Yegg n°15 juin 2013
Yegg n°15 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 26

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : trois questions à Nadine Cormier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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I., CELIAN RAMIS
RE\CONTRE RENCONTRE AVEC.. CÉLINE JAUFFRET Chef prévisionniste Au cœur de toutes les discussions, en ce printemps, le temps a défrayé la chronique. A cette occasion YEGG a rencontré quelqu’un qui le côtoie de près depuis longtemps. PAR ROBIN DESURY Saint-Jacques de la Lande, un mercredi de mai, au centre inter-régional de Météo France. Le temps, ce jour-là, oscille entre soleil et nuages. Le fond de l’air est frais, presque froid. Céline Jauffret, 33 ans, nous accueille dans les nouveaux locaux de la station qui font face à l’aéroport. Pour cette passionnée de sport, et notamment de voile, étudier les phénomènes climatiques est rapidement apparu comme une évidence. Après l’obtention d’un Bac S, elle fait une classe préparatoire maths-physique dans le but d’intégrer l’Ecole Nationale de Météorologie de Toulouse. Pari réussi. Elle obtient son diplôme d’ingénieur trois ans plus tard. Arrive ensuite la grande aventure : une mission dans les terres australes, sur les îles Kerguelen, aussi connues sous le nom des îles de la Désolation. De désolation, il n’y en a pas eu pour Céline, bien au contraire. Comme elle l’explique « c’est une belle expérience. Ma tâche consistait à faire de la recherche sur les différents phénomènes météorologiques. Je travaillais en coopération avec des géologues et des géobiologistes, notamment ». Au milieu des manchots, coupée du monde pendant plusieurs mois, et dans des conditions très précaires, la jeune femme vit un moment unique et rare. « Ce type de missions était réservé aux hommes jusque dans les années 80/90. Nous étions 60 sur la base et seulement 5 femmes. Mais cela n’a posé aucun problème » livre-t-elle. 12 811 kilomètres plus tard, elle pose ses valises à Rennes en 2008. Elle débute comme prévisionniste avant d’être promue chef. L’environnement et le travail diffèrent mais la passion reste intacte. « C’est un poste qui demande beaucoup de temps mais c’est très intéressant. J’alterne diverses tâches qui vont du management classique aux relations avec la presse », confie-t-elle. Si la prévision du temps est évidemment sa principale mission, assurer la sécurité des biens et des personnes s’en avère une autre tout aussi capitale. Il s’agit de pouvoir réagir rapidement, en cas de problème, lorsque le temps se dégrade.Pour cela, elle est en lien permanent avec la mairie et l’armée. Temps y es-tu ? Pour beaucoup de personnes, le temps hivernal de ce printemps a été insupportable mais pour l’experte il était, certes embêtant, mais pas inquiétant. Elle s’en explique : « il y a eu un excès de pluie sur la région rennaise. On était en dessous de la normale saisonnière de 2 degrés. On peut faire un rapprochement avec les années 86 et 96. On est restés sur un régime perturbé. Froid sur l’Europe de l’Ouest et doux sur la Russie ». Et cet été direz-vous ? Pull ou bikini ? Mère Nature pourrait peut-être vous éclairer mais pas Météo France. Du moins, pas pour le moment. En effet, la prévision est un travail complexe basé sur un élément en perpétuel mouvement : le ciel. « On fait de notre mieux, avec des choses qui sont prévisibles. Entre J+1 et J+3, on est assez précis. De J+4 à J+9, on fait une prévision plutôt en type de temps. Au-delà, on peut annoncer des anomalies ou des tendances, mais pas plus », informe Céline. Les études sont effectuées sur ordinateur. Il s’agit donc d’une simulation du temps réalisée à partir d’observations antérieures. Malgré une répétition de certains phénomènes, d’autres restent imprévisibles, surtout à moyen et long termes. Dans une profession en proie à de nombreuses critiques, la chef prévisionniste comprend ces réticences et avance une réponse : « Oui, ce n’est pas parfait, mais on est toujours en progression. Et le fait est qu’on ne peut pas prévoir exactement le temps qu’il fera audessus de chaque personne. ». Alors, méditons sur cette morale de La Fontaine : « Patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage ». 3 0



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