Question Psycho n°18 nov-déc 09/jan 2010
Question Psycho n°18 nov-déc 09/jan 2010
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°18 de nov-déc 09/jan 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 43,4 Mo

  • Dans ce numéro : devenir autonome et croire en soi...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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dre disgrâce, le moindre signe de relâchement devient une angoisse, d'autant plus insupportable qu'elle nous exposerait d'emblée à la pénalisation sociale. Le corps est épilé, hydraté, tonifié, raffermi, assoupli, adouci, lissé, gonflé de silicone, infiltré de vitamines et toujours tourné vers cette quête laborieuse de perfection. Il se porte comme un nouveau vêtement sans faille, sans couture, sans accroc, sans plissure. Et tout le monde plus ou moins tente de se cacher derrière ce corps, que l'on a pas choisi, mais qui nous sert bien à nous camoufler. Du moins, ça ne peut pas être le cas de tout le monde. tre superbe, cela n'est pas donné à tout le monde. Nous sommes ordinaires. Du coup, ces fausses valeurs nous amènent à être complexés et ce sentiment d'indignité est parfois très virulent et peut saper toute confiance en soi. Mais la beauté ou l'image qu'on se donne n'est qu'un masque qui cache nos insuffisances, nos manques qui restent là, latents. Et n'y a t-il pas lieu de s'interroger sur cette volonté de rejoindre la norme, de moduler son image pour qu'elle soit parfaite, lorsqu'il ne s'agit pas tant de norme ou de perfection, que d'idéalisation et de fantasme ? Pourquoi est-il si dangereux de réagir uniquement par rapport aux autres, de se construire une sorte de carapace ? Prisonnier du masque Nous le pressentons  : la personne devient facilement esclave du miroir, de ces miroirs que lui tendent les autres ou qu'elle se tend elle-même, prisonnière aussi du personnage 28 social dont elle croit devoir jouer le rôle. Si nous souffrons de nos idéalisations, c'est que derrière se cache cette peur de s'affirmer et d'oser les différences. Les idéalisations nous cachent à nous-même, au monde tel qu'il est. Elles nous empêchent de vivre et de véritablement nous exprimer, ce qui peut finir par nous rendre amers ou pleins de ressentiments. Détecter ce qui ne va pas chez les autres peut sembler facile, comme il peut nous paraître plus simple de dissimuler les aspects de notre personnalité que nous trouvons négatifs. De cette façon, aucun étiquetage extérieur ne permet de supposer ce qui est pour nous source de mal-être, et nous nous sentons plus libres d'user de petits mensonges envers notre entourage et envers nous-même. Mais est-ce cette fameuse image qu'on renvoie, qui renseigne sur la valeur de notre personne ? N'y a t-il pas un danger à prendre pour une réalité immuable l'image que notre entourage s'est faite de nous ou que nous nous sommes faite de lui ? Combien d'enfants offrent à leurs parents l'apparence qu'ils attendent, font semblant d'être untel ou untel, au point de devenir un jour esclave de leur personnage ? Si une clef de voûte de la relation à soi-même, aux autres et au monde réside dans la façon d'utiliser les images, n'est-il pas dangereux, de se cacher derrière ? Oscar Wilde a écrit que « ceux qui portent un masque sont condamnés à le porter », ce qui est malheureusement très juste. Quête de soi avec et sans les autres Mais méfiance, si toute image est considérée comme une vérité ou comme un jugement, elle n'est qu'une opinion, une possibilité, en aucun cas une vérité. Nous n'avons pas choisi ce corps. Personne ne l'a choisi. Alors est-ce tout ce que nous sommes ? Besoin de se rassurer, manque de confiance en soi, l'image que les autres ont de nous est primordiale. Pourtant, penser cela, c'est faire semblant de croire que tout est simple, et encore plus, que nous sommes réductibles à ce que les autres pensent de nous. Connaît-on mieux les autres en leur collant une image qui les enferme dans un modèle explicatif, d'où sont exclus les émotions, l'inattendu et ce que précisément la personne tait. Pouvoir faire abstraction du regard des autres est une absolue nécessité, il faut savoir se confronter à soimême, pour apprendre à être avec l'autre. Chacun a besoin de l'ennui et de la solitude pour savoir où il se trouve, donc pour mieux être avec l'autre. La solitude le rend humain autant que l'autre. Et quelquefois le regard de l'autre ne cherche qu'à nous posséder et quelque part à nier notre existence. Prétendre tout comprendre de l'autre, c'est chercher à prendre sa place. Mais s'il est important de savoir qui nous sommes au-delà de ce regard, il ne faut pas s'y soustraire. La rencontre avec autrui bouscule, décentre, émancipe. Fini le face ronronnant avec soi-même. Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre. Autrement dit, les peurs qu'on ressent face au regard des autres ou ce besoin en permanence d'être rassuré par lui, indique qu'il faudrait instaurer un rapport plus sain et créatif avec autrui. Puisque ce regard est incontournable, autant le positiver...• À LIRE Faire la paix avec soi-même 1 ; 'paix Saverio Tomasella.,., ; -même Éditions Eyrolles. 188 p.17 € . Vivre avec soi Jacques Salomé. Les Éditions de l'homme. 244 p.18, 20 € .
