Pêche Mag n°14 2015
Pêche Mag n°14 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de 2015

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : la loi biodiversité, avancées et risques pour la politique de l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[DOSSIER] LOI BIODIVERSITÉ AVANCÉES ET RISQUES POUR LA POLITIQUE DE L’EAU Le trafic de carpes dans la ligne de mire a De nombreuses carpes sont prélevées du domaine public et des parcours associatifs et introduites dans des pêcheries privées, au mépris de la loi. Un trafic organisé dénoncé de concert par les fédérations départementales, la FNPF et l’Union des Carpistes Libres. 1 - https://lacatac.wordpress.com Un trafic international sommes totalement débordés et avons besoin d’aide pour instruire les nombreux cas qui nous sont « Nous signalés », tel est le cri d’alarme de Christophe Courtois, président de l’Union Nationale des Carpistes Libres (UNCL) et de sa cellule anti trafic, la CATAC. Sans qu’il soit possible de chiffrer les dommages, de nombreuses carpes sont prélevées sur le domaine public et les parcours associatifs et introduites dans des pêcheries privées, au mépris de la loi et des finances publiques ou associatives. « C’est un trafic organisé », confirme Maurice Lebranchu, président de la fédération de pêche des Côtes-d’Armor et responsable de la Commission Développement à la FNPF. « Les gros poissons disparaissent des eaux libres, l’image qualitative de nos parcours s’en trouve dévalorisée et les pêcheurs de carpes les désertent  : nous perdons des cartes de pêche chaque année sur certains secteurs ! » Contre cela, il faut que la loi, qui interdit de transporter une carpe vivante de plus de 60 cm, soit appliquée et que les sanctions aux contrevenants soient dissuasives. Pénaliser plus durement ce trafic La FNPF étudie actuellement l’idée d’augmenter l’amende encourue pour la faire passer à 50 000 Jusqu’à 20 000 livres  : c’est la valeur d’une carpe de 25 kg sur le marché noir au Royaume-Uni ! C’est ce que le CEFAS, partenaire anglais de l’UNCL, est venu expliquer à la FNPF récemment. Le trafic de carpes est international. Pour des raisons sanitaires, les carpes interceptées à Douvres sont tuées  : ce fut le cas en 2010 de 120 poissons d’environ 16 kg venus de France… euros au lieu de 22 500 et qu’elle soit assortie de six mois de prison. La valeur de certaines carpes trophées est en effet telle qu’il s’agit de sanctionner à la hauteur des profits possibles (lire encadré). Encore faut-il que les coupables soient identifiés. C’est le travail de fourmi de l’UNCL qui enquête actuellement sur près de 200 cas signalés sur son blog 1. Mais elle a besoin d’aide, par exemple des gardes particuliers des Associations Agréées de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques. « Nous devons former nos gardes à avoir l’œil. Ils pourraient identifier les fraudeurs et les signaler à la police de l’eau (Onema ou ONCFS) ou à la gendarmerie, qui est preneuse d’informations. En sachant repérer les comportements suspects, nos gardes pourraient être de très bons agents de renseignements », poursuit Maurice Lebranchu. Il faut également que les poissons soient identifiés. Ainsi, mi-avril, les premières grosses carpes, récupérées à l’occasion de la vidange de la retenue de Guerlédan, étaient tatouées avant d’être remises à l’eau sur d’autres sites  : autant de poissons dont on pourra prouver la provenance. « Ce serait intéressant également que la FNPF participe à une étude dans le domaine de la scalimétrie, l’étude des écailles, pour avancer sur la photo-identification des individus ». Tous concernés Il faut que tous les pêcheurs se mobilisent  : en s’abstenant d’encourager ce trafic, en signalant les comportements suspects, notamment lors des pêches de nuit. « Il faut venir à bout de ce pillage public qui est un véritable fléau et se reporte sur d’autres espèces », préviennent de concert Christophe Courtois et Maurice Lebranchu. N°14 Édition 2015 Fédération Nationale de la Pêche en France ÉCONOMIE 35
