Stylist n°232 18 oct 2018
Stylist n°232 18 oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°232 de 18 oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (188 x 248) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 69,6 Mo

  • Dans ce numéro : vous allez avoir une révélation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Gosling tellement à fond dans sa veine emo qu'il est carrément allé demander à la Lune si elle voulait encore de lui. G ros moyens obligent (pour reproduire la gravité zéro, le garage de tonton ne suffit pas toujours), l'espace interstellaire a, jusqu'ici, plutôt eu tendance à héberger des blockbusters opulents que des courts-métrages kickstartés. L'ambiance est en train de changer. Dans trois semaines avec High Life, ovni de la très sulfureuse Claire Denis, où des criminel.le.s condamné.e.s sont soumis.e.s à d'étranges expériences interstellaires, impliquant notamment le sperme de Robert Pattinson — il y aurait eu des vomissements lors de la première à Toronto. Début 2019, avec Ad Astra, météore annoncé de James Gray, mêlant quête du o eSTYLICST DES IDÉES POUR SE COUCHER MOINS BÊTE Ir mr 7 ni 18 AU MERCREDI 24 OCTOBRE père et voyage transneptunien, avec Brad Pitt dans le scaphandre principal. Au début de cet embouteillage de soucoupes volantes dévoilant leur élégance énigmatique dans des affiches teasers plus chics les unes que les autres, First Man joue la carte vintage  : pas la projection futuriste, mais le récit des origines et des missions Apollo, des premiers échecs jusqu'au triomphe qui mènera Neil Armstrong où vous savez. Sauf qu'à l'ère du space-opera arty, on se fiche bien d'en mettre plein la vue, et de faire rugir les réacteurs sur un coucher de supernova. Ici Chazelle raconte un Neil Armstrong moins conquérant que dépressif. On le découvre père taciturne d'une fillette mortellement cancéreuse  : on l'accompagne dans les années suivantes comme dans un tunnel ininterrompu de deuil, puisqu'à leur tour ses collègues tombent comme des mouches, test après test. En chemin, le visage de Gosling se fige dans sa légendaire inexpression. Tout à sa direction artistique racée, fuligineuse, vaguement héritée d'Interstellar, Chazelle s'obstine à détourner mystérieusement son regard du sens profond du voyage  : pourquoi est-on allé sur la Lune ? Et si personne n'avait jamais vraiment bien su ? C'est sa trouvaille bizarre  : l'idée qu'au coeur de l'histoire, il y avait un homme résolu dans ce que lui seul acceptait comme une mission suicide ; un père inconsolable, avide de quitter le monde, au point d'aller se promener tranquillement sur son bord cosmique, le long du précipice  : et que le cosmos nous a, par surprise, renvoyé bien vivant et guéri. T.R. First Man de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Claire Foy, 2h20.
PHOT OS  : OHIOHU ART MUSEUM/2004/TAPA() ANDO ARCHITECT/A ASSOCIATES OR Toutes les citrouilles d'Halloween ne sont pas de la même fraîcheur. QUAND UN PETIT RÔLE A EN FAIT BEAUCOUP À NOUS RACONTER. « IL EST DE GAUCHE ET ÇA, C'EST RARE DANS LE MILIEU. » Sofia dans Judy, Lola, Sofia et moi. Elle aime les émissions historiques, les films italiens, et le porn, qui l'attire pour son image de milieu sulfureux, provocateur, et comme l'occasion d'une prise exaltante de liberté.'