Santé Sport Magazine n°53 mar/avr 2018
Santé Sport Magazine n°53 mar/avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°53 de mar/avr 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Caméléon Média

  • Format : (230 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 70,6 Mo

  • Dans ce numéro : ma séance VMA.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MARIDAV/SHUTTERSTOCK.COM IL SEMBLERAIT QUE LES « PASTA PARTIES » NE SOIT PLUS APPROPRIÉ À L’ULTRA-TRAIL… NUTRITION e me souviens de Julie. C’était une très bonne coureuse. Elle avait fini sur le podium des championnats de France de cross. Son seul défaut ? Elle était un peu ronde ! Ses parents et le staff technique la décrivaient comme gourmande, toujours en train de grignoter un bonbon ou des fraises Tagada. Je me devais de réorienter son alimentation. Le doc  : Julie, je crois que tu manges trop de confiseries. Tu sais que le sucre passe très vite dans le sang et se transforme en graisse. Julie  : Docteur, je ne comprends pas. J’aime le sucre ! Mon corps me le réclame ! C’est que je dois en avoir besoin. Que c’est bon pour ma santé. Je restais intrigué par cette remarque spontanée et pourvue d’un certain bon sens. Passionné de médecine évolutionniste, je m’engage dans une petite enquête bibliographique… et je trouve ce qui m’intéresse. Selon certains paléontologues, il y a 10 millions d’années, deux grandes lignées de singes se sont constituées. La première est restée herbivore. Ces individus ont continué à ne manger que des feuilles. Compte tenu de la faible densité santésportmagazine MARS-AVRIL 2018 nutritionnelle de leur alimentation, ils se devaient d’y consacrer la quasi-totalité de leur journée, à la manière d’une vache qui broute 16 heures par jour. L’autre branche évolutive a eu l’idée de manger des fruits. Peut-être déjà un peu plus malins que leurs LES GLUCIDES ÉTAIENT LE REMPART AU MUR DU MARATHON condisciples, ils allaient enclencher le cercle vertueux. Attirés par le goût sucré des fruits, ils ont ingéré des aliments particulièrement riches en micronutriments. De fait, ils consacraient beaucoup moins de temps à leur nutrition ; ils pouvaient désormais jouer et entretenir des liens sociaux complexes. Certains d’entre eux sont-ils des ancêtres des hommes jouant à la PlayStation et buvant des sodas ? GLUCIDOPHILE ET LIPIDOPHOBE Dans les années 1980, le sportif était glucidophile ! Il aimait les glucides et la faculté de médecine l’encourageait dans sa démarche nutritionnelle. Il fallait ingérer de grandes quantités de pâtes pour courir longtemps ou tenir cinq sets au tennis. Comme
souvent, un best-seller destiné au grand public avait emboîté le pas à la recherche et diffusé l’information. À cette époque, il s’agissait de Manger pour gagner du docteur Robert Haas. On y apprenait qu’Ivan Lendl, numéro un mondial de tennis, alternait les spaghettis, les tagliatelles et les coquillettes. Les glucides représentaient 70% de ses apports caloriques. À cette époque, on confondait « sucres lents » et « sucres complexes ». En effet, l’amidon du pain et des nouilles est une longue chaîne de glucose. On pensait que nos enzymes digestifs mettaient du temps à les couper. Ainsi, ils passaient lentement dans le sang. Les muscles n’étaient pas débordés par une invasion de glucose et pouvaient les stocker progressivement sous forme de glycogène. Le fructose avait la cote. Il était considéré comme un « super sucre lent ». En effet, le foie devait le transformer très progressivement en glucose. De fait, il était dit « glycopéxiant », c’est-à-dire propice à se transformer en glycogène musculaire. Le concept de « mur du marathon » faisait son apparition, alors que cette distance regroupait de plus en plus de partants et que les femmes bataillaient pour avoir le droit d’y participer. Cette brusque défaillance survient aux alentours du 30 e kilomètre. Elle semblait correspondre à l’épuisement des stocks de glycogène au sein des muscles, confirmant