Facteur de cannes  : un métier qui allie l’art et la passion de la pêche Franck Slaghenauffi dans son atelier à Theix, travaillant un manche de canne à pêche. La pêche, c’est une histoire d’artisans passionnés qui réalisent de véritables œuvres d’art, à la manière des grands luthiers français. Rencontre avec l’un d’entre eux, Franck Slaghenauffi, dont l’atelier de fabrication est basé à Theix dans le Puy-de-Dôme. 36 ÉCONOMIE ÉCONOMIE C’est à Theix, dans son sous-sol voûté, bien loin des regards du monde extérieur que Franck Slaghenauffi officie. Ici, les copeaux de bois volent dans les airs, avant de retomber sur les cheveux, les mains, les épaules. Ici, ça sent le noyer, le buis, le poirier, la sciure et la résine. Ici, nous sommes dans l’antre de l’artiste. Franck fait partie de ces dizaines d’artisans, facteurs de cannes à mouche, de France. Sa particularité ? Ses cannes sont uniques. Ils ne sont que quelques-uns à les personnaliser en totalité, comme lui. Au point que chacune de ses cannes porte un nom. Soul, Siren, Pin’up, Doumé, la Queen Anne’s Revenge… et puis Erine, une des cannes qu’il a fabriquée pour une petite fille de 5 ans à l’époque, suite à la demande de son papa. Chacune de ses créations a une histoire. « Normal », explique-t-il. « Ça ne m’intéresse pas de faire deux fois la même. Un jour un client a voulu une canne que j’avais déjà réalisée. J’ai refusé », souligne cet homme d’une quarantaine d’années. Ses doigts parcourent les morceaux de liège qui, collés les uns aux autres viennent de donner forme à une poignée. « Je commande mes morceaux de liège, puis je les choisis en fonction de leur couleur, de leur densité, selon ce que souhaite le pêcheur », explique-t-il en montrant des lièges exotiques aux particularités uniques. Du noir, du clair, du moucheté… Un contact avec les éléments naturels qu’il aime particulièrement. Le liège, comme le bois qui entre dans la composition du moulinet, font l’objet d’un choix minutieux. Plus tard, cette poignée faite sur mesure pour un client, sera fixée à la tige de carbone, puis gravée. « Le travail le plus délicat, c’est de placer les anneaux sur le carbone », souligne-t-il. Autant de manipulations qui laissent des souvenirs à cet artisan du Puy-de-Dôme. Il se souvient de toutes « ses » cannes à pêche, et notamment de la première qu’il a fabriquée il y a 15 ans avec les conseils de Jacky Boileau, artisan devenu une légende parmi les moucheurs, décédé il y a à peine quelques années (lire le Pêche N°13). Une canne qu’il avait faite pour lui-même avant de la revendre et d’en refaire une autre pour un ami cette fois-ci. Le virus était pris. Franck se rappelle… « La première canne à pêche que j’ai faite pour un ami s’appelait la « métis », une canne hybride à mi-chemin entre la pêche à l’ultra-léger, pêche fine de la truite aux leurres, et celle à la mouche. Elle mesurait un peu plus de 2 mètres. Il suffisait de mettre le talon pour en faire une « ultra 1 » et le démonter pour en faire un ensemble mouche ». Pour lui, le « home made » prend tout son sens dans la pêche, surtout à la mouche, où les pratiquants sont déjà connus pour fabriquer eux-mêmes les fameux leurres à truites faits de plumes de cannes, de poules, de faisans…, dont la pratique tire son nom. « Faire soi-même est une question d’estime de soi et de qualité », souligne-t-il. « Quand on prend son poisson avec une canne que l’on a fabriquée, on est très fier. La pêche, c’est bien mais quand on aime les travaux manuels, c’est encore mieux ! »



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