Vibration Clandestine n°33 nov/déc 2014
Vibration Clandestine n°33 nov/déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de nov/déc 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Vibration Clandestine Édition

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : Aubenas reçoit pour la 16ème fois les Rencontres Cinéma d'Europe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DZO Olivier 10 Dessin/Illustration Casser les rythmes et rompre avec la routine tel est le crédo de DZO Olivier, dessinateur et illustrateur palois. C’est dans un univers noir et blanc aux symboles forts que DZO Olivier exprime tout son talent. Vibration Clandestine a pu poser ses questions à cet artiste qui manie avec habileté et subtilité le stylo noir. Dis-nous quel est ton parcours en quelques mots ? Je découvre très jeune un goût pour le dessin. Alors je dessine, encore et toujours, en cours, chez moi, partout. Viens le bac, les nuits à graffer, les Beaux-arts, le premier job dans le design textile. Je créé mon propre studio graphique (ZK). C’est amusant quelques années, puis ça devient lourd. Ce système qui te pousse à toujours produire plus, plus vite, moins bon,… Aujourd’hui, je respire avec l’illustration et l’art, en dehors du taf, même si je suis obligé de combiner parfois les deux. Quelles sont tes influences ? Prenez une bonne pièce de nature, un peu de longboardskate et de snowboard, un bouquet de graff, un gros morceau de conviction écologiste, plusieurs tranches de culturesésotériques et ethnologiques, un zest de philosophie, quelques pincées d’anarchie, une pointe d’anticonformisme et de blasphème, enveloppez le tout dans une pâte de références artistiques surréalistes et un jus d’héroic fantasy, mettez le tout dans l’athanor et laissez cuire ad vitam eternam. Pourquoi avoir choisi de travailler uniquement en noir et blanc ou presque ? Pour équilibrer un certain goût pour la complexité. Je pense aussi que le noir et blanc est durable tandis que les couleurs lassent plus vite. Noir et blanc permettent d’exprimer la quintessence d’un concept. Ces deux principes opposés, combinés, traduisent l’équilibre du plein et du vide, de la lumière et de l’obscurité, masculin/féminin, yin/yang, vie/mort, … Quels sont tes futurs projets artistiques ? Mon projet est de continuer à me faire plaisir. C’est ma bouffée d’air pur, sans contraintes. Il y a des expos en préparation et je vais sûrement auto-éditer un book avec mes illustrations, produire quelques séries limitées, illustrer des couvertures d’albums,… Juste de quoi entretenir ma démarche artistique et alimenter l’évolution de mes compétences. www.behance.net/dzo
Philippe Bouillaguet Art naïf Inutile de partir de l’autre côté de la planète, de s’adonner à un sport extrême ou de tenter n’importe quelle vieille ou nouvelle drogue de synthèse. Essayez de vous imaginer une randonnée dans la tête de Philippe Bouillaguet, là au moins il se passe des choses, des rebondissements, la sensation de perdre le fil à tout moment, du mouvement, la vie quoi. Des créations qui suscitent l’interrogation, un homme qui lors d’une discussion peut déclencher une certaine passion ou pire. Punk’s not dead ! Philippe, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre univers, comment familiariseriez-vous nos lecteurs avec vos tableaux ? J’ai commencé par être ouvrier en usine à Flins, après j’ai été veilleur de nuit et j’ai décidé de faire des études et Paris 8 m’a sauvé la vie. J’ai une maîtrise en sciences politiques, un DEA en histoire, j’ai passé le concours. Je suis devenu prof de lettres et d’histoire en Seine St Denis puis j’ai atterri en Haute Loire pour m’occuper de mes parents. Je peins depuis cinq ans suite à leur décès, je suis à la retraite pour invalidité, la peinture ça m’oblige à vivre et ça permet de faire remonter à la surface ce que j’ai dans la tronche. Vous produisez régulièrement de nouvelle toiles, est-ce pour vous une sorte de boulimie créative à tendance thérapeutique ou plutôt simplement des tonnes d’idées que vous avez besoin d’évacuer ? C’est exactement ça, c’est de la boulimie, en cinq ans j’en ai fait plus de deux cents. J’aime bien peindre pour des gens que je rencontre, j’ai dû faire une trentaine de tableaux pour des petits groupes de Cajuns mais je n’aime pas le trad, c’est le grand écart, mais avant tout une relation humaine car je surcharge, le blanc c’est la mort. J’ai passé un an en Haïti et le Vaudou m’a bien marqué. [...] Vous avez dit  : « C’est dans la peur qu’on voit ce que l’on est ». Quel est le lien entre cette réflexion et votre goût ou besoin pour la création ? Au début je mettais une semaine pour faire un petit format on m’a fait comprendre que les expos c’était pour décorer les murs alors maintenant je décharge une certaine violence et puis je suis naturellement torturé j’ai peur de la mort. Celle-ci est toujours présente dans les tableaux, comme je ne fais pas de croquis c’est souvent des trucs enfouis que j’ai besoin d’exprimer. J’ai un peu honte d’exposer car je n’ai pas fait les Beaux-Arts mais Jean-Luc Epaille, un metteur en scène de St étienne, m’a envoyé un mail d’une page en m’indiquant que pour 14/18 ce n’était pas du Otto Dix mais qu’on s’en prend quand même plein la gueule. L’objectif c’est de faire mal que l’on sente le malaise et il parait que j’ai un coup de pinceau reconnaissable de toute façon, je fais ce que je peux. [...] Où nos lecteurs peuvent-ils retrouver vos toiles et votre univers qui semblent flirter entre Vaudou et esprits torturés ? J’ai quelques expos décalées sur 14/18 au nouveau théâtre Beaulieu à St étienne du 7 janvier au 1 février, à la MJC de Monistrol en Haute Loire du 9 janvier au 6 février. Je dois en mener une vingtaine à chaque endroit. À Commentry du 17 février au 28 mars, à la mairie et la médiathèque la Pléiade ils en veulent cinquante, c’est toute ma vie c’est énorme ! J’ai pas mal de refus pour 14/18. Sinon les affiches ou tableaux pour les groupes, comme c’est moins flippant je trouve plutôt dans des salles de concerts ou lieux alternatifs mais c’est pas facile pour le transport. J’aimerai bien connaitre un petit groupe de rock qui n’en veut, pour leur faire des affiches. À chaque fois c’est pièce unique donc collector. le mot de la fin Je suis sur le cul d’avoir un papier dans Vibration Clandestine, c’est une putain de reconnaissance de mon boulot alors que je ne suis pas connu j’espère que ça va faire une vague. philippe.bouillaguet@orange.fr 11



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