Univers Interactif n°9 mai 1996
Univers Interactif n°9 mai 1996
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°9 de mai 1996

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Pressimage

  • Format : (204 x 265) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 79,5 Mo

  • Dans ce numéro : vous êtes tous des zombies... comment États, sectes, médias pratiquent le Mind-Control.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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que d'innombrables autres techniques (entre autres "parapsychologiques", sur lesquelles les Russes étaient censés être très avancés dans les années 70) ont permis à des agences comme la CIA de débloquer d'énormes budgets à des fins civile" de ce sinistre centre. Les souvenirs resurgis de l'enfance de manipulations bizarres par des "hommes en blouse blanche" sont devenus un véritable phénomène de mode aux Etats-Unis. En mars 1995, Le nombre des victimes potent des techniques de mind-control n ! fait qu'augmenter avec le goût des conspirations et la méfiance à l'égard des Etats, des entreprises, des organisations et d es églises. "expérimentales". Le programme le plus classique et le plus notoire de l'histoire du mind-control est désormais relativement connu sous le nom MK- ULTRA project. Ce projet ruineux -dont l'existence à été confirmée par des porte-parole officiels de la CIA- est né après la guerre de Corée : le mythe voudrait que l'idée du "lavage de cerveau" se soit propagée à la suite d'observations sur la façon dont les Chinois traitaient leurs prisonniers de guerre. En réalité, ces prisonniers n'étaient soumis qu'à une version plus intense de ce que subissait alors d'une manière générale la population chinoise. L'endoctrinement, le manque de sommeil, le "surtravail", l'éloignement de tout support, l'alternance de punitions et de récompenses étaient à l'époque le lot quotidien des Chinois. Pour les prisonniers de guerre, on a seulement intensifié le traitement et ajouté des privations de nourriture et de repos, plus savamment calculées. >Les expériences MK-ULTRA, qui ont suivi, ne se sont pas cantonnées au milieu militaire : des prisonniers de droit commun, des patients d'hôpitaux, des déclassés, des asociaux ont servi de cobayes à des "recherches", allant de la simple application de règles béhavioristes à des implants cérébraux. Dans les années 70, le Gouverneur Reagan lui-même finançait encore en Californie un "Violence Center", au budget duquel émargeaient les grandes figures de MK-ULTRA comme le "psychologue" Louis West. La détection et le redressement d'individus jugés "violents" ou insocialisables de naissance était l'objectif de "sécurité 32 >interactif n°9 Mai 1996 deux femmes de la Nouvelle Orléans ont affirmé aux médias et aux tribunaux avoir subi ensemble, vers l'age de huit ans, des électrochocs, des injections diverses, des séances d'hypnose et même un début d'entraînement à l'espionnage. Ces souvenirs très pénibles, le plus souvent resurgis à l'occasion d'une psychothérapie, sont monnaie courante sur Internet (voir le site de la Mind Control Foundation et ses links vers des home-pages comme celle d'Ed Light, qui va jusqu'à montrer une radio, assez peu convaincante, d'un implant électronique dans son crâne). Ils relèvent souvent d'affabulations totales quoique certains aient reçu l'aval de tribunaux, voire obtenu des dommages et intérêts. On notera au passage que la False Memory Foundation, chargée de lutter contre les "faux souvenirs", compte dans son comité consultatif des noms comme Louis West et Martin Orne, tous deux ex-MK-ULTRA. Un cas avéré et médiatisé de mind-control est consigné dans le best-seller de 1976 : The Control of Candy Jones de Donald Bain. Ce livre raconte l'histoire de Candy Jones, une grande cover-girl américaine des années 40-50. En 1960, à la suite de difficultés financières, Jones avait accepté de faire le "coursier" pour la CIA. Excellent sujet pour l'hypnose, Jones devint la "chose" d'un psychiatre de l'armée. Celui-ci, d'après le livre, se servit de sa réceptivité naturelle pour créer en elle une seconde personnalité. Pendant 12 ans, le double aurait effectué des missions dont la vraie Candy Jones n'a évidemment pas gardé le souvenir. Cette seconde personnalité
était "réveillée" par des impulsions téléphoniques particulières, décrites dans le livre. L'histoire n'a jamais été officiellement démentie, et un des psychiatres désignés, William Kroger, a même été identifié comme l'un des "chercheurs" de MK-ULTRA. D'après la CIA, en tout cas, les traces du programme incriminé ont été détruites en 1973. Ce qui n'empêche pas beaucoup de spécialistes des conspirations de penser que des suicides collectifs, comme celui de Jonestown en Guyane ou du Temple Solaire, sont le résultat de collaborations directes entre des agences gouvernementales et des sectes (après tout le Révérend Jim Jones n'était-il pas un ami de Jimmy Carter lui-même ?). >TOUTES CES THEORIES, reliant agences gouvernementales et sectes, sont du pain béni pour les journaux à sensations. Pourtant l'épisode David Koresh, à Waco, a été l'occasion de mettre dos-à-dos les techniques des sectes et celles des agences. Force est de constater que c'est le feu qui a eu le dernier mot, et qu'ultrasons, signaux-radio, radiations et autres ESB (Electronic Stimulation of the Brain) n'ont pas été efficaces. Du moins en ce qui concerne une contrainte relativement simple : faire sortir des gens d'une maison. On a tout essayé autour de Waco en matière de "non-léthal weapons" (armes non mortelles)... le mind-control de la secte était le plus fort : les 74 disciples ont préféré mourir plutôt que de se rendre aux autorités fédérales. Une expérience en défaveur du mind-control "gadget". Si réellement la possibilité de contrôler les actes et les pensées de quelqu'un existe -et les sectes semblent bien en être la preuve éclatante- c'est selon des schémas très "low-tech". REPROGRAMMATION DE L'ESPRIT= INFLUENCE SUR LE LANGAGE + L'ENVIRONNEMENT SOCIAL + LA PSYCHOLOGIE. >C'est la théorie de Festinger sur la dissonance. Si l'on change d'habitudes, les pensées et les émotions changent pour s'adapter et minimiser la dissonance. On s'attaque d'abord, à l'aide de méthodes psychologiques, à la perception de soi (émotions, traumatismes, croyances, conscience sociale). Puis on contrôle le temps, dont le moins possible doit être laissé à la réflexion personnelle, on coupe l'individu de tout support affectif habituel afin qu'il se sente "sans recours", on se sert de récompenses et de punitions pour "casser" son ancien code social, on lui propose un nouveau langage, de nouveaux vêtements, on l'introduit à un leader sévère et culpabilisateur, on diabolise l'extérieur... alors le traitement est en général "fini", parfait : états de transe, hypnose, drogues, respirations, chants permanents, mantras et techniques d'arrêt de la pensée. Dès lors, dans le cas d'une secte, on ne "reste" pas dans le cercle, on ajourne indéfiniment une décision de partir. Ces techniques, fondées sur l'abandon du soi, sont extrêmement bien documentées aujourd'hui et devraient être connues de toutes les personnes qui sentent un proche "changer". Le sujet du mind-control a le don de déchaîner des formes un peu folkloriques de paranoïa conspirationniste. Pourtant tout n'est pas CIA, sectes, complots planétaires, UFO et lavages de cerveau. Le marketing, la politique, ou tout simplement les médias, sont également des lieux privilégiés de persuasion inconsciente ou subliminale. N'importe quel orateur, surtout aux Etats-Unis, a désormais un coach qui lui apprend par exemple à dire quelque chose tout en faisant passer autre chose -parfois le contraire -à travers un geste. Si ce geste est fait avec la main gauche, l'accès au cerveau droit, plus créatif et imaginatif, sera facilité. Même principe en publicité, où l'on a souvent avantage à ce que texte et image n'aient pas de rapport immédiat, mais imprègnent subtilement, chacun à leur façon, l'esprit du récepteur. Certains grands patrons ont également des conseillers en autorité qui leur apprennent des trucs dérivés de techniques "sectes", trucs destinés à asseoir leur autorité. Un exemple ? Le coup de colère soudain, sans raison, sans possibilité de réponse est bien plus efficace sur les inférieurs que la colère justifiée. Robin Chandler, un ex-comédien anglais, constitue une équipe à succès avec Jo Ellen Grzyb, une psychothérapeute américaine. Ils fournissent du conseil personnalisé à destination de gens qui se trouvent "trop gentils" ("too nice") et perdent de ce fait d'avance les batailles d'autorité. D'après eux, la gentillesse est une prison dans laquelle nous enferme une société qui, elle-même, n'est pas gentille. Dans leur "training", The Nice Factor, la leçon du répondeur est la plus savoureuse : "On dit en général : "Je suis désolé de n'être pas là" -ce qui est déjà une façon de laisser la machine faire des excuses à votre place- puis : "Je vous rappellerai dès mon retour" - votre machine fait des promesses en votre absence (...) dites plutôt : "Je ne suis pas disponible pour répondre à votre appel. Laissez un message". >Lorsque de telles règles de persuasion sont appliquées à des objets aussi quotidiens, QUI D'ENTRE NOUS PEUT JURER N'AVOIR JAMAIS SUBI DE MIND-CONTROL ? >interactif n°9 Mai 1996 33



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