Pêche Mag n°18 2019
Pêche Mag n°18 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de 2019

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : nos territoires ont la pêche !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 GRAND TÉMOIN Emmanuelle Wargon Secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon a été nommée le 16 octobre 2018, secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy. Coordinatrice du « Grand Débat national », au côté du ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, elle pilote également, le premier Comité de pilotage de la deuxième séquence des Assises de l’eau qui visent à trouver des solutions pour permettre aux territoires et à l’ensemble des acteurs d’adapter leur gestion de l’eau à l’heure du changement climatique. Vous avez été une des animatrices du Grand Débat. A l’issue du bilan présenté par le Président de la République, quelle est selon vous la place de la transition écologique ? L’écologie a été l’un des thèmes centraux du Grand Débat. Les dérèglements climatiques et leur impact sur la vie quotidienne ainsi que l’urgence à agir sont deux constats partagés par l’ensemble des Français. Nos concitoyens nous ont demandé de les aider à faire cette transition en accompagnant les plus fragiles et en permettant à chacun de rendre ces choix possible. Pour réussir ces changements, c’est tout notre modèle qu’il nous faut transformer et le défi qui est le nôtre est de le faire le plus vite possible. Le Président l'a dit durant le Grand Débat de Gréoux-les-Bains  : nous devons aller plus vite, plus fort, plus loin. Les annonces faites par le chef de l’État lors de la conférence de presse à l’issue du Grand Débat vont nous permettre de rendre cette ambition concrète. Le Conseil de défense écologique, par exemple, est un outil opérationnel de mobilisation générale autour du Président de la République et de prise de décision qui permet d’engager tous les membres du Gouvernement concernés vers cette transition écologique et solidaire. D’autre part, un groupe de 150 citoyens, tirés au sort, va plancher sur des sujets liés à la transition écologique en recherchant des solutions concrètes dans les prochains mois. Donc, oui, la place de la transition écologique est centrale au sein de la politique du Gouvernement  : c’est un défi majeur de notre génération et nous mettons tout en œuvre pour conduire des transformations visibles. Vous pilotez également les Assises de l’eau. Que ressort-il de ces Assises ? Les Assises de l’eau que je conduis font N°18 Édition 2019 Fédération Nationale de la Pêche en France suite à une première séquence dédiée aux services d’eau et d’assainissement, qui ont fait l’objet d’annonces par le Premier ministre en août 2018. L’objectif de ce second volet est d’élargir le sujet à l’impact du changement climatique sur la ressource en eau et sur nos usages de cette ressource. « Dans un contexte de changement climatique et de raréfaction de la ressource en eau, il nous faut la remettre au cœur des réflexions. » Les projections climatiques et hydrologiques montrent clairement que cette ressource vitale sera de moins en moins disponible. Il est donc essentiel de mieux la protéger, à commencer par les captages qui nous alimentent en eau potable. Il est également primordial de l’économiser et de la partager équitablement, en fonction des besoins prioritaires, sans oublier ceux des milieux aquatiques. Les dérèglements climatiques seront également des phénomènes extrêmes plus fréquents (pluies intenses et inondations, sécheresse). Les solutions fondées sur la nature peuvent être mobilisées  : les zones humides stockent de l’eau, en plus du carbone, et la restituent en période de sécheresse. Lorsqu’on donne plus d’espace aux cours d’eau, on atténue les effets des inondations. Ces sujets sont mis en œuvre principalement à l’échelle locale. Un des constats unanimement partagés par les participants est qu’il faut mieux intégrer les enjeux de l’eau dans les politiques agricoles et dans celles de l’urbanisme et de l’aménagement. L’eau leur est indispensable, mais nous nous sommes habitués à sa présence et sa disponibilité. Dans un contexte de changement climatique et de raréfaction de la ressource en eau, il nous faut la remettre au cœur des réflexions. Le projet de loi sur l’Office français de la biodiversité est en cours de discussion au Parlement. A l’issue