allant à Quai des Bulles, j’étais toujours très admirative ! » À 25 ans, elle réalise alors son rêve d’enfant avec un ouvrage qui interroge sur l’identité et le genre. Parce que ces questions, elle se les pose depuis un moment dans sa vie comme dans son art, traversé par son intérêt et sa fascination pour la féminité. « Je suis cisgenre mais « qu’est-ce qu’être une femme ? », ça me questionne… Pas dans les mêmes proportions et vécus que les personnes trans mais ça ne va pas de soi. C’est un thème que je n’aurais jamais fini d’explorer… », sourit la jeune femme qui, pour réaliser son histoire a rencontré et discuté avec plusieurs personnes trans. Néanmoins, elle le dit clairement  : avec Première sortie, elle ne prétend pas se faire la porte parole d’un discours politique. Parce qu’elle ne s’en sent saisit l’émotion d’un coup de crayon pas la légitimité. « Cette thématique, je voulais l’aborder avant même d’être familiarisée avec la dimension politique... Le personnage est une personne qui sort de mon imaginaire, avec ma subjectivité. », précise Aurélie. Pour parler, elle prend son temps. Elle nous l’avoue sincèrement, l’exercice est difficile. On sent sa timidité à fleur de peau et on lui devine une personnalité sensible. On comprend à son contact les émotions qui émanent de son ouvrage et qui laissent éclore une tension vive de par sa capacité à rendre les visages expressifs et à jouer avec les gros plans, que ce soit sur les yeux, la bouche ou les mains. « J’ai une démarche qui fonctionne beaucoup à l’émotionnel… C’est très instinctif… Je suis très admirative des BD franco-belges, très travaillées, avec des cases et des bulles et au départ j’avais commencé comme ça avec plein de bulles partout mais je ne suis pas encore capable de faire ça. Mais finalement, plus ça allait, plus j’étais oppressée par le texte… Le plus simple a été quand j’ai commencé à dessiner sans contrainte. Simplement une promenade en ville. Et Jean-Marie Goater m’a également aidé à la retravailler. », souligne-t-elle. Sa carrière d’illustratrice, elle l’envisage aujourd’hui davantage dans une démarche d’artiste plasticienne que de bédéiste, même si elle aime l’objet livre. Elle cherche. Elle expérimente. À travers des peintures ou des dessins qu’elle pourrait vendre comme des toiles. Mais aussi à travers des sculptures de poupées articulées  : « Je teste différentes choses pour ça parce que je n’ai pas le matériel – le four – pour la céramique. Mais j’aimerais poursuivre cette série de poupées. Là encore je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi ça me fascine autant. » Et c’est sur son petit rire étouffé que s’achèvera notre rencontre. Nous, on comprend bien pourquoi son éditeur l’a repérée. I MARINE COMBE Octobre 2017/yeggmag.fr/03



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