Pêche Mag n°14 2015
Pêche Mag n°14 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de 2015

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : la loi biodiversité, avancées et risques pour la politique de l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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du retour des migrateurs en 1999 et le nouveau Plan Rhin 2020 adopté en 2001, le saumon a bénéficié, depuis trente ans, à la fois d’aménagements lui permettant de remonter le courant et d’actions de restauration de la qualité de l’eau du fleuve. Dès 1995, un saumon est capturé à Saint-Olivier, au pied du barrage de Gambsheim. Témoin d’une renaissance « L’espèce est le témoin principal de la renaissance du Rhin, symbole de la qualité de l’eau retrouvée », s’enthousiasmait Robert Erb à l’occasion du Symposium Tri régional sur le Saumon organisé en février dernier à Bâle. Mais il reste prudent  : de nombreux obstacles freinent encore le retour du migrateur sur les sites où il est né. « S’il est satisfaisant de voir le saumon revenir à l’échelle du bassin, dans l’Ill, la Bruche, la Lauter, la Fecht… Ce sont les frayères du Rhin qui sont les plus importantes, et celles-ci ne sont pas encore bien accessibles. Cependant, cela prouve que la qualité du milieu s’améliore significativement ». Des obstacles infranchissables Mais à l’aval, dans l’estuaire hollandais, de nombreuses écluses du Haringvliet, destinées à protéger les polders des marées, restent trop souvent fermées, empêchant les migrateurs de quitter les eaux saumâtres. Robert Erb a bon espoir que la question de ces écluses soit réglée comme prévu par le Plan Rhin en 2018. Il relève aussi la question des écluses sur le canal d’Alsace, qui bloquent encore le passage en aval de Rhinau. « Il y a peu de chances qu’elles soient équipées de passes avant 2020 comme la convention le prévoit, car réaliser un ouvrage de franchissement prend du temps à EDF », admet-il. On se dirigerait donc vers l’acheminement de reproducteurs par péniche, entre Rhinau et Vogelgrun. Réintroduire et suivre Le Rhin est aujourd’hui considéré comme l’un des fleuves les plus propres d’Europe et le retour du saumon a beaucoup à voir avec la qualité retrouvée des eaux. Mais il doit aussi beaucoup à l’Association Saumon Rhin, créée par des pêcheurs et des naturalistes en 1992, sous l’impulsion des instances politiques chargées de restaurer l’écosystème du bassin rhénan, alors même que cette espèce est interdite à la pêche. Cinq fédérations de pêche en sont aujourd’hui membres (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Ardennes, Moselle et Vosges), ainsi qu’Alsace Nature, le Conservatoire des sites alsaciens, l’Union Régionale de la Pêche du Grand Est et l’Union des Associations de Pêche et L’alose se refait une santé peu à peu dans le Rhône Avec les nombreux ouvrages hydroélectriques qui jalonnent le Rhône, les populations d’aloses étaient en régression dramatique sur le bassin, alors qu’on les pêchait traditionnellement du lac du Bourget à l’embouchure jusque dans les années 1950. N°14 Édition 2015 Fédération Nationale de la Pêche en France MRM de Protection des Milieux Aquatiques de Strasbourg. Cinq salariés s’occupent au quotidien des missions pour le retour du saumon et des autres espèces de grands poissons migrateurs. Des résultats encourageants À leur disposition, deux stations vidéo installées dans les passes à poissons aménagées respectivement en 2000 et 2006 aux barrages d’Iffezheim (40 km au nord de Strasbourg) et Gambsheim (25 km en amont). À Iffezheim, le suivi scientifique, assuré également par un système de piégeage, permet de comptabiliser en moyenne 70 saumons chaque année (mais aussi des truites de mer, des aloses, des lamproies…). « Ce sont des résultats encourageants », précise Gabriel Edel, directeur de Saumon Rhin. « Ils sont dus à une étroite collaboration entre les membres du Rhin supérieur de la CIPR qui se réunissent régulièrement, harmonisent leurs décisions, coordonnent leurs alevinages... » Ces alevinages (de 300 000 à 500 000 par an) sont encore insuffisants  : « Il en faudrait deux fois plus » pour compenser les pertes au moment de la remontée comme de la