des premiers débats, ce projet de loi traduit-il la volonté de la biodiversité terrestre d’absorber la politique de l’eau ? On aurait tort d’opposer biodiversité terrestre et biodiversité aquatique, ou encore biodiversité marine. Elles sont toutes soumises aux mêmes pressions comme l’a parfaitement synthétisé le rapport que l’IPBES, le grand panel mondial des experts de la biodiversité, a présenté à Paris début mai  : l’artificialisation et la fragmentation des milieux, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique, les pollutions et les espèces exotiques envahissantes. Il nous faut combattre ces facteurs de perte de biodiversité de façon globale. L’ambition qui était portée par l’AFB était justement de s’intéresser à tous les écosystèmes. Malheureusement, les conditions n’avaient pas été réunies au moment de sa création pour y intégrer l’ONCFS, et ses compétences sur la biodiversité terrestre. Ce projet de loi va permettre de créer ce grand acteur inédit et tant attendu ! Les discussions parlementaires sur l’établissement se sont beaucoup concentrées sur le conseil d’administration, dans lequel de nombreuses parties prenantes souhaitent être représentées. Cela montre tout l’intérêt pour ce futur établissement et l’éventail très large des secteurs et acteurs concernés par la biodiversité.
Croyez-vous que le parlement saura allouer les moyens nécessaires pour répondre à l’ambition portée par le futur OFB ? En tout état de cause, c’est une demande que je porte avec force et ténacité ! Les parlementaires, comme le reste de la population, sont de plus en plus sensibles aux enjeux de biodiversité. La discussion budgétaire devra naturellement tenir compte de l’enjeu de maîtrise de la dépense publique et de la demande de réduction de la pression fiscale qui s’est exprimée clairement dans le cadre du Grand Débat. Mais il importe en effet que ce nouvel établissement dispose des financements nécessaires pour mener à bien ses missions importantes. La police de l’eau, de l’environnement et de la pêche restent-elles une mission prioritaire de ce futur établissement ? La police de l’environnement dans son ensemble est bien une des grandes missions de ce futur établissement. Le projet de loi renforce par ailleurs les prérogatives des inspecteurs de l’environnement afin qu’ils puissent mener la plupart de leurs enquêtes sans avoir à se dessaisir au profit d’officiers de police judiciaire, moins spécialisés. Un des enjeux de la préfiguration en cours est d’assurer une présence forte sur le terrain, notamment dans les espaces ruraux. La mission de police s’articulera avec les quatre autres missions clés  : la connaissance, indispensable à l’action, la gestion d’espaces protégés, la mobilisation des acteurs et l’appui à la mise en œuvre des politiques en faveur de la biodiversité. Il ne s’agit pas de les opposer mais bien d’assurer une efficacité de l’action de l’établissement par leur complémentarité. Ministère de la Transition écologique et solidaire « Lorsqu’on donne plus d’espace aux cours d’eau, on atténue les effets des inondations. » BIO EXPRESS Emmanuelle Wargon débute sa carrière en 1997 comme auditrice puis conseillère référendaire à la Cour des comptes. En 2001, elle rejoint le cabinet de Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé. Un an plus tard, elle devient directrice générale adjointe de l’Agence française de sécurité sanitaire des Produits de Santé (Afssaps). En 2006, elle est nommée directrice adjointe chargée de la coordination et du contrôle interne à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), avant de devenir en 2007 directrice de cabinet de Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté. En 2010, Emmanuelle Wargon est nommée secrétaire générale des ministères chargés des affaires sociales (santé, travail, sport), puis devient déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de 2012 à 2015. Elle rejoint le groupe Danone en 2015 en tant que directrice générale en charge de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE), des affaires publiques et de la communication. Le 16 octobre 2018, elle est nommée secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy. Emmanuelle Wargon est née en 1971 et est diplômée de HEC, Sciences Po Paris et l’ENA. N°18 Édition 2019 Fédération Nationale de la Pêche en France 17



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