. ; Pourtant l'image s'effrite au fil de cette enquête immersive, qui dévoile 1. un gouffre béant d'exploitation des femmes et 2. le démantèlement, justement, de ce porn contre, culturel, au profit d'un esprit Jacquie & Miche moins libertaire, moins tolérant, légèrement ailleurs politiquement. Entre la grivoiserie inclusive, les antifas, les lepénoïdes, le porno n'a jamais autant raconté une France politique. Sofia en fera hélas les frais. Merci qui ? T.R. Judy, Lola, Sofia et moi de Robin D'Angelo, éd. Goutte d'or, 320 p..17 € . e mois de la peur fait un peu Lpeine à voir en TV cette année  : American Horror Story s'étale dans le grand n'importe quoi avec une saison 9 en forme d'apocalypse écolo-gore feat. sorcières et cannibales zinzins. Walking Dead traîne la patte dans une longue agonie (la série est officiellement devenue un zombie) et même Castle Rock, le « Stephen King Shared Universe » signé J.J Abrams, ne sait pas, lui-même, s'il doit faire peur ou non. Trop compliquées, trop concept, trop politiques, ces séries d'horreur manquent de chair et surtout d'âme. Ça tombe bien, c'est toute l'ambition de The Haunting of Hill House, joyau de terreur from Netflix qui fout les poils et met les larmes aux yeux. La série redonne au genre éculé de la maison hantée une profondeur horrifique en y injectant les ingrédients d'un excellent psychodrame familial. Une famille brisée par un drame, une maison flippante, des remords, un deuil et le retour inexorable au cœur du mal avec spectres et possessions à la clé. Proche de Six Feet Under par son ambiance funèbre et la qualité de ses interprètes, ce This is Us façon Halloween est aussi émouvant que terrifiant — peut-être parce qu'il a compris que l'un ne va pas sans l'autre. R.C. The Haunting of Hill House de Mike Flanagan, 10x50 min., disponible sur Netflix. Enfin une expoa première fois que Tadao Ando vraiment béton. La débarqué en France. en 1965. c était pour rencontrer le Corbusier. Pas de bol, il venait de mourir (coup dur, quand on vient de s'envoyer un Transsibérien intégral). Plus qu'à continuer son oeuvre alors  : on caricature, mais dans sa découpe élégante du béton brut, les jeux d'ombre et de lumière qu'il y sculpte, l'utopie étrange qu'il engage dans ses constructions, le « starchitecte » nippon doit beaucoup au brutaliste suisse. Il a lui-même designé sa rétro à Pompidou et les dessins, maquettes, photographies de ses créations, dont les plus belles (musée d'art de Chichu, colline du Bouddha) invitent leur géométrie en pleine nature façon Tetris en format land art. Un beau droit de réponse à la Cité radieuse qui commence à prendre un peu trop de place dans nos fils instagram. T.R. Tadao Ando, le défi, jusqu'au 31 octobre au Centre-Pompidou, Paris-4'. PAR THÉO RIBETON AVEC RENAN CROS. BIENVENUE AU CLUB DES 5 Ceux qui nous chauffent et pourquoi. 111, esilhe ; ît ÉCOUTER LEAVE/TTO THE SUN de Théa, Haïku Records. Parce que maire Juppé a tellement calmé les ardeurs électriques de Bordeaux que la ville a carrément fini par débrancher ses guitares pour se mettre au folk et à la tendresse. LIRE RÉTROFICTIONS de Joseph Altairac et Guy Costes, Encrage Anticipations. Parce que la passion française consistant à s'attribuer l'invention d'à peu près tout méritait bien une anthologie illustrée de la SF nationale, snobant StarWars pour remonter jusqu'à Rabelais. VOIR THE HOUSE THAT JACK BUILT de Lars Von Trier avec Matt Dillon, 2h35. Parce qu'au sortir d'une grave dépression et de trois films de pur satanisme, Lars Von Trier n'en a plus rien àfoutre et s'en donne à coeur joie dans cette farce sociopathe à serial killer. LA SAN', dographies de Mathieu Perr, jusqu'au 6 janvier 2019 au Centquatre-Paris (Paris-19`). Parce que si la prison ne vient plus à nous (désoRedoine Faïd, ce coup-ci on te surveille), à nous d'aller à elle, dans cette expo de dessins et reliques de détenus sauvés du démantèlement de la Santé. 1 JOUER CULTURE.<7.0 111:11.,54. TWO POINT HOSPITAL, Two Point Studios, PC/Mac, 35 € . Parce qu'entre les maladies déglinguées (freddiemercurite, cubisme...) et le personnel à la Scrubs, ce leu de gestion prouvera qu'on n'intègre pas si facilement le classement de L'Express. eSTYLIcST 61



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