#dfi !.l§il. ! JU ; l ; lii ; lii ; M est psychothérapeute de couple. Elle est nota mment l'auteur de C'est de ta faute'Peur, pouvoir et rivalité dans le couple et de Ces femmes qui en font trop publié chez Desclée de Brouwer. L'importance du regard amoureux Tout commence souvent par un regard, puis on se noie dans les yeux l'un de l'autre et plus tard, bien plus tard, arrive la plainte  : "Tu ne me regardes plus ! ". Autant dire que l'amour est finalement bien loin d'être aveugle ! Comme le regard de notre mère lorsqu'on était enfant, le regard amoureux constitue un espace privilégié de la construction de soi, souvent fédérateur de nos" moi " multiples. D ans son ouvrage Le phénomène érotique, le philosophe Jean­ Luc Marion donne le ton  : « C'est par l'amour de l'autre, qui nous sauve de la haine de soi, que nous pouvons devenir aimables et nous aimer nous-même. C'est le désir de l'autre qui me fait vivre. » Goethe lui-même faisait dire à son jeune Werther « Combien je m'adore depuis qu'elle m'aime ! ». Première étape, le regard amoureux nous amène sans aucun doute à nous accepter nous-même à travers son effet "validant ", en transformant la vilaine grenouille en princesse. En témoigne Valérie, informaticienne de 29 ans  : « Avoir un amoureux est déterminant dans l'estime que je peux avoir Il ne faut pas confondre l'amour et le regard amoureux"de moi-même. Je pense que c'est une nourriture aussi importante pour l'âme que boire et manger peuvent l'être pour le corps. » La psychothérapeute Catherine Serrurier qui entend souvent en consulta- tion « Je me sens nulle parce que je n'ai personne », confirme cet état de fait. Le regard amoureux semble pour beaucoup indispensable pour asseoir leur valeur à leurs propres yeux. Un sentiment de sécurité De même qu'un enfant se construit en fonction de ceux avec qui il tisse des liens quotidiens et réels, de même l'individu continue de se construire à travers un regard aimant et CATHERINE SERRURIER Psychothérapeute " Le regard amoureux confirme l'identité sexuelle" En quoi le regard amoureux participe-t-il à la sur nous dans l'enfance ? que nos parents ont posé construction de notre Oui. Par exemple, il va manquer quelque chose d'impor­ identité ? En premier lieu, il est constitutif de notre personnalité n'ont pas été regardées par tant à beaucoup de filles qui sexuée. Chez les ados par exemple, il permet d'accéder leur père. À travers des liaisons multiples, elles vont éperduà son identité de femme ou ment rechercher ce regard. d'homme. Le regard amoureux permet à une femme d'être plus femme, de grandir dans sa féminité. Les hommes aussi lorsqu'ils sont aimés changent considérablement, ils reprennent confiance en eux. Le regard amoureux confirme l'identité sexuelle. Ce regard rappelle celui Est-il possible de s'aimer vraiment sans ce regard ? Cela demande un plus gros travail sur soi, c'est beaucoup plus difficile. Car l'autre dans la relation amoureuse nous révèle aussi des qualités dont on n'est pas conscient, il nous aide à sortir le meilleur en nous. 29



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