Yegg n°58 mai 2017
Yegg n°58 mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de mai 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 16,9 Mo

  • Dans ce numéro : enfin, on respire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CÉLIAN RAMIS
Celle qui Le 8 mars dernier, dans la manif’(interdite en centre ville) pour les droits des femmes, elle a attiré notre attention. De par son aisance. De par sa prestance. De par son énergie. À 24 ans, Solen.e Ferrandon-Bescond est une militante chevronnée. C’est la conscience écologique qui, à Bourges, sa ville natale, lui fait intégrer un collectif avant de s’intéresser à l’accueil des sans papiers, la réforme des retraites, les féminismes ou encore la loi Travail. À Lyon, Lausanne, Paris comme à Rennes, les combats sociaux et politiques sont présents à chaque étape de sa vie. « J’ai été à Greenpeace mais ça ne collait pas avec mes aspirations politiques. Je suis passée par l’Unef et le Réseau université sans frontières et je suis venue finir mon master à Rennes car je voyais que ça s’agitait bien par ici. En étant ici, depuis novembre, j’ai eu l’occasion de me rendre compte que beaucoup de militant-e-s sont à Solidaires, j’y suis allée. », explique Solen.e, encartée depuis bientôt 7 ans au NPA. En parallèle, elle poursuit des études de genre, d’abord en Suisse, puis dans le Rhône – en master EGALES, Etudes de Genre et Actions Liées à l’Egalité dans la Société – et enfin dans la capitale bretonne. Ce qui l’intéresse, c’est « l’application concrète dans la vie » de toutes les données résultant du travail des chercheuses/eurs, sociologues, intellectuel-le-s, entre autres. « Quand on parle du sexisme, du genre, etc., je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de retenue dans les débats et les gens ne s’écoutent pas. En général, ce sont les sciences qui légitiment les propos. Mais avec le genre, chacun-e a son avis et se permet de contrarier des années et des années de recherches. », expliquet-elle. Professionnellement, elle aimerait s’épanouir dans une structure féministe, type Questions d’égalité, pour animer formations et ateliers à l’instar de ce qu’elle fait actuellement, à travers des ateliers thématiques comme le consentement ou la transphobie  : « En mixité ou en non mixité, on discute autour de la culture du viol, du lien avec le patriarcat, de l’intérêt du patriarcat à mettre ces sujets-là sous le tapis... Et je vois avec l’axe sur la transphobie que des personnes ont envie d’avancer là où il y a de grosses lacunes, c’est très positif. » Depuis le collège, elle constate des inégalités entre les femmes et les hommes et note que si ces deux parents font tous les deux la vaisselle, ce n’est pas le cas dans tous les lutte contre les inégalités foyers. Mais la répartition injuste des tâches ménagères n’est pas la seule thématique qui fait tilt dans son esprit. À l’école, elle observe « que le genre marque le comportement et on le voit dans les sous-entendus sexistes des profs ou encore dans la façon de se dire bonjour. La bise pour les filles, le serrage de main pour les garçons. » En réfléchissant à son enfance, Solen.e n’identifie pas avoir reçu une éducation ni hyper masculine, ni hyper féminine  : « Je n’ai pas eu d’injonction à la virilité mais le cercle de socialisation secondaire te rappelle à l’ordre par contre, comme quand j’ai fait de la danse classique alors que j’étais identifié comme un mec. À côté, j’adore le foot, ce n’est pas en opposition. J’allais dans le vestiaire des mecs mais je ne m’identifiais pas à ça. Mon père m’a accompagnée à la danse et au foot. En tant que personne trans, je vois de la transphobie de la part de mon père et les discussions entre nous peuvent parfois être lourdes à supporter mais nous n’avons pas coupé les ponts et pas rompu la communication. » Ces sujets doivent s’immiscer dans toutes les strates de la société, de la maternelle à la faculté, comme dans les associations, entreprises, syndicats et partis politiques « mêmes les plus révolutionnaires ». L’impunité politique, morale, etc., elle en a fait les frais au sein du NPA, il y a quelques années, à la suite de son agression sexuelle. Elle en a parlé, a dénoncé la situation, constitué un dossier et malgré tout, l’agresseur n’a pas été évincé du parti. Pour elle, la nonsanction est une nouvelle violence. Après une campagne à tracter pour le candidat Poutou, Solen.e a décidé de quitter le parti  : « Des années que je suis dans ce parti à convaincre les gens, parler d’écologie, de féminisme, de racisme, etc. Et dès tu parles de ta situation personnelle, là, c’est le silence. On ne protège pas les personnes et ça entache la lutte car on finit par vomir cette gestion des faits. On n’avancera pas tant qu’on ne parlera pas de tout ça avec une approche politique. » Surtout, la société doit apprendre à écouter et respecter les victimes, plutôt que d’essayer d’analyser les agresseurs. Encartée ou non, Solen.e continuera le combat contre le patriarcat et pour la justice sociale et l’égalité des chances, croyant en une lutte intersectionnelle. Les yeux pétillant de tout leur bleu lagon et le sourire malicieux, elle conclut en rigolant  : « Là, c’était sérieux l’entretien, mais sinon je suis pas sérieuse du tout ! » I MARINE COMBE Mai 2017/yeggmag.fr/03



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