Question Psycho n°18 nov-déc 09/jan 2010
Question Psycho n°18 nov-déc 09/jan 2010
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°18 de nov-déc 09/jan 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 43,4 Mo

  • Dans ce numéro : devenir autonome et croire en soi...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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L'adolescence représenteelle une période où le regard des autres est particulièrement difficile à supporter ? Oui, tout à fait. L'adolescence correspond à une période de maturation psychique et physique au cours de laquelle l'enfant va peu à peu devenir 24 adulte. Ce stade transitoire où l'image de soi change s'accompagne de transformations corporelles importantes qui vont radicalement modifier les rapports aux autres. Autrement dit, la période de l'adolescence correspond à une véritable crise identitaire et, dans ce contexte, une anxiété sociale apparaît naturellement, sans pour autant devenir pathologique. Dans le cas de l'adolescence précisément, comment se manifeste cette anxiété sociale ? Le plus généralement par un repli sur soi, par une difficulté à parler avec les adultes ou parfois encore par un surinvestissement des jeux vidéos. Généralement, comment un individu, adulte ou adolescent, arrive-t-il à surmonter son anxiété sociale ?
Je crois qu'avant toute chose il est nécessaire de différencier timidité et phobie sociale. La timidité s'applique aux cas où la peur des autres reste légère. Elle peut conduire à se tenir en retrait, à ne pas oser prendre la parole devant un inconnu. Mais ici, il suffit que le timide soit mis en confiance pour qu'il retrouve ses capacités orales ou gestuelles. En revanche, la phobie sociale, elle, est beaucoup plus inhibitrice. Provoquée par une mauvaise estime de soi, elle se traduit par un degré d'angoisse très élevé et difficilement contrôlable. À tel point que le phobique organisera bien souvent sa vie pour ne plus être confronté à des situations sociales jugées insurmontables. Du reste, les personnes qui viennent consulter sont plus souvent des phobiques totalement paralysés par leur pathologie que de simples timides. Pour surmonter sa phobie sociale, le patient devra apprendre, en collaboration avec le thérapeute, à travailler sur trois points particuliers  : l'amélioration de ses compétences sociales, l'acceptation de soi et la révélation de soi. Pouvez-vous expliciter ces trois points ? Le travail sur l'amélioration des compétences sociales consiste à apporter à un sujet trop inhibé les matériaux nécessaires à une amélioration de ses compétences en communication  : apprendre à écouter l'autre, à respecter les silences, à être précis dans ses propos et à concevoir le dialogue comme une interaction entre deux individus. Ce type de travail aide tout simplement à faciliter l'expression verbale et à mieux s'affirmer. Le travail sur l'acceptation de soi consiste à critiquer les préjugés qu'un individu se porte. Autrement dit, il s'agit ici de regagner l'estime de soi nécessaire à l'équilibre psychologique de tout être humain. Dernier point  : la révélation de soi. Elle consiste à retrouver la capacité de parler de soi, de ses symptômes, de ses peurs. Il convient par exemple d'accepter lors d'un dîner où nous ne connaissons personne, que nous sommes un peu impressionnés, plutôt que de vouloir paraître à l'aise et se mentir à soi-même. Par ailleurs, il est bon de savoir que ces différents travaux thérapeutiques de remise en question de soi, nécessaires à la reconnaissance de ses points faibles et de ses points forts, s'accompagnent d'exercices pratiques. C'est-à-dire ? D'abord, l'exposition aux situations redoutées. Ici, le patient va essayer d'affronter sa peur en abordant graduellement les situations sociales qu'il redoute, par exemple parler à un inconnu dans la rue, de sorte à réfléchir sur ses blocages et à les dépasser. Ensuite l'exposition aux conséquences redoutées. Les anxieux sociaux imaginent des scénarios dans lesquels ils sont ridiculisés, rejetés, dévalorisés si on découvre leur anxiété. Sous la forme de jeux de rôles, nous les confrontons à ces scénarios afin qu'ils puissent apprendre à gérer ce type de situations. Par exemple, nous allons parler de leur rougissement et les questionner dessus. Cet exercice a pour but de leur permettre de gérer ce type de situation plutôt que de l'éviter, pour leur faire prendre conscience que leurs scénarios catastrophes et leurs prédictions sont erronées. Enfin, la restriction cognitive consiste à faire prendre conscience à un individu que les préjugés qu'il se porte ne sont que des hypothèses, qu'elles ne sont en rien des vérités. Il s'agira donc ici d'enrayer ces hypothèses en les critiquant afin d'avoir une vision plus objective de la situation. Les angoisses sociales sontelles plus féminines que masculines ? Non, pas particulièrement... Elles concernent un peu plus les femmes que les hommes. Cela étant, un homme qui a peur d'affronter le regard des autres va généralement plus en souffrir qu'une femme. Pour dire autrement, la timidité, chez une femme, peut être génératrice de charme, tandis que la timidité masculine, elle,'La timidité peut être génératrice de charme"d'un point de vue culturel, est beaucoup plus difficile à accepter. Un homme timide sera donc davantage malmené qu'une femme. Par ailleurs, ce qu'il est important de comprendre, c'est que les gens timides sont globalement des gens calmes, discrets, nonconflictuels... et donc bien appréciés de leur entourage. En revanche, eux, présupposant qu'ils donnent une mauvaise image de ce qu'ils sont réellement, sont généralement persuadés du contraire. De là, il apparaît clairement que la timidité naît au cœur de cette distorsion entre l'image que le timide donne de lui-même et la perception que les autres ont de lui... Qu'est-ce qu'une personne sûre d'elle possède de plus qu'une personne timide en situation sociale ? Une personne qui a une certaine aisance sociale s'intéresse aux autres. La personne timide, bien au contraire, est une personne auto-centrée, c'est-à-dire centrée sur son ressenti intérieur plus que sur son interlocuteur. De là naissent ses sensations qui parasitent la relation et sont source de peur et de honte. Existe-t- il des traitement s médicamenteux contre l'anxiété sociale ? Oui. Mais il faut d'abord comprendre que les traitements médicamenteux sont réservés aux formes généralisées de la phobie sociale qui s'accompagnent d'un niveau de souffrance et de handicap très élevé. Ensuite, il faut savoir qu'il n'existe pas à proprement parler des médicaments " anti-timidité ", comme il existe des antibiotiques contre les infections. Non. Les médicaments utilisés dans le cas des phobies sociales sont des antidépresseurs et des bêtabloquants. Les antidépresseurs permettent d'agir sur les troubles psychologiques tels que l'anxiété, les peurs, les impressions de menace. Ils permettent de rendre les sujets moins susceptibles, moins préoccupés par le jugement des autres et ils diminuent fortement l'angoisse en situation sociale. Les bêtabloquants, eux, sont des médicaments largement utilisés en cardiologie pour lutter contre l'hypertension artérielle et prévenir l'infarctus du myocarde. Ils réduisent les symptômes physiques liés à l'anxiété  : tremblements, rougissements, palpitations. Particulièrement indiqués pour réduire l'anxiété de performance comme le trac, de nombreux acteurs en prennent une ou deux heures avant leurs prestations.• 25



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