Yegg n°25 mai 2014
Yegg n°25 mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de mai 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... famille brisée en douceur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
focus plus d'une dizaine. Les rencontres se déroulent à trais : médiation familiale. » Si la loi n'a pas encore été votée, elle les deux participants et un médiateur familial diplômé. Lors inquiète la coordinatrice du service de médiation de l'UDAF de la séance, le professionnel invite chacun à parler des 35 : Nous sommes très prudents avec cette nouvelle régie. points de désaccord et à exposer leur point de vue pour Notre objectif ce n'est pas de désengorger les tribunaux, déterminer d'où viennent les différents. Autorité parentale, mais d'aider les personnes. Nous craignons un peu que montant d'une pension alimentaire, lieu de résidence celte lai fasse perdre le sens premier de larnédiation. » Les des enfants, séparation des biens... profcocionnels ont fait remonter leurs les sujets sur lesquels travaillent les « Pour démarrer une médiation, il craintesauniveaunational,maisavecun parents en médiation sont nombreux faut qu'il y ait une égalité dans le Peu Plus de 600 médiateurs familiaux en et très concrets. Le médiateur n'est France face à la gigantesque machine couple, que chaque ex-conjoint pas un thérapeute, mémé si, parfois, judiciaire, leur voix n'a pas encore été les blocages rencontrés ne sont pasreconnaisse ir autre Comme légitime,entendue. Ce combat, poux préserver d'ordre rationnels mais psychologiques. Si la notion de respect n'est pas le sens de leur métier et en garder Lorsque fe parcours aboutit, et que présente dès le départ, ce n'est les principes déontologiques, tout en les deux participants parviennent à restant complémentaires de la justice, s'entendre sur les points principaux, ils s possible. » est difficile. Les débats parlementaires n'ont plus qu'à écrire leur accord et à le qui arrivent sont ainsi très attendus. faire homologuer par un juge. Cette dernière étape permet aux parties d'avoir l'assurance que les accords seront officialisés. A l'UDAF 35, environ la moitié des médiations débouchent sir un accord entre les ex-conjorits. Pour d'autres ce n'est pas le bon moment eu la séparation a été trop douloureuse. Le métier et les enjeux de la médiation On ne peut pas s'improviser médiateur familial. Depuis 2004 c'est un dipléme d'État - le DEM F - reconnu qui nécessite un diplôme de niveau trois (c'est-à-dire un bac +2) préalable, auquel s'ajoute une formation d'environ 700 heires. Christine Duchemin précise :'Nous n'avons pas de jeunes bacheliers qui se dirigent mers la médiation familiale.. N {sut avoir une expérience de vie plus importante. C'est un métier où certaines situations peuvent entrer en résonance avec notre propre vécu. Il faut savoir prendre de la distance pour ne pas laisser notre ressenti empiéter sur notre professionnalisme. La plupart des réciiateurs viennent du chernp du travail social. ils ont déjà eu une expérience avant de se lancer dans ia médiation. Dans le service consacré à la médiation à l'IJDAF 35, 6 médiateurs familiaux se relaient, 4 femmes et 2 hommes. Leur temps de travail équivaut à 3 temps plein. La médiation familiale est confrontée à de nouveaux enjeux. La loi sur la famille, reportée début 2014 parle gouvernement Ayrault à cause des sujets sensibles de la GPA (Gestation pour Autrui) et PMA (Procréation Médicalement Assistée), n'a pas complètement été abandonnée. Début avril un projet de loi édulcoré, et sans les sujets polémiques, a été déposé devant l'AAGsamblee Nationale. Il comprend un volet sur la médiation familiale. Jusqu'à présent les démarches de médiation étaient entreprines volontairement, tous les couples reçus ayant choisi ce mode de séparation. Le juge aux affaires familiales pouvait contraindre un couple à se rendre au rendez-vous d'information sur la médiation niais il était ensuite laissé Mare de la poursuivre ou non. Dans le nouveau projet de loi, le juge peut désarmais enjoindre des conjoints à se rendre aux séances de médiation. L'article 17 prévoit à l'effet de faciliter la f cixerfie par les parents d'un exercice consensuel de l'autorité parentale, le juge peut : j. j leur enjoindre de prendre part à des séances de « Nous n'avons pas de jeunes bacheliers qui se dirigent vers la médiation familiale. Il faut avoir une expérience de vie plus importante. Au fur et à mesure que la notoriété de la médiation augmente, de plus en plus de personnes y ont recours. En 2013, ce service de l'UDAF 35 a connu une augmentation de plus de 37% de son activité par rapport à 2012. Les professionnels du droit la connaissent mieux et certains juges aux affaires familiales n'hésitent plus à enjoindre les couples à se rendre au rendez-vous d'information. Poix autant la relation entre la justice et la médiation familiale n'est pas tcujoLrs simple. Selon les médiateurs, certains professionnels de la justice, notamment quelques avocats, la perçoivent comme une concurrence indirecte dans les affaires de divorces. Pourtant la médiation familiale se veut complémentaire et non rivale, puisqu'elle est l'un des outils qui permettent une séparation moins douloureuse. Québec, pays anglo-saxons... des exemples à suivre ? D'autres pays sont en avarice par rapport à la France sur le