Vibration Clandestine n°19 jan/fév 2012
Vibration Clandestine n°19 jan/fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de jan/fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Vibration Clandestine Édition

  • Format : (175 x 245) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : le Baron de Vezeline.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Interterrestre vibrationclandestine.com/membres/antiquarks resp@coincoinprod.org - 04 78 62 34 38 - www.coincoinprod.org Crédit photo Malou Lamache - coincoinproductions Musique Musik Música 24 Antiquarks Il est difficile de placer une étiquette sur la musique du groupe Antiquarks. Normal. Que penser d’un groupe où se mêlent une maître ès physique, un sociologue, un bassiste de l’Orchestre National du Cameroun ainsi qu’un accordeur-réparateur de piano ? De ce mélimélo émergent des sonorités jazzy, aux influences multiethniques, surréalistes, quasi- scientifiques que l’on peut qualifier d’interterrestres… Avec Cosmographes, leur deuxième album, les oreilles averties seront comblées et les non-initiés charmés. Interview d’Antiquarks par Vibration Clandestine devenu le marché juteux des valeurs refuges néo-libérales, nous devons chercher des outils réalistes et bienveillants pour faire de la rupture des préjugés le plus beau des voyages personnels. C’est une définition de l’interterrestre. Comme moi, certains de nos lecteurs ne savent pas ce qu’est une vielle à roue électro. Eclairez-nous. Sébastien Tron : Commençons par la vielle à roue acoustique : c’est un instrument européen qui est ballotté depuis plus d’un millénaire entre les musiques savantes et les musiques populaires. Déjà, c’est intéressant ! Mais aussi, la vielle est une interface gestuelle inhabituelle qui offre, à qui souhaite s’en saisir, une palette d’expressivité et de sonorités énorme, comme s’il s’agissait d’un synthétiseur organique. Bref, entre ses épopées historiques et ses capacités sonores, la vielle ouvre un terrain d’expérimentation parfait pour soutenir la fiction musicale d’Antiquarks ! Techniquement, c’est un instrument à cordes frottées, grâce à une roue en bois entraînée de la main droite par une manivelle. Cela permet d’obtenir un son infini et continu contrairement à un archet de longueur finie. Le lexique fonctionnel de la vielle stimule l’imaginaire à lui seul : elle est dotée de bourdons (basses continues), de chiens (partie rythmique, maîtrisée par des coups de percussion sur la poignée de la manivelle), de chanterelles (cordes mélodiques jouées par la main gauche via un clavier mécanique chromatique), et enfin de sympathiques (cordes résonnantes). Ajoutons maintenant des capteurs piézo-électriques, et une chaîne de traitement du signal et l’on obtient une vielle électroacoustique ou amplifiée, comme chez les guitaristes ! Sauf que les premiers essais d’électrification de la guitare ont commencé vers 1920 (contre les années 80 pour la vielle). Ce surplus de décibels a, dans un premier temps, permis au guitariste de sortir du rôle d’accompagnateur et de devenir soliste au sein de l’orchestre, puis de développer des discours empruntés à d’autres instruments et enfin de proposer des techniques singulières qui ont carrément donné naissance à de nouveaux styles musicaux ! C’est excitant ! ! Plus que la technologie et la modernité de la vielle "électro", c’est ce pouvoir émancipateur de l’électrification que je vise avec Richard dans notre entreprise commune. Votre site Internet est particulièrement galactique, si je peux me permettre. On a l’impression de partir en voyage intersidéral et d’arriver sur une autre planète, où l’on crée cette pop interterrestre. Expliquez-nous ce concept… R. M. : Le monde de la Pop internationale n’est pas inquiété. Outre les critiques de monde lisse, de marchandisation, de Antiquarks est un terme de physique quantique, votre musique est un art presque scientifique. Qu’est-ce qui vous a amenés à créer une musique qui nous semble si familière et à la fois si éloignée ? Richard Monségu : Oui, le nom du groupe interpelle sans équivoque la physique quantique, et par là le micro, l’infiniment petit, ou ce que l’on ne voit pas à l’œil nu. Mais la musique s’adresse à l’infiniment grand et veut raconter les épopées des hommes ordinaires qui luttent pour conquérir une liberté singulière, l’homme dans le cosmos d’aujourd’hui avec son lot d’incertitudes. Comment faire pour sortir d’un chaos personnel et collectif ? Nous pensons qu’une solide imagination outillée peut aider. Vous parlez de notre musique comme étant à la fois familière et éloignée. Et bien, cette imagination concrète, légère, doit permettre de transformer tout ce qui nous est familier en choses étranges et tout ce qui est étranger en choses familières. Dans un monde où le développement personnel est musique de consommation et de grande distribution, etc., il n’y a pas de réelle contre-proposition artistique à la fois sérieuse, déterminée et amusante. Or, ce qui peut permettre de lutter contre l’exploitation sans limites du néo-libéralisme et de ses produits "culturels" dérivés (dont la musique Pop globalisée), c’est une Pop universelle aux esthétiques polymorphes et polysémiques capable de détrôner la Pop mondiale de sa place dominante. Notre Pop interterrestre transforme les "stars" en astres errants dans la froideur de l’espace infini des produits culturels sans âge et sans âme. Bon, je sais que ce travail esthétique et éthique peut ne pas être compris ou entendu. Mais il fallait le faire. Pour l’Histoire des catégories de l’entendement (!) Une proposition utopique pour défendre la spécificité des biens culturels. Aussi utopique d’ailleurs que le système néolibéral d’aujourd’hui, mais avec d’autres vertus, hors-la-loi du profit. Paradoxalement, c’est en défendant notre singularité que nous défendons les valeurs les plus universelles. Est-ce que Cosmographes est le début d’une nouvelle expérience musicale ? R. M. : Nouvelle pour l’auditeur j’espère ! Elle est fabriquée pour lui, pour qu’il se réapproprie une écoute exigeante et libre dont il peut être dépossédé. On propose un rendez-vous alternatif contre les propositions musicales élitistes ou démagogiques. L’auditeur doit travailler à créer ses propres goûts sinon ce sont ses goûts qui choisiront à sa place. Bourdieu nous met en garde contre le goût, qui est souvent le dégoût du goût des autres. L’intolérance esthétique peut être très violente. En septembre 2011, vous avez donné des représentations au Turkménistan. Quelles sont les raisons de votre voyage ? R. M. : Vérifier notre tolérance esthétique justement et mesurer nos capacités à se familiariser avec une culture musicale "étrangère". Les échanges musicaux ont été déterminants. On pourrait dire que les personnes rencontrées ont validé notre approche d’une communication musicale universelle. Une expérience qui marque, comme chaque rencontre vécue et réfléchie. En cette fin d’année quelques concerts vous attendent. Que diriez-vous aux lecteurs de Vibration Clandestine pour les motiver à venir ? R. M. : Que notre concert est un rendez-vous avec la vibration clandestine ! Interview complète sur www.vibrationclandestine rubrique Interviews



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