Yegg n°49 jui/aoû 2016
Yegg n°49 jui/aoû 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de jui/aoû 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 13,3 Mo

  • Dans ce numéro : la lutte pour la liberté...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© CÉLIAN RAMIS .••• • , . • fit , - • r, • b• ▪ • 4d r 'd • I
Celle qui Costarmoricaine d’origine, elle revient dans la capitale bretonne quasiment 30 ans après avoir effectué ses études en histoire de l’art et en information-communication à Rennes 2. « J’aime allier l’historique et le concret, je ne voulais pas m’orienter vers la recherche pure. », explique Danièle Yvergniaux qui, depuis le 1er avril, occupe la fonction de directrice générale de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB), regroupant depuis décembre 2010 les quatre sites de Brest, Lorient, Quimper et Rennes. Avant de candidater, elle a murement réfléchi à ce que cela implique. Comme l’éloignement du terrain, qu’elle affectionne particulièrement. Car toute sa carrière repose dessus. Elle a connu une époque de construction. Celle des années 80. Celle qui a vu Jack Lang ministre de la Culture. Celle qui a fait émerger les centres d’art, le Frac Bretagne, La Criée de Rennes, etc. Alors, quand l’opportunité d’une mission arts plastiques au Conseil général des Côtes d’Armor se présente, elle s’en saisit sans sourciller. « C’était un poste à mi-temps, j’avais tout à définir. Je n’avais pas de bureau, pas d’équipe, pas d’expérience. », se souvient-elle. Mais surtout, Danièle Yvergniaux affronte la résistance à l’art contemporain qui souffle fort à cette période. Rien ne l’arrête. Elle prend sa voiture, sa machine à écrire, fait le tour des lieux pouvant accueillir des expositions, comme les mairies et les MJC, et part à la rencontre des artistes. La jeune professionnelle découvre et développe les expos itinérantes de A à Z, de la sélection des œuvres à la médiation, en passant par l’accrochage et le transport : « J’ai tout appris sur le tas : conduire une camionnette, planter des clous, construire une exposition, organiser des ateliers pour les enfants. Mais aussi à défendre un projet face à un élu. Et les choses ont pris forme, j’ai eu un poste à temps plein, une équipe. Je suis restée 11 ans. » Elle en a fait du chemin, fondant 2 galeries d’art, bâtissant un programme d’éducation artistique dans le 22, département pilote, ainsi que des projets de création dans le paysage. La route a été une lutte permanente. Pour défendre l’art contemporain et la création. Pour faire rayonner les actions territoriales et les jeunes artistes. Elle le bataille pour la création et l’art •••••••••••••••••••• •••••••••••••••• ••••••••••••••• dit concrètement, c’est une batailleuse. « Je crois à ce que je fais, je n’ai pas peur. » De la Bretagne, elle passe au centre d’art contemporain de la Nièvre, logé dans une ancienne usine. Là-bas, rebelote. Le projet est à construire intégralement. Expositions, résidences, hors les murs, liens avec les musées, les associations, les établissements scolaires… elle se passionne à nouveau pour ce pas à pas de fourmis qui implique un travail de titan avant de devenir directrice de l’école d’art de Quimper et membre de l’Association nationale des écoles supérieures d’art. « Ce sont des lieux de liberté, il y a peu de lieux comme ça. Dans les espaces culturels, les artistes sont toujours attendu-e-s au tournant. Ici, on peut se tromper, faire des essais, des expérimentations. Il y a forcément un cadre et des contraintes, mais dans l’avant, tout est possible. », s’enthousiasme-t-elle. Et dans l’après ? Danièle Yvergniaux est lucide. Tout le monde ne trouve pas de travail mais il s’agit là d’acquérir des compétences, des savoir-faire et un savoir être dans un espace social, se confronter à un contexte, à un projet et à la réalité. Peut-être la capacité à croiser les arts et la création à d’autres domaines d’activité. « L’accompagnement des étudiant-e-s qui sortent de l’école est à développer et à renforcer, ça fait parti de mon projet. », précise-t-elle. Au même titre que l’accroissement de la visibilité et la lisibilité de la complémentarité entre les 4 sites, le développement de la recherche et des relations internationales ainsi que le brassage de la diversité sociale et culturelle du public de l’Eesab qui a encore des difficultés à capter les habitant-e-s des quartiers populaires et des milieux ruraux. À 55 ans, la directrice est toujours déterminée à batailler pour le monde de demain : « Ma vie professionnelle domine dans ma vie. Quand je suis partie dans la Nièvre, j’ai divorcé et je n’ai pas vu mes enfants pendant plusieurs années. C’est très difficile de faire le choix de partir et de ne pas vivre avec ses enfants. Aujourd’hui, j’ai 2 enfants très épanouis, je viens d’être grand-mère. Il y a eu des moments difficiles mais je ne regrette rien. Et mes enfants ont une mère épanouie et un père qui assure. » I MARINE COMBE Juillet-Août 2016 / yeggmag.fr / 03



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