Yegg n°50 septembre 2016
Yegg n°50 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 30

  • Taille du fichier PDF : 15,3 Mo

  • Dans ce numéro : crèche parentale, une alternative propice à l'éveil.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CÉLIAN RAMIS
Celle qui Mélange d’esprit rock et de culture populaire, Lauriane Mordellet a quelque chose de percutant et de fascinant. Quelque chose qui fait qu’on l’écoute avec intérêt. Elle serait du genre à nous rétorquer en se marrant que ce quelque chose, ce sont ses seins. Et elle n’aurait peut-être pas tort. Car finalement, le point de départ de sa réflexion autour du corps, c’est sa poitrine qui se développe dès ses 12 ans, découvrant alors les regards libidineux d’hommes bien plus âgés qui se portent sur son enveloppe charnelle. Originaire d’Arras, elle vit depuis une vingtaine d’années en Bretagne, entre Fougères, Brest - où elle a effectué son parcours à l’école des Beaux-Arts - et Rennes, son actuel point de chute. « Depuis petite, j’ai vécu dans le schéma matriarcal finistérien. Ma mère m’a toujours dit de me battre parce que je suis une femme. Et de ne jamais baisser les bras. Je pense que ça a fait mon caractère. », explique Lauriane. Son caractère, de prime abord, est fait d’aisance, de franchise et de passion. Ça bouillonne dans sa tête et dans son corps. Les deux semblent enchainés l’un à l’autre. On sent chez elle une envie et une agilité à jouer avec les codes de l’apparence et le cadre de la pensée normative. « J’aime affirmer qui je suis et comment j’ai envie d’être avec mes formes, mon corps et ma construction depuis le collège. En parallèle de mon travail d’artiste plasticienne, je suis formatrice BAFA, directrice et animatrice. Une fois, avant une session BAFA, ma responsable m’appelle pour me demander de prendre des tenues « moins trash ». Je suis restée sur le cul et j’ai essayé de faire attention. Pendant cette formation, je n’étais pas bien. Je n’étais pas moi. », se souvient-elle. La jeune femme de 26 ans développe une réflexion autour de l’hybridation mais aussi et surtout autour de l’hypersexualisation due aux mass medias, aussi bien du côté des femmes que du côté des hommes. Elle confronte son regard à la violence du travail d’artistes féminines qu’elle découvre lors de ses études, aux images de femmes iconiques comme Marilyn Monroe, Grace Kelly, Lollobrigida joue avec le cadre ou dans un autre registre Frida Kahlo. Et se nourrit de ce qui a bercé son enfance et son adolescence, entre les modèles féminins extrêmes et débridés, allant de Barbie aux candidates de Loft Story. En passant par son personnage préféré, celui de Fran Fine dans la série Une nounou d’enfer, « brune, pulpeuse, que l’on imagine cruche mais qui ne l’est pas en réalité. » Elle prône à travers des alter ego qu’elle va créer – Mini Mire ouL.Love – et dans sa personnalité underground une féminité choisie, voulue et comprise. Pas une féminité intégrée et subie. Valoriser ses atouts physiques ne veut pas dire perdre sa dignité. Ni sa cervelle. Et son travail agit comme un témoin de son cheminement face à ce corps, objet de regards et de désirs, jusqu’à son acceptation « comme écran de projection de pensées, de fantasmes ou même de dégouts ». Et le renvoie en miroir à une société pleine de tabous et de jugements. Son action passe alors par les arts plastiques, photographiques et littéraires mais surtout par des performances dont la prochaine devrait se dérouler dans son propre appartement autour d’un jeu d’inversion des rôles. Mais Lauriane Mordellet agit également auprès du jeune public (adolescent), au sein de l’association d’éducation populaire Aroeven qui porte le projet XYZ sur la notion de respect, tolérance et de genre (lire Focus YEGG#49 – Juillet/Août 2016). « Avec les jeunes, on essaye de discuter, on parle de choix et de respect. Il faut arriver à déconstruire des idées reçues, par exemple avec des jeux de rôles. On parle ouvertement, sans donner d’avis personnel. Mais on ne met aucun sujet de côté, le pire serait de leur créer des frustrations. Et je n’ai pas envie de leur créer des peurs ou de fausser leurs vies. », lance-t-elle avec entrain. Son discours brut et franc est contagieux, même si on était déjà sur la même longueur d’ondes. Le poing sur la table ou bien en l’air, le sourire jusqu’aux oreilles, les yeux pétillants et un bouillonnement de colères, d’envies, de désillusions et d’espoir, Lauriane Mordellet semble attentive aux conseils de sa mère. Battante, combattante, convaincue et convaincante. I MARINE COMBE Septembre 2016/yeggmag.fr/03



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