Yegg n°34 mars 2015
Yegg n°34 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 30

  • Taille du fichier PDF : 13 Mo

  • Dans ce numéro : journée des femmes, des voix pour agir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Ap CÉLIAN RAMIS
Celle qui...vogue sur les flots de l’onirisme Le 19 janvier dernier, nous découvrions à l’Arvor le documentaire Les veilleuses de chagrin. Une peinture animée contant avec poésie le quotidien des femmes de marins, bercé d’espoir et de solitude et nourri par des longues heures à voguer dans les entrailles de leur imagination influencé par les vents et les marées. Frédérique Odye connaît bien ce milieu et sa pudeur. Cette fille de marin, originaire de Réville, petite commune normande à proximité de Cherbourg, ne peut se détacher de la mer, « toujours présente d’une façon ou d’une autre. » À 33 ans, elle navigue fièrement entre animation d’ateliers cinéma à l’Antipode MJC et dans les écoles, réalisation de documentaires – elle avait co-réalisé La mer qui les voit danser en 2008 pour un musée maritime en Normandie avant de consacrer 3 ans à ses Veilleuses – et vie de son association L’enfance nue (en référence au premier film de Maurice Pialat), basée à Cancale et Rennes. « Nous l’avons lancée en 2011 avec une amie, Julie Quéré (assistante réalisation dans Les veilleuses de chagrin). Il y a une volonté de créer un pôle d’éducation à l’image mais aussi d’organiser des événements, souvent avec le Café Bazar à Cancale. », explique-t-elle. Derrière son feutré sourire, la réalisatrice peine à se dévoiler quand on tente de percer l’intimité de sa jeunesse et de son cocon familial. Au lycée, elle prend l’option Arts plastiques, puis intègre les Beaux-Arts de Nantes, « école réputée pour la vidéo. » D’aussi loin que remontent ses souvenirs, elle a toujours dessiné, mais ne l’explique pas, ni même ne semble transportée par cet outil artistique. Ce qu’elle aime, vraiment, elle, c’est quand l’image s’anime. Il faut que ça bouge ! Elle découvre alors les cinéastes Bergman, Svankmajer ou encore Norstein et se plonge rapidement dans la vidéo expérimentale et l’animation : « J’aime le côté spirituel, l’esthétisme, la lumière, tout ce qui est lié à l’au-delà ! » Frédérique nous embarque dans son univers, celui qui lui ôte toute bribe de timidité et lui illumine le regard, perçant subitement les doux rayons de ce soleil d’hiver qui lui bordent le visage et lui blondissent davantage sa chevelure rebelle. Tout est là. L’onirisme, la poésie, la noirceur… la cinéphile rennaise d’adoption, depuis une dizaine d’années, se laisse aisément envouter par les ambiances sombres. Séduite par la musique de Matt Elliott, elle collabore avec le musicien pour composer la bande sonore des Veilleuses de chagrin, « qui adhère parfaitement à l’univers de la mer et à sa mélancolie, et le son est indissociable des images ! » Quand on lui demande ce qui l’anime dans son travail auprès du jeune public, elle répond avec la même hargne modeste : la construction des univers, l’onirisme, la poésie. « On fait tout ensemble, les décors, les personnages, les lumières, le cadrage… On travaille à partir de livres pour enfants, comme ceux de Roald Dahl par exemple, ou alors j’arrive avec une petite idée en tête, comme celle d’un personnage qui se balade dans un paysage… Ensuite, ils construisent tout. J’adore faire découvrir le cinéma aux enfants ! Et eux, ils apportent des univers incroyables », s’émerveille-t-elle. En parallèle, Frédérique Odye travaille sur son prochain film, un court-métrage de fiction, dont elle révèle brièvement que « ce ne sera plus du tout sur le milieu maritime, même si la mer sera certainement présente d’une manière ou d’une autre. Ce sera une histoire d’amour, sur le couple. Mais il est trop tôt pour en parler encore ». Son large sourire en dit long et titille déjà notre curiosité. Sans aucune formation en écriture cinématographique, la jeune femme semble confiante et prête, comme toujours, à affronter toutes les tempêtes. I MARINE COMBE Mars 2015/yeggmag.fr/03 000000000c



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