Yegg n°59 juin 2017
Yegg n°59 juin 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°59 de juin 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : ne plus avoir honte de ses règles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CÉLIAN RAMIS
Celle qui « J’ai toujours écrit mais sans me dire que ça pouvait être un métier. En France, on est encore coincés avec ça, parce qu’on se dit que c’est intime. J’ai mis du temps à mettre un mot sur le fait que j’écris. » À 35 ans, Gwénola Morizur peut désormais le dire et l’assumer  : elle est auteure et scénariste. Son bacL, option théâtre, en poche, elle effectue une partie de ses études de lettres à Lorient avant de venir s’installer à Rennes où elle intègre un master édition. Après un stage à la Maison de la poésie, elle enchaine les petits boulots, en lien ou non avec l’écriture  : « J’ai travaillé à la librairie Dialogues à Brest, pour faire les paquets cadeaux mais j’étais trop contente ! Et puis, j’ai eu un mi-temps à la Maison de la poésie, en tant que médiatrice culturelle, qui est devenu un temps plein, et maintenant qui redevient un mi-temps. » Elle a d’abord goûté à l’art de la poésie avant d’écrire des romans régionaux de commande, à l’eau de rose. Quand elle se remémore Coup de foudre à Brest et Coup de foudre à Morlaix, elle en rigole  : « Avec une copine, on a essayé de casser un peu les clichés mais ça reste assez machiste ! Pourtant, c’est une collection portée par des femmes… » Peu importe, l’expérience enrichit sa confiance, prouvant sa capacité à écrire des livres longs et construits. La Finistérienne aime le travail de la langue, l’écriture d’un scénario, la construction des dialogues et surtout elle est captivée par les histoires et la création des personnages, souvent inspirés de sa vie personnelle, comme dans l’album jeunesse Les yeux d’Alix ou plus récemment dans la bande-dessinée, Bleu pétrole. Celle-ci raconte l’impact de la marée noire due à l’Amoco Cadiz en 1976 sur les côtes bretonnes de Portsall sur la famille du maire de la commune, engagé dans un combat colossal contre les compagnies pétrolières. Cette famille, c’est la sienne. « Cette histoire m’habitait depuis longtemps. Il me fallait du temps pour prendre de la distance car c’est mon histoire familiale. J’avais lu Un homme meurt, de Kris et Etienne Davodeau (BD inspiré d’un film de René Vautier sur la mort de l’ouvrier Edouard Mazé lors des manifestations de livre un intime poétique Brest en 1950,ndlr) et j’ai rencontré Kris. Je lui ai fait part de mon histoire pour qu’il en fasse quelque chose et puis je suis revenue vers lui parce qu’en fait, je voulais le faire moi-même. Emmanuel Lepage (dessinateur et scénariste) m’a aidé et m’a donné des références et de la matière pour aller vers la fiction. Car je tenais à ce que ce soit raconté à travers l’angle de la fiction, je trouve que c’est plus fort au niveau de l’identification. » Collaborer avec la dessinatrice rennaise Fanny Montgermont (lire YEGG#53 - Décembre 2016) lui apparaît comme une évidence, partageant cette envie de créer de la proximité avec une histoire humaine, le côté historique étant placé au second plan. Et c’est pour Gwénola Morizur une véritable aventure humaine justement qui l’attend. Avant et après la publication de Bleu pétrole. « Avec mon grandpère, on n’avait pas un lien d’intimité très fort. Et là, j’ai pu passer beaucoup de temps avec lui à parler de ça. Il avait l’habitude de parler de la catastrophe écologique, du procès, mais pas de se confier sur lui, d’aller dans l’intime. Vous savez, les Bretons, ils ne se livrent pas facilement. Et puis j’ai discuté avec mon oncle, les sœurs de ma grand-mère, etc. J’ai d’ailleurs presque eu envie à un moment de raconter l’histoire de ma grand-mère. C’est quand même grâce à elle qu’il a mené cette bataille. Mais en prenant le parti de voir cela à travers les yeux de Bleu, qui a elle aussi son propre destin, c’est un peu une histoire de femmes que je retranscris. », déclare avec un grand sourire la scénariste qui a aujourd’hui la sensation d’avoir bouclé une boucle en livrant une partie de son histoire personnelle. En parallèle des rencontres-dédicaces, elle s’affaire à sa prochaine bande-dessinée, dont le titre devrait être Les embellies, et à un nouveau projet jeunesse avec Fanny Montgermont, à qui elle aimerait également reproposer un scénario de BD  : « Petit à petit, je crée mon activité, c’est pourquoi j’ai réduit mon temps de travail à la Maison de la poésie, mais j’aime aussi beaucoup ce que je fais dans ce boulot. » Nous, on attend avec impatience de découvrir ses futurs projets, toujours empreints de poésie, d’être sensibles et d’humanité. I MARINE COMBE Juin 2017/yeggmag.fr/03



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