Yegg n°52 novembre 2016
Yegg n°52 novembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de novembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 15 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le corps des femmes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
Célian Ramis
Celle qui « Le Niger, c’est le pays de mes racines, la référence de mes engagements. », déclare Fatimata Warou, présidente et fondatrice de l’association franco-nigérienne Mata – qui signifie Femme – dont le siège social est basé à Rennes. Née à Dosso, au sud-ouest du Niger, elle exerce en tant que professeure, à l’université de Maradi. À 28 ans, en 1989, elle rejoint son fils malade, venu en France pour être soigné. En parallèle, elle reprend des études à Rennes 2. Un DEA en sciences humaines suivi d’un doctorat – non soutenu – sur les violences faites aux femmes au Niger et les incidences sur les enfants. « Je suis issue d’une famille polygame. Je constate qu’il y a beaucoup de violences, tolérées et devenues des modes de vie. À une époque, battre une femme ou un enfant était un moindre mal. C’est rentré dans les mœurs. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre pourquoi c’était intégré et que ça ne suscitait pas l’engouement d’aujourd’hui. », explique-t-elle. C’est dans cette logique et ce contexte qu’elle participe, au milieu des années 90, au premier séminaire sur le sujet au Niger, avec SOS femmes victimes. Quelques années plus tard en 2003, elle crée sa structure associative. De nombreuses initiatives vont être mises en place, comme un forum de coopération internationale sur la démocratie et le développement local, des formations auxquelles elle a participé visant au renforcement des capacités des femmes à prendre part aux fonctions électives (lire article « Pour l’engagement politique au Niger » du 23 mars 2016, yeggmag.fr) ou encore des actions dans le domaine Santé et Reproduction. Des actions qui permettent de former les matrones aux grossesses à risque, de préconiser les accouchements dans les centres de santé et de sensibiliser la population aux conséquences et aux causes de la fistule. Elle aurait souhaité à un moment retourner au Niger, mais n’a pas pu, pour raisons familiales. « Et puis, je ne suis pas sûre d’être acceptée professionnellement. C’est une conséquence de l’immigration. Depuis mon départ, les choses ont évolué. J’y vais souvent mais ça ne veut pas dire que je maitrise tout. », confie Fatimata Warou. Être d’ici et prône la solidarité locale de là-bas, elle en a fait une force, une expérience et elle le défend ardemment aujourd’hui. En 2014, elle co-signe le livre L’arbre à palabres et à récits – De l’Afrique du Brésil en passant par la Bretagne avec le sociolinguiste Christian Leray. Ensemble, ils prônent la reconnaissance de la diversité comme source de richesse pour un développement durable, la création du lien social et la co-construction d’une politique des droits sociaux et humains comme fondamentaux. L’arbre à palabres, elle avait commencé à le développer lorsqu’elle était employée à l’UAIR (Union des Associations Interculturelles de Rennes), envers les femmes des quartiers, comme le Blosne, Maurepas et Villejean, éprouvant des difficultés à éduquer leurs enfants dans un contexte multiculturel. En avril 2015, elle est licenciée pour raison économique, et se retrouve à 54 ans, son âge actuel, en recherche d’emploi  : « Je cherche à m’en sortir tant bien que mal. Ce n’est pas facile pour une femme de mon âge… » Ce qu’elle souhaite par dessus tout, c’est poursuivre son action dans le secteur social, continuer le dialogue entre les immigrés et les non immigrés en développant des outils autour de l’Arbre. Un projet qui a toute sa place dans la capitale bretonne composée et enrichie par sa diversité culturelle. « On parle toujours du vivre-ensemble. C’est une notion facile à comprendre mais ce n’est pas facile à faire vivre à cause de nos différences et de ce qu’elles génèrent. Il faut donner les moyens concrets de rendre ça réel et de créer des espaces de paroles dans lesquels on peut tout se dire et se raconter, sans se faire de mal. Basés sur la paix et la démocratie, dans le respect et l’écoute de l’autre. », souligne-t-elle avec ferveur et sourire. Elle rit beaucoup Fatimata Warou et dit ce qu’elle pense. Ce en quoi elle croit. Et celle qui est issue d’une famille à majorité féminine est convaincue de la valeur et de la force de la solidarité internationale tout autant que de la solidarité locale  : « La solidarité de proximité avec les Rennais est capitale aussi. Chacun d’entre nous aura besoin à un moment d’une aide spécifique. Cette solidarité de proximité doit être au cœur de nos préoccupations. » Une femme inspirante. I MARINE COMBE Novembre 2016/yeggmag.fr/03



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :