Yegg n°15 juin 2013
Yegg n°15 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 26

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : trois questions à Nadine Cormier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CULTURE... THEATRE LA MACHINE BACHELOT Le 13 juin, le Carré Sévigné propose Histoires de femmes et de lessives, spectacle déambulatoire écrit et mis en scène par la rennaise Marine Bachelot, dans le cadre de son cycle Projets féministes. L’occasion pour YEGG de mettre en lumière cette figure montante du théâtre politique. Et quel meilleur endroit que le Café laverie de Rennes pour parler lessive et féminisme ? PAR MARINE COMBE CELIAN RAMIS Marine Bachelot est rennaise, a étudié en prépa à Chateaubriand, a fait la fac de lettres puis a suivi un cursus en arts du spectacle à Rennes 2. Elle dit d’elle-même qu’elle n’était pas destinée au monde du théâtre mais au professorat. C’était sans compter sur sa rencontre avec le dramaturge Roland Fichet, grâce à qui elle va affirmer son envie d’écriture et de théâtre. La théorie, elle aime. La pratique, elle préfère. En 2008, elle arrête sa thèse pour mener à bien ses projets artistiques. Quatre ans plus tôt, elle a co-fondé le collectif rennais Lumières d’août, avec cinq autres auteurs. « On s’accompagne beaucoup les uns et les autres mais on cultive aussi nos singularités. On a parfois des discussions qui provoquent des engueulades, des crises de larmes », précise-t-elle en souriant. En 2006, elle commence à fréquenter des groupes féministes. « A cette époque, je ne me nommais pas ainsi, je cherchais un endroit militant qui me convenait », déclare-t-elle. Elle rencontre alors des militantes avec qui elle réfléchit autour de la question des inégalités entre les sexes « à travers les races, les classes sociales ou encore les orientations sexuelles ». Et c’est dans les groupes non mixtes qu’elle va se construire et prendre de l’assurance dans les prises de parole collectives. Son envie de théâtre politique et militant se fait ressentir : comment associer le tout ? En 2009, l’auteure-metteure en scène crée un cycle théâtral féministe. Elle souhaite alors écrire un spectacle autour des o:3mas:3:imas:3nam:3:imm:3:imm:3:imm:3nam:3nam:3nam:3nam:3nam:3ow EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF CONTRE-PLONGÉE - Créer un studio sous-marin dans la fosse-plongée de la piscine des Gayeulles, tel est le projet original du collectif rennais Ouitisch, intitulé Abysses et vous. Original, certes, mais pas gratuit ! Afin de réunir 4500 euros, l’équipe d’artistes fait appel à la générosité des internautes du 1er mai au 30 juin grâce au site de financement participatif Ulule. A l’heure où nous écrivons ces lignes, les dons recueillis représentent 56% de l’objectif. Cet été, neuf photographies subaquatiques devraient être réalisées par Philippe Henry, professionnel de l’exercice pour l’agence Océan71. Neuf clichés grand format, présentant le mannequin Jessica Brouté vêtue de trois tenues différentes de créatures abyssales – réalisées par la créatrice Anna Le Reun, seront exposés au fond des quatre piscines municipales qui accueilleront chacune le projet pendant 15 jours, à partir de novembre 2013. Une manière ludique d’inviter les Rennais à se plonger au fond du projet. 8 o
CULTURE... théories féministes. Une manière pour elle de s’approprier le monde. Pourtant, elle prend peur et ne se sent pas prête à affronter un thème aussi vaste. METTRE EN SCÈNE LA CONDITION FÉMININE Son intérêt pour le domaine Saint-Cyr, situé à quelques pas du théâtre de La Paillette pour lequel elle sera en résidence en 2009/2010, va être un moyen détourné de s’intéresser à la condition des femmes. « LA LESSIVE PERMETTAIT D’EXPIER SES PÊCHÉS EN LAVANT LA MERDE DES AUTRES, QUI AVAIENT FAIT LA MERDE AUSSI » Cet institut du XIXe siècle, accueillait les jeunes filles mineures placées par le tribunal et l’assistance publique, sous la tutelle des religieuses. « A cette époque, on passait du père au mari. Celles qui étaient envoyées à Saint-Cyr ne passaient pas par le chemin classique et se révoltaient contre le système », explique Marine Bachelot. Histoires de femmes et de lessives, spectacle qui a été présenté à de nombreuses reprises à Rennes depuis sa création en 2009, met en lumière les violences sexuelles, physiques et psychologiques dont ces adolescentes étaient victimes. Pas question pour l’auteure d’écrire un réquisitoire contre l’Eglise ou ce qui s’est passé : « Quand ces institutions se sont laïcisées après la guerre, la situation n’était pas différente. Ce n’est donc pas juste une question de religion ». Pour alimenter son spectacle, Marine Bachelot s’inspire de nombreuses recherches, dont le livre Des filles de justice de Françoise Tétard et Claire Dumas recensant les structures du même genre à la même époque, ainsi que de témoignages recueillis auprès d’éducatrices laïques et de bonnes sœurs. Et ce n’est pas sans difficultés qu’elle a aussi obtenu des entretiens avec d’anciennes résidentes. Si certaines estiment avoir été sauvées par le domaine Saint-Cyr, d’autres souffrent encore des souvenirs qu’elles en ont. « On protège ou on réprime ? s’interroge Marine Bachelot. Ce n’est vraiment pas évident à déterminer… » MÉLANGER LE RÉEL ET LA FICTION Ce qui l’intéresse, c’est la société dans laquelle évoluent les personnages. Celle qui a traité ces « mauvaises filles » en les enfermant jusqu’à leur majorité, les transformant ainsi en main d’œuvre bon marché, « comme les détenu(e)s en prison ». L’institut opte pour la rééducation par le travail puis par la formation professionnelle. La lessive n’est pas anodine : on peut y voir une manière « d’expier ses pêchés en lavant la merde des autres qui avaient fait la merde aussi ». Tracer un pont entre aujourd’hui et une partie de l’histoire est primordial : « Les femmes enfermées, les hommes dans la nature. Le manque d’aide aux victimes de viols... Ce sont des histoires très dures mais terriblement banales finalement ». Le travail de documentation et d’interprétation est essentiel pour la jeune artiste qui aime exploiter et saisir une base réelle avant de se l’approprier pour en faire une fiction. « L’auteur peut se laisser tenter par l’envie de faire un manifeste qui sort de sa tête et de ses tripes. Moi j’aime partir d’une base et la confronter à mon imagination », confie Marine Bachelot. C’est ainsi que naissent des spectacles plein d’inventivité comme A la racine qui réunit Angela Davis, Freud, Jésus, Shéhérazade et Eve lors d’un séminaire féministe, Elle (Cécilia) qui reprend des citations et des interviews de Cécilia Sarkozy ou encore un projet en création introduisant trois héroïnes masquées : une Guérilla girl, une Muslim pride et une Pussy Riot. Histoire de femmes et de lessives, le 13 juin dans le parc du centre culturel de Cesson-Sévigné, à 20h30. Des envies de journalisme ? Rejoignez notre rédaction ! YEGG... MAG.FR VAG, LE FÉMININ RENNAIS NOUVELLE GÉNÉRATION contactez nous via contact.yegg@gmail.com



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