Yegg n°45 mars 2016
Yegg n°45 mars 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de mars 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 15,4 Mo

  • Dans ce numéro : image de soi, faut-il se fondre dans la masse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CÉLIAN RAMIS
Celle qui Depuis novembre 2015, elle est à la tête de la chaine locale la plus regardée de France, avec près de 50 000 téléspectateurs-trices par jour. Arrivée en 2009 à TVR 35 Bretagne en tant que coordinatrice de l’unité régionale de production des chaines locales (TVR, Tébéo et Tébésud), Aurélie Rousseau a pris la suite de Dominique Hannedouche, décédé en octobre dernier. « Je l’avais déjà rencontré mais je l’ai re-croisé en 2009, j’étais alors à l’Opéra de Rennes – j’y avais déjà travaillé 5 ans pendant mes études – et il m’a proposé le travail de mutualisation. Il m’a alors prise sous son aile. C’est quelqu’un qui a fait énormément pour la boite et pour moi », explique Aurélie encore émue du départ de son mentor. Avant cela, la Vitréenne d’origine a étudié l’histoire, suivi un cursus info-comm à Rennes 2 et obtenu un diplôme en marketing à l’IGR (Institut de Gestion de Rennes). Elle a été stagiaire pour TVR. Pour M6 aussi. Ce qui a abouti à un job et 7 ans à Paris dans des boites de production pour TF1 ou encore France Télévision. « J’ai vécu de superbes expériences, j’ai fait beaucoup de jeux, du divertissement – la Star Académy par exemple – dans des grosses machines avec beaucoup de moyens humains, techniques et financiers », se souvient-elle. De retour aux sources, elle s’installe à Rennes et retrouve le chemin de la télévision brétillienne. En 7 ans, Aurélie Rousseau s’est forgée une place importante dans l’équipe de TVR  : « J’ai été associée par Dominique à tous les dossiers de la structure. Il m’a transmis ma légitimité et mon aptitude à prendre la direction de l’entreprise. » Un poste à haute responsabilité encore peu investi par les femmes dans le domaine médiatique, la nomination d’Aline Mortamet à la tête de France 3 Bretagne étant également récente. Ça ne lui fait pas peur. Elle évoque la disparité entre les femmes et les hommes concernant le champ d’action. « Quand un homme possède 60% des compétences pour un poste, il y va. Les femmes, on doute et on n’ose pas. J’en ai pris mon parti. Dans une entreprise, on est de passage, il faut alors se concentrer sur le projet que l’on veut porter. Et à ce niveau-là, je suis à l’aise assume le rôle de l’ombre dans mes baskets. Je suis plutôt une femme déterminée. », commente-t-elle. Diriger une boite, c’est risquer d’être isolée au sommet, apprendre à s’entourer de gens de confiance et prendre les décisions. Elle accepte, sans sourciller, d’être celle qui tranche, qui met le point final et qui assume les responsabilités, dans l’ombre. Elle nous l’assure, sourire aux lèvres  : il y a un pilote dans l’avion. Ce qui ne l’empêche pas de conserver son esprit maternel dans son travail. Être cheffe d’entreprise n’implique pas de modifier sa personnalité, elle l’affirme  : « Je ne cherche pas à diriger comme un homme. Je suis une femme. » Aurélie Rousseau n’hésite pas à s’affranchir des carcans qui règnent sur son statut assigné par sa profession et son sexe. Pas question de se faire dicter son mode de vie. Le boulot, ok et sans rechigner, au contraire, elle parle de passion, mais la vie personnelle ne doit pas en pâtir et inversement. « C’est trop facile de s’enfermer dans son travail tandis que c’est difficile de trouver l’équilibre. Dans ce secteur, ça ne s’arrête jamais. Si tu ne te fixes pas des limites, y en aura pas. L’efficacité ne se résume pas au temps passé au bureau. Et je n’ai pas fait des enfants pour ne pas les voir. », affirmet-elle, reconnaissant la difficulté pour une femme à s’engager dans un projet qui se verra peut-être bouleversé par la maternité. Elle en est convaincue, il faut arrêter de culpabiliser  : « Avec un bébé, c’est vrai qu’on a tendance à ressentir de la culpabilité. Mais on ne va pas passer sa vie à se mettre la rate au court bouillon ! » Mélange d’assurance, da force et de bienveillance, elle est à l’image de son ambition pour TVR, souhaitant valoriser davantage le dynamisme de notre territoire, les initiatives positives et ne pas se complaire dans la morosité ambiante livrée par l’esprit news des chaines TV. Sans oublier de coller avec son temps, avec le développement des outils numériques via les réseaux sociaux et le replay. « Je ne veux pas du positif pour du positif. Il faut quand même être au plus près de la réalité. Du feel good assumé. Mais pas dans le sens bisounours. Il ne faut pas étouffer les téléspectateurs, sans nier la réalité. », conclut-elle. Un consensus qui lui ressemble. I MARINE COMBE Mars 2016/yeggmag.fr/03



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