Yegg n°40 octobre 2015
Yegg n°40 octobre 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de octobre 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,4 Mo

  • Dans ce numéro : quelle place pour les femmes DJs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ˮ 44 Les femmes ne se trouvent pas aux places fortes. Tout est lié au sexisme de notre société, la musique ne déroge pas à cela, bien que ce soit censé être plus ouvert. ˮ nosaurus. « J’ai rapidement abandonné l’idée de mixer car je ne voulais pas renvoyer l’image de la fille faiblarde qui ne cache pas du tout sa féminité. Ma phobie, c’est d’être classée comme « pétasse de la techno ». Je me suis moi-même arrêté aux a priori que je dénonce. Alors, oui, on peut être une petite meuf en sucre, avoir sa féminité et être une bête derrière les platines », témoigne-t-elle dans sa trentième émission. Cependant, les fantasmes des programmateurs sur les Djettes existent bel et bien. « Une femme Dj va tenir une sorte de faire valoir, les mecs la programment car elle est jolie. Je sais que c’est quelque chose qui se fait », avoue Sylvain Le Pennec, programmateur du 1988 Live Club. CÉLIAN RAMIS Octobre 2015/yeggmag.fr/20 focus « Certains programmateurs, quand on dit Djette, ils voient tout de suite une personne girly, bien apprêtée et canon », rajoute Mac l’Arnaque. SOIRÉES FILLES, VISIBILITÉ OU MARKETING ? Pour cette raison, les soirées Djs « 100% filles » sont demandées car elles deviennent des arguments marketing. Le collectif France Téléconne en a fait l’expérience lorsqu’il a démarché les bars de Rennes pour organiser sa soirée « 100% meufs », qui se tiendra le 28 novembre au Bar’Hic. « Ils trouvent ça trop cool car on est des filles, c’est comme si ils venaient voir un spectacle ! », note la programmatrice, Adélaïde Haslé. Passer par la petite porte pour s’imposer plutôt que d’attendre, telle est la philosophie de France Téléconne. « On passe la même musique que les mecs alors on estime qu’on a autant notre place dans le milieu », argumente cette grande consommatrice de concerts. Les soirées 100% féminines posent problème à Gaétan Nael  : « Le clivage sera plus important si on oppose hommes et femmes. Un bon artiste est un bon artiste, qu’il soit homme ou femme. » Or, le souci vient de là  : si un bon artiste est repéré, il effectue beaucoup de dates. Alors que le vivier se féminise, pourquoi aussi peu de femmes sont programmées ? Publiées en 2013, les statistiques du collectif berlinois female:pressure parlent d’elles mêmes  : les femmes ne représentaient que 8,4% de têtes d’affiches des festivals électros internationaux. Malgré tout, le milieu des musiques électroniques évolue. C’est, en tout cas, ce que considère Noëmie Vermoesen, doctorante sur les musiques électroniques à l’université de Rennes 2 et ancienne animatrice
Des Crab Cake rennaises et malouines, il y en a eu plusieurs dizaines depuis la création de l’association Crab Cake Corporation en 2011, à l’initiative de Luke. « Il travaillait à L’Escalier de Saint-Malo, voulait s’installer à Rennes et programmer des Djs. Il n’y avait alors pas de soirées House/Disco ici. », se souvient LG Rivales, dj résident de l’association, également graphiste et chargé du site web. Les soirées, souvent organisées à l’Ubu « dans une ambiance confinée, pour tous ceux qui ne se retrouvent pas dans les boites de nuit mais aiment le night clubing », souligne Virginie, fidèle de la Crab Cake, ont même récemment engendrées un événement musical, Big Love, sur tout un weekend de mai en 2015 dans différents lieux de la capitale bretonne, comme le palais Saint- George. Si le public semble hétérogène – en terme d’âge, de milieu social et d’orientation focus Paroles de Crabe Cake de l’émission Track/Narre sur Canal B  : « Il y a une vraie prise de conscience et un changement des mentalités. De plus en plus de mecs s’en rendent compte et n’abordent plus le truc de la même façon. » En un an, les chiffres de female:pressure montrent également une amélioration. 10,8% de femmes se trouvaient en 2014 sur les affiches de festivals. « L’évolution à Rennes, je la sens comme je peux la sentir dans la société française, ça s’ouvre petit à petit avec une volonté gouvernementale », commente Sylvain Le Pennec. De plus en plus de femmes s’orientent, en effet, dans le milieu musical, que ce soit sur scène ou à la technique. Malgré cela, elles restent toujours cantonnées au second rôle. « Les nanas sont dans les chœurs ou jouent du tambourin. C’est souvent aussi l’image de la groupie, la copine du chanteur ou celle qui s’occupe du sexuelle – les platines ne sont que peu utilisées par les femmes. « Il y a de plus en plus de femmes Djs. Heureusement ! », précise LG Rivales, qui reconnaît que le milieu du Djing reste encore assez macho. « Dans une interview que j’ai lu de The Black Madonna, elle explique qu’on attend de toi que tu sois jolie, à la mode, que tu sois hyper féminine. Elle n’est pas comme ça du tout, loin de là, elle mixe en gros pull en laine… », se souvient Virginie, pour qui les femmes programmées lors de ces soirées n’usent pas de ce jeu d’hypersexualisation. Chloé Thévenin, The Black Madonna, Jennifer Cardini, Noëmie Vermoesen (devenue dj résidente de la Crab Cake)… Elles sont encore minoritaires sur les affiches des soirées mais revendiquent leur naturel, leur militantisme parfois, et surtout leurs talents. catering..., rit jaune Adélaïde Haslé. Elles ne se trouvent pas aux places fortes. Tout est lié au sexisme de notre société, la musique ne déroge pas à cela, bien que ce soit pourtant censé être plus ouvert. » Alors que le secteur devient plus paritaire, les femmes restent bien souvent en arrière-plan, qu’elles le veuillent ou non. Alors on repose la question  : Pourquoi cette évolution n’écarte-telle pas le fait qu’un Dj, ou plus généralement un artiste, reste toujours un homme, par défaut ? Octobre 2015/yeggmag.fr/21



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