Yegg n°15 juin 2013
Yegg n°15 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 26

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : trois questions à Nadine Cormier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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î o + SAUTES E D’HUMEUR... Chaque mois, deux journalistes de la rédaction de YEGG vous font part de leur coup de cœur et de leur coup de gueule. Ce mois-ci, un pavé dans la culture. ì UNE BRIQUE « DANS LA MARE PAR MARINE COMBE UP Lire notre interview de La brique sur yeggmag.fr - Graphisme et féminisme : « On peut vraiment s’exprimer à Rennes », publié le 14 mai 2013. Trop peu de rues portent un nom de femme ». C’est le slogan qui a été affiché sur les murs du centre ville de Rennes fin avril. « Certains ont été arrachés, mais pas les photos. A croire que c’est la thématique qui dérange », expliquent les deux jeunes femmes à l’initiative de cette campagne d’affichage sauvage. Elles sont étudiantes en dernière année à l’école des Beaux-Arts, section graphisme, à Rennes. Et elles sont féministes. Mathilde et Juliette, sous le nom de La Brique, ont allié convictions et compétences pour interpeller l’opinion publique sur le sujet. Parties du constat que seuls 6% des rues ont un nom féminin, elles fouillent dans les archives afin de dénicher plusieurs personnalités importantes du XIXe siècle – époque de construction du centre ville - qui auraient pu, en tant que femmes, figurer sur ces fameuses plaques qui dominent nos pavés. Au total, neuf portraits ont été affichés : elles sont aventurières, journalistes, militantes ou encore artistes, et ont compté à Rennes ou en Bretagne. A travers textes explicatifs, portraits et photos, la scénographie de cette campagne est pensée pour attiser la curiosité des passants et les faire réfléchir sur le sens de cette action. Une action intelligente et pacifiste qui, par la seule violence d’un constat que chacun aurait pu deviner, résonne en chaque habitant et le pousse à une remise en question. Cette initiative souligne avec brio que même les éléments les plus anodins peuvent cacher l’injustice et la discrimination. Et c’est sans crier au loup que le poids de cette intervention est le plus lourd. La Brique n’a peut-être pas initié une révolution féministe mais le duo prend le chemin d’une force tranquille redoutable. Il se pourrait qu’à l’avenir les Rennais(es) soient de nouveau surpris(es) par leurs actions. YEGG en serait ravi. En atteste le coup de coeur de YEGG ce mois-ci (lire ci-dessus), la culture rennaise est bien vivante et n’est pas prête de s’éteindre. Ce n’est pourtant pas le point de vue de Pierre-Henri Allain, journaliste pour Le Point, qui n’hésitait pas en avril dernier à publier Rennes l’endormie face à Nantes la dynamique, énième pamphlet sans grande analyse opposant les deux cités en défonçant des portes déjà bien ouvertes. Pas question d’économie, d’éducation ou d’environnement mais de culture, élément on ne peut plus subjectif faisant appel aux sentiments et aux goûts de chacun. « Rennes se serait-elle définitivement endormie sur ses lauriers ? », « Rennes n’a plus […] l’aura d’inventivité et de foisonnement créatif qu’elle a pu connaître par le passé » peut-on lire dans cet article qui s’apparente davantage à un règlement de compte entre gens du milieu qu’à une boîte à idées. A grand renfort de Benoît Careil, fondateur du Jardin moderne, le papier souligne le peu de soutien de la municipalité pour les musiques actuelles, célébrées en grande pompe chaque début de décembre par les Trans’. C’est sans rappeler, ou sans connaître, la décision du conseil municipal en juin 2012 de construire, dans le quartier de la Courrouze, un nouvel Antipode de plus de 3 200 m2, pour la modique somme de 20 millions d’euros. C’est aussi limiter la culture aux musiques actuelles. Théâtre, conte, danse, expo, littérature… l’impasse est faite sur ces arts semblent-ils accessoires voire inexistants pour le journaliste, sans doute moins vendeurs, moins médiatiques et moins machines à fric. Non, Rennes ne s’endort pas, loin de là, encore moins culturellement parlant. Un coup de gueule est trop court pour le prouver. Heureusement, YEGG vous le dit tous les mois. ì î DOWN (IN)CULTURE PAR RONAN LE MOUHAER 6