développement de ce type de service. Au Québec, mais également dans les pays anglo-saxons, celle-ci est beaucoup plus développée. La coordinatrice semble croire qu'il s'agit d'une différence cultuelle : « En France on est beaucoup plus dans la culture du conflit Pas seulement poules séparations, meure pour un conflit de voisinage on va devant les tribunaux. Sous d'autres cieux, le conflit n'est pas judicierisé et les salles de médiation, familiale, mais aussi dans d'autres domaines, fleixissent au coin des rues. lI n'est pas plus étrange d'aller vair un médiateur qu'un médecin. La France est encore loin de ces situations. Cependant avec l'augmentation de l'activité de ces professionnels et une meilleure connaissance du grand public des services proposés, il se pourrait que cette solution soit de plus en plus prisée dans les années à venir. Mai 2014 ! ysggmag.fr T 16
fouis Une hisbire de vécu Deux ex-conjoints ont accepte de témoigner pour YEGG de manière anonyme sur leur expérience de la médiation familiale. i la fin de l'année 2013, en désaccord sur la somme A verser pour leur fils, ils contactent le service de médiation de l'UDAF 35. Ils ont participé trois séances qui ont abouti i un accord. ▪ Qu'est-ce qui vous poussé à venir en médiation familiale ? Lu : Nous sonores séparés depuis trois ans, je ne voyais mon fils que le week-end, c'était court avec le foot et ses activités. Je voulais qu'il fasse une semaine chez moi et une semaine chez sa mère pour que je le vois plus. Avant, je versais 200 euros de pension alimentaire mais avec mon salaire c'était difficile, je finissais souvent à découvert. Je pensais qu'avec la résidence alternée je ne devrais plus rien. Mon ex, elle, considérait qu'avec les dépenses liées à l'école et ses activités, je lui devrais encore de l'argent. Tous les cieux, ça se passe très bien mais pour caler les choses on a préféré aller voir quelqu'un. Elle : Depuis septembre, lorsqu'on a envisagé la résidence alternée. les aueslions d'ardent pour la pension alimentaire devenaient « Ça nous a permis de parler — ▪ chacun de notre vie, de la personne avec qui on vivait actuellement... centrales et pendant 4 mois on n'arrivait plus à communiquer. C'était rompu on avait plein de points de discorde et surtout on n'arrivait pas à se mettre d'accord sur le montant de la pension. Je me suis dit que la meilleure solution serait peut-être de voir un tiers pour repenser les choses calmement. ▪ Comment avez-vous connu la médiation ? Lui : C'est mon ex qui l'a connu. Je ne connaissais pas, c'est elle qui a pris le rendez-voua. Elle : J'ai connu l'UDAF au moment de mon divorce car quelqu'un m'en avait parlé. J'étais allée là-bas poix faire des séances dans le service Parents ensemble. Quand la communication s'est dégradée avec mon ex-mari, je me suis rappelée qu'A l'UDAF, ils faisaient aussi de la médiation familiale▪ Quelles étaient vos attentes vis-a-vis de cette démarche ? Lui : Quand on s'est séparés, onaétéàui premier rendez-vous mais c'était compliqué, c'était bizarre et pas facile, comme tous les divorces. La première fois je n'ai pas compris, je ne me rappelle même pas ce qu'on a dit (le premier rendez-vous concernait une séance Parents ensemblendhj. La deuxième fois (3 ans après la séparationndlr), on a remis les choses en place et c'est là que j'ai compris. On m'a demandé : Combien Vous dépensez pour votre fils ? Et on a mis les choses au clair. Elle : C'était avant tout pour rétablir une communication. Retrouver un terrain d'entente avec mon ex-mari à propos de notre fils. Après, je m'étais renseignée et je savais qu'il me devait une pension, je voulais aussi qu'il comprenne ça, mais le plus important c'était de réussir à se parier. ▪ Comment avez-vous vécu ces séances ? Lui : C'était bien, ça permet de remettre les choses au poirrt. Elle Dans notre cas, ça a été arfaoilerons'étaitdéjàreparlé pour qu'Il accepte la médiation. J'ai trouvé que les questions étaient très justes, la médiatrice mettait très à l'aise, elle savait s'adapter aux personnes. On a fait trois séances. Pendant la première, elle a remis notre enfant au coeur d'un arbre généalogique. Ça nous a permis de parler chacun de notre vie, de la personne avec qui on vit actuellement, mais aussi des grands-parents et de tout le contexte autour de l'enfant. A la fin de la séance elle nous a demandé de faire un calendrier sur un an pour calculer combien de temps notre fils passait chez chacun, et combien on dépensait par mois pour lui. La deuxième séance a été plus technique, on a repris les chiffres qu'on lui avait apporté et elle a fait un calcul à partir de ça. On est arrivé un chiffre de pension qui était plus élevé que ce que proposait le juge. Ensuite elle nous ademandéde réfléchir tous les deux si ça nous convenait et lors de la troisième séance on s'est mis d'accord sur ia résidence et la pension. La dernière fois c'était moins technique, on était plus dans le discussion.. Qu'en avez-vous retiré ? Lui : On s'est mis d'accord, on le garde une semaine chacun et je continue de donner 100 euros par mois. Or a mis ça sur papier et ce papier-là on va le montrer au juge, on a rendezvous au tribunal. C'est bien de lui montrer que je donne une pension alimentaire, qu'on est déjà passé en médiation Mai 2014/yeggrnag.fr 1 17



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :