Univers Interactif n°10 juin 1996
Univers Interactif n°10 juin 1996
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°10 de juin 1996

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Pressimage

  • Format : (204 x 265) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 79,2 Mo

  • Dans ce numéro : post-cyber, à la recherche du temps à venir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La par soit avec ta perruque. >"Ça fait combien de temps que vous êtes rouge ? ". "15 ans'. "Et avant vous êtiez quoi ? ". "Bleu". >L'homme est habillé de rouge. Ses cheveux sont teints, ainsi que ses sourcils. Il a même un trait de crayon rouge sous les yeux. S'il pleurait, ses larmes seraient rouges, comme les larmes bleues de la Femme-piège de Bilai, aux cheveux et aux ongles bleus. L'homme rouge surgit d'un vidéo-clip (Blur, non je n'ai pas roté). Mais vous pouvez le croiser dans la rue, car aujourd'hui les couleurs vives sortent au grand jour. Les deux grandes marques de teinture sont Stargazer et Crazy Colors. Elles existent en Angleterre depuis les années 70 et proclament toutes les deux "Punk's not dead". La preuve, leurs 54 couleurs différentes se vendent à tour de bras dans le monde entier : du bleu ciel au jaune fluo, du vert électrique à l'argent métal. Les Japonais sont aussi de la partie, qui ont mis au point des bombes de couleur et des pigments nacrés, photochromiques, siliconés ou à cristaux liquides. >Mais pourquoi tant de succès ? Patrice Bollon, qui baptise ce mouvement "Techno cyber", explique dans son Précis d'Extravagance : "A quoi bon végéter dans la réalité, quand la technologie nous offre la possibilité de vivre des centaines, sinon des milliers de vies nouvelles parallèles ? Plus de réalité, même, pour ces émules de Baudrillard : le monde n'étant qu'un unique et interminable simulacre, eux se posent comme les simulacres du Grand Simulacre ! Ces techno cybers ne font, en ce sens, que retrouver l'une des racines de tout phénomène d'extravagance : à la réalité plate, ils opposent la surréalité des paradis artificiels des apparences".'Bienvenue dans l'univers des poupées high-tech. Ici, tout est synthé. Les techno cybers se réclament tour à tour de 28 >interactif n°10 Juin 1996 Barbie (le dernier modèle peut se faire teindre les cheveux), de la série seventies UFO (toutes les actrices y portent la même perruque violette) et des mangas genre Dragon Ball (les super-guerriers changent de couleur de cheveux à volonté). Ce sont des punks version L'île aux Enfants. Ils ne partent pas en boîte sans leur nounours rose et leur sac à dos Astro Boy. >Question : y a-t-il encore un Dieu au paradis des couleurs chimiques ? • ■ JE•.:■H annrin B• Les cheveux sont le symbole traditionnel de la force divine et, par extension, de la puissance sexuelle. Chez les Chinois "Les reins fleurissent dans les cheveux" (proverbe indigène). La médecine occidentale, moins poétique, établit le lien entre l'activité des glandes surrénales et le système pileux. Un boxeur ne doit ni faire l'amour, ni se couper les cheveux avant un match. Quant à Samson, vous connaissez l'histoire... Les cheveux et les ongles, explique Annick de Souzenelle, auteur du livre Le symbolisme du corps humain, "sont faits des mêmes éléments biochimiques que les cornes animales. Ils t'IL 01Ln, ltiOtts Agnès Giard "A la réalité plate, les techno cybers opposent la surréalite des paradis artificiels des apparences." sont les rayons célestes, racines par lesquelles descendent en l'homme les énergies divines, rayons qui deviennent les rameaux de son arborescence". Epanouis en couronne, les cheveux - comme les cornes des animaux- sont le symbole universel d'une puissance tendue vers le ciel. "Ça change quelque chose qu'ils soient violets ? ". Je sais pas. Est-ce que les poupées Barbie vont au ciel ? Précis d'extravagance (3 siècles d'antimode) de Patrice Bollon et Stefano Canulli, Ed. du Regard, 1995. Le symbolisme du corps humain (une Bible des bobos) de Annick de Souzenelle, Albin Michel, 1984
>COMME BEAUCOUP de gens en ce moment, j'arrive au bout d'une histoire d'amour avec la techno. J'aimerais vraiment être désolé mais, en réalité, je le suis plus pour ceux qui ont gardé la tête "dans le guidon". Je connais les gens qui aiment la techno. J'ai vu où ils allaient. Bon. ENTENDONS-NOUS : je ne suis pas de ceux qui contestent la valeur de la techno comme musique de petit-déjeuner. Je ne prends pas de petit-déjeuner. Je ne me joins pas non plus au choeur des grognard(e)s de magazines féminins qui regrettent Claude François, ou Sade ou même Marvin Gaye. Mes griefs sont tout autre. Dans la formidable machine à créer des genres et des écoles-machines à ne rien créer que des niches à confort intellectuel, à marché captif, à emploi bourgeois- les technos sont passés mécaniciens. Ils ont divisé, subdivisé, ratiociné le vide à un tel point qu'ils ont vraiment cru renouveler un genre qui, somme toute, se distinguait par l'étroitesse de son imagination. Crise accélércition orne oriel wizman nominaliste comparable à celle de l'art moderne. Quand le vrai plaisir a disparu, on donne un nom, un genre. C'est un bon moyen de se raconter que l'on ressent quelque chose. Aujourd'hui, il suffit de sampler l'un des millions de disques qui ne l'ont pas encore été pour faire école. Un seul nouveau son, une pochette mystérieuse ou anonyme, un titre obscur... et voilà du nouveau ! Et de la répétition ! Car aussitôt le genre baptisé, il faudra que jaillisse du monde entier le flot des maxis semi-identiques, que seule une oreille d'initié pourra vraiment distinguer et à laquelle correspondra un procédé de fabrication, un "code", qui dit bien que le genre est mort-né. Ces micro-snobismes, aux ambitions ultra-limitées, n'ont rien à voir avec la créativité. Celle-ci serait plutôt le fait d'oublier et de repartir. Mais non, en général, une fois qu'un DJ s'est emballé pour un "genre", il le reste un bon moment. >LE R ES U LTAT : ces amis, que je vois comme pétrifiés dans une évolution qui a la lenteur des cauchemars, qui sont pire que les vrais orthodoxes puisqu'ils le sont sans le savoir, ces "spécialistes" dont on peut être certain qu'on les retrouvera tels que la semaine suivante. Pour eux, house, trance, jungle, Goa et leurs innombrables subdivisions n'ont pas été des évolutions, des passages, mais des acquisitions définitives de leur goût embourgeoisé. Je leur laisse sans regret les prétentieux flyers, les cheveux coupés ras, les T-shirts de labels, les charts indéfiniment remis sur le métier, les mix au tempo -vide enchaînant sur du vide selon la bienséance qui commande qu'un bon set se compose d'une trentaine de disques quasi-identiques. Je laisse derrière moi ces agités, au fond très plan-plan. On me trouvera instable, snob... on me trouvera au café avec n'importe qui, qui ignore tout de Derrick May. Un snobisme doit chasser l'autre. C'est rendre service aux idées.



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