YEGG : Vous avez l’habitude, dans vos romans, des intrigues qui se déroulent dans les environs de Rennes. La contrainte ici en était-elle vraiment une ? Non, pas vraiment. C’est une facilité pour moi d’écrire sur mon quotidien, sur les lieux et les personnes que j’ai l’habitude de fréquenter. La difficulté était plutôt celle du format d’écriture. Dans un polar, le lecteur doit constamment réfléchir. Avec une nouvelle, on ne peut pas installer un climat et donc une intrigue très travaillée. C’est ce qui explique l’absence de meurtre dans votre intrigue, contrairement aux neuf autres ? J’ai choisi de ne tuer personne car le format est, en effet, trop court pour cela. Mais la mort est quand même très présente puisqu’une des premières scènes se déroule dans le crématorium de Montfort-sur-Meu. Selon moi, dans un polar, il faut des études de comportements, des descriptions, c’est peut-être le côté féminin. On aime, en tant qu’auteur, prendre notre temps et retourner les situations. Avec la nouvelle, il faut aller droit au but. CULTURE... POLAR RENNAIS DOCTEUR LYS MISS CALIBRE Deux ans après sa création, Calibre 35, collectif rennais d’auteurs de polar dégaine Rennes, ici Rennes, recueil de dix nouvelles fleurant bon la capitale bretonne. Seule femme à poser sa plume sur les pages blanches de ce livre noir, Valérie Lys, médecin biologiste le jour, écrivain la nuit, évoque pour YEGG Des cendres à Montfort, savoureux cocktail de médicaments, d’incinération et de terrorisme. PAR RONAN LE MOUHAER A défaut de meurtre, il est question d’un trafic de médicaments sur fond de terrorisme... Votre connaissance du monde de la santé vous a-t-elle aidée voire inspirée ? Au départ, je ne voulais pas écrire sur le médical. Mais c’est sans doute plus fort que moi ! Mon métier ne m’a pas particulièrement aidé, en revanche, c’est vrai que je suis allée à l’hôpital Guillaume Régnier à plusieurs reprises. La psychiatrie revient donc souvent dans mes histoires. Quant au trafic de médicaments, c’est de l’imagination, je ne le constate pas dans mon environnement et je ne veux pas spécialement pointer du doigt l’industrie pharmaceutique même si elle est imparfaite et qu’elle a une mauvaise image. Vous soulevez aussi la question du racisme ordinaire avec l’omniprésence de prénoms étrangers... Oui je le dénonce volontairement, sans pour autant prendre partie. Il y a une atmosphère particulière, pleine de clichés. Je voulais jouer avec. Que chaque personnage puisse être, à un moment donné, soupçonné. A propos des personnages, vous ne mettez en scène que des hommes à l’exception de Myriam et des décédées, pourquoi ? Je préfère parler des hommes que des femmes. D’ailleurs je suis plus souvent entourée d’hommes que de femmes dans la vie. Il y a sans doute de la pudeur de ma part, je parle à travers les livres. Je ne veux pas que le lecteur pense que si le narrateur ou personnage principal est une femme, c’est forcément de moi dont il s’agit. Il y a beaucoup de moi dans le style d’écriture qui est relativement classique et évidemment féminin, mais je ne suis pas présente dans la nouvelle. o + 7 o CELIAN RAMIS Entretien à retrouver en intégralité sur yeggmag.fr au cours du mois de juin. Lire aussi la critique de Rennes, Ici Rennes, page 10. EN BREF EN BREF EN BREF EN BR : BREF SEXE EN MUSIQUE - Que nous dit la chanson française des rapports entre les sexes ? La réponse sera peut-être donnée jeudi 13 juin à l’occasion d’une conférence proposée par l’association rennaise Questions d’égalité (lire YEGG n°14 - mai 2013). L’organisation féministe s’interrogera sur la place de la femme dans la création musicale française en présence de Natasha Le Roux, auteure-compositrice-interprète et fondatrice du groupe 100% féminin Les Zarmazones. Objet sexuels, caricature réductrice, absence dans la sphère des musiques actuelles... le rendez-vous reviendra en discussion et en chanson sur un sujet loin d’être anodin. Rendez-vous gratuit et ouvert à tous jeudi 13 juin à 20h30 à la Maison de Quartier de Villejean.



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