Yegg n°40 octobre 2015
Yegg n°40 octobre 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de octobre 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,4 Mo

  • Dans ce numéro : quelle place pour les femmes DJs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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À Rennes, elles font partie d’un milieu souterrain. Beaucoup moins programmées que leurs compères masculins, les femmes Djs sont pourtant bien présentes. Cependant, ces passionnées de son évoluent chacune de leur côté. Grâce à l’arrivée d’Internet et à la facilité de produire de l’électro, une nouvelle génération féminine ose plus facilement se lancer derrière les platines. Pourquoi cette évolution n’écarte-t-elle pas le fait qu’un Dj reste toujours un homme, par défaut ? Octobre 2015/yeggmag.fr/14 focus Jeudi 24 septembre, 22h30. Le bar Le Chantier, en bas de la place des Lices, se remplit au fur et à mesure que les sons de basses augmentent. Ce soir-là, Midweek fête sa « Midweek des familles », soirée de retrouvailles « entre copains ». Trois membres de cette association rennaise, chargée d’organiser des évènements de musiques électroniques, créée en 2012, mixent chacun leur tour  : Antoine Pamaran, Tristan MDWK et Vanadis. L’ambiance de la salle aux murs orangés se réchauffe ; les pintes de bières se passent de main en main, le premier rang se déhanche en rythme. Derrière les platines vinyles et cds, Vanadis choisit les prochains morceaux qu’elle va diffuser. Son énergie est communicative. Véritable pile électrique lors de son set, la jeune femme brune bat le rythme avec sa jambe gauche, bouge les bras et chante du bout des lèvres les paroles des chansons qu’elle passe. Au bout d’un quart d’heure, Antoine et Tristan la rejoignent sur l’estrade pour préparer les vinyles et jouer quelques morceaux. Une parole échangée, un regard entendu, la complicité entre les trois personnes se ressent derrière les tournedisques. « Il y a deux ans, tout juste arrivée à Rennes, j’ai envoyé un message à Midweek car je voulais m’investir comme bénévole et trouvais leur programmation cool. Cela a très vite collé ! Les gars m’ont dit  : « ça te dirait pas de mixer ? »
et ma première date s’est faite en avril 2014 au Bar’Hic », se souvient Vanadis, de son vrai nom, Morgane Deturmeny. La jeune femme de 22 ans, qui a pratiqué du piano petite, a acquis son oreille musicale grâce à son père, dévoreur de disques. Au lycée, l’étudiante s’est plus tournée vers l’électro, même si elle se qualifie de « grosse boulimique de sons » en tout genre. Le mix, Morgane a commencé par hasard, pour s’amuser, avec son cercle d’amis. Ce parcours, les Djs rennaises l’ont toutes eu, à quelques différences près. L’univers du « Djing » s’est ouvert à elles par une pratique artistique ou des proches qui leur ont prêté du matériel pour s’entraîner. Certaines, comme Dj Miss Blue, s’y sont mises car elles adoraient « se déchaîner sur le dance floor ». Adolescentes, elles ont usé des semelles dans des concerts ou des festivals. « Depuis mes seize ans, je fais les Trans Musicales chaque année ! Je n’ai loupé L’électro moderne a trente ans. Le courant a, au départ, été développé par les Afro-Américains, dans les villes de Chicago et Detroit. Un détail que tient à préciser Christophe Brault, maître de conférences sur les musiques rock et électro, basé à Rennes  : « On s’imagine que c’est plutôt une musique européenne, car on se croit toujours les rois du pétrole, alors que ce sont eux qui l’ont créée, comme toutes les autres musiques actuelles ! » Grand mélange de classique contemporain, de disco et de dub, branche du reggae, cette musique populaire est apparue en Europe, en 1989, à la fin de la Chute du mur de Berlin. Ce fut la période électro foisonnante  : « Tous les grands Djs, comme les Chemical Brothers et les Daft Punk, viennent de cette époque-là. » Désormais, pour ce mélomane qui a tenu de focus ˮ Il y a un aspect très communautaire. Le son arrive comme un trait d’union entre des gens de tout horizon qui vont vers des idées et une organisation commune. ˮ le festival qu’une seule fois car j’étais à l’étranger », raconte cette trentenaire qui doit son nom de scène à son prénom breton, Bleunienn, signifiant couleur azur. Baignée dans un univers familial bretonnant, elle a créé le « Breizh’n’bass », un style musical dans lequel elle mélange le plinnet la gavotte, deux danses bretonnes rapides, avec le drum’n’bass  : « Je me suis rendue compte que les structures des morceaux collaient complète- Histoire des musiques electroniques 1992 à 2008 le disquaire Rennes Musique, ce style musical a passé son « âge d’or ». « Tous les genres musicaux se l’ont approprié, tels que le jazz, le rock et même, le classique, constate-t-il. La décennie 2000, ce n’est plus que du revival. » Cependant, cette musique, réalisée à partir de logiciels, de synthétiseurs et de boîtes à rythmes, aurait remplacé la place du rock dans les années 50. Cédric Bouchu, l’un des programmateurs du festival I’m from Rennes, qui met en avant la scène locale rennaise depuis quatre ans, le pense  : « Les jeunes jouent de l’électro comme ils jouaient du rock’n’rollavant. Leurs parents ne comprennent pas cette musique. Elle apparaît comme un contre courant. »



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