ainsi l’opportunité de maximiser les réserves. En effet, on pensait qu’il était impossible d’utiliser les graisses, car leur combustion impose la présence d’un catalyseur biologique dérivé des glucides, l’oxaloacétate. De fait, les stratégies nutritionnelles des skieurs de fond d’Europe du Nord allaient se diffuser sur toute la planète sportive. Le « régime dissocié scandinave » consistait à effectuer une séance particulièrement longue sept jours avant la compétition. Il fallait vider le stock de glycogène. Lors des trois jours suivants, la ration devait exclure tous les glucides. Se contenter de protéines et de gras  : pas facile ! Le tube digestif n’appréciait pas ! Il manifestait sa désapprobation sous forme de nausées et de lenteur du transit. Au cours de la première étape, il était nécessaire de continuer l’entraînement, histoire de racler le glycogène dans les fonds de tiroir. Inutile de vous préciser que les séances se révélaient particulièrement pénibles et ce, peu de temps avant une épreuve importante. Lors des trois jours qui précédaient la compétition, on inversait la procédure. Repos complet et glucides à fond. Le repas type commençait par un taboulé, se poursuivait avec des spaghettis bolognaises et se terminait par un gâteau de riz. La méthode revendiquait un doublement des stocks de glycogène ! Cette grosse consommation de glucose dépassait souvent les aptitudes digestives. De l’amidon arrivait dans le côlon. Il y nourrissait la flore intestinale. Cette fermentation provoquait des ballonnements douloureux et parfois des diarrhées pendant la course. La « pasta partie », cette orgie de spaghettis organisée la veille de la course, tenait de la même logique. Malheureusement, à distance du dernier entraînement difficile, les muscles n’avaient plus la réactivité nécessaire pour accroître le stockage du glycogène. Ce repas pantagruélique ne pouvait revendiquer qu’une légère augmentation des réserves situées dans le foie. Sans compter que ces dernières ne contribuaient qu’au maintien de taux de sucre dans le sang et ne participaient pas vraiment à la dépense énergétique musculaire. À cette époque, on découvrait aussi, « l’augmentation de la sensibilité à l’insuline » et la « fenêtre métabolique ». Le premier concept signifie que chez le sportif, il faut peu d’insuline pour faire LE SEL EST LE BIENVENU DANS L’ALIMENTATION DU SPORTIF entrer le glucose dans les muscles et en faire du glycogène. De fait, le sucre ne reste pas longtemps dans le sang et ne se transforme pas en graisse. Le second précise que ce phénomène prédomine après l’effort et peut se prolonger 48 heures, attestant de l’opportunité d’un entraînement trihebdomadaire pour réduire le risque de diabète et de surpoids. Ainsi, le sportif assidu pouvait-il manger des sucreries et des féculents sans crainte ! Il y a 30 ans, les sportifs prenaient soin d’éviter les graisses. Elles apportaient neuf kilocalories par gramme contre quatre pour les glucides. De surcroît, aucune dépense d’énergie n’était utile pour les stocker dans le tissu adipeux, contrairement aux sucres et aux protéines qui doivent être transformés en acides gras. On parle de « chaleur spécifique ». Cette équation biochimique mettait aussi en évidence que les graisses pouvaient être synthétisées et qu’il était inutile d’en apporter. On évoquait à peine les vitamines A, D et E solubles dans les graisses et absorbables uniquement en leur présence. Le cholestérol était l’ennemi à abattre, il se déposait dans les artères, il finissait par les boucher et provoquait des crises cardiaques. Même chez les sportifs « brûleurs de calories », les graisses avaient mauvaise réputation. Une fois installées sur le ventre ou sur les hanches, elles seraient difficilement mobilisables. Le sel Tes performances se préparent maintenant ! a préparationlkweiMeruniigt&railwww.atlettcruncom 33 [.1 MARS-AVRIL 2018 santésportmagazine



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