Yegg n°16 jui/aoû 2013
Yegg n°16 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013, un été branché ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
I CÉLIAN RAMIS
RE\CONTRE RENCONTRE AVEC.. KLARA COUDRAIS Étudiante en cinéma et féministe L’an dernier, elle était l’un des personnages principaux du documentaire de Céline Dréan, Pascaline et Klara, étudiantes cherchent avenir. YEGG a rencontré cette étudiante de Rennes 2 en Arts du spectacle – Cinéma, pour un autre sujet : son mémoire de fin d’études, rendu le 20 juin, mêlant pornographie et féminisme. Intriguant… PAR MARINE COMBE « Mon idée de départ était de m’intéresser aux représentations des rapports entre les hommes et les femmes au cinéma », explique-t-elle, lessivée par les derniers mois de travail. Et la pornographie représente, dans sa manière la plus frontale, ce rapport. La jeune femme, qui s’assume féministe, est loin d’être insensible à la condition féminine depuis sa lecture, au lycée, de King Kong Théorie, écrit par Virginie Despentes (2006). Pour son mémoire, il n’est pas question de discours extrêmes ou de victimisation. Si les films X ont été « créés par les hommes », ils n’en ont pas moins été saisis par les femmes : « Dans les années 80, les travailleuses du sexe (prostituées, actricesX, stripteaseuses, etc.) ont assumé leurs corps et l’utilisation de ce dernier. Elles voulaient de bonnes conditions de travail ». Une pensée qui divise les féministes. D’un côté, les radicales comme Catharine MacKinnon, juriste américaine qui va lutter contre ce genre cinématographique qui entre dans les foyers grâce au développement de la VHS et qu’elle considère comme un acte violent. De l’autre, les prosexes qui ne veulent pas la censure mais « faire de la pornographie qui leur convient ». Une pornographie féminine et féministe. De là, nait le post-porn’, une « critique de la pornographie canonique », qui investit et promeut des nouveautés, notamment avec la mouvance Queer - redéfinissant la théorie du genre. Un mouvement qui va s’installer en France à partir de 1999 et qui va devenir l’objet du mémoire de Klara. Beaucoup de temps sur Internet, à la bibliothèque universitaire et aux Champs libres… les recherches sont difficiles, les ouvrages étant rares. « C’est trop récent pour l’instant. Mais c’est étudié en sociologie. Marie-Hélène Bourcier, Maître de conférences à l’université de Lille III, a dédié à un chapitre – Baise-moi encore – à ce genre dans son livre Queer zones, Politiques des identités sexuelles, des représentations et des savoirs », précise Klara. 100% FILLES Elle va alors découvrir trois femmes importantes dans ce domaine : Émilie Jouvet, Virginie Despentes et Catherine Breillat. La première est photographe et réalisatrice, notamment du premier long métrage porno queer lesbien, One night Stand. Klara l’a rencontrée à l’occasion d’une projection au Tambour, dont elle a été la programmatrice pendant 3 ans, de Too much Pussy ! Feminists sluts in a queer X show (sorti en 2011). La deuxième est une écrivaine et réalisatrice française, qui fera beaucoup parler d’elle avec son premier film Baise-moi (2000), adapté de son roman éponyme, qui sera retiré des salles pendant quelques temps pour son caractère pornographique. Et la dernière est romancière, réalisatrice et scénariste, de Un parfait amour (1996) et de Romance (1999), pour ne citer que ces deux-là. Les trois ont en commun ce cinéma controversé qui explore et exploite la violence des rapports entre les hommes et les femmes, ainsi que la sexualité en générale. « J’ai mis beaucoup de temps à découvrir ces films et à les regarder. Je ne m’attendais pas à ce que j’ai vu, c’est extrêmement violent », se rappelle Klara. Pourtant, elle pourrait en parler pendant des heures. Ces œuvres, souvent ébranlées par la critique et les scandales, brisent les tabous sexuels et les projettent sur grand écran. Pour son mémoire, Klara ne s’intéresse quasiment qu’aux femmes liées à ce mouvement : « Une manière de porter un regard féminin sur le sujet, après 70 ans de vision masculine sur la sexualité ». 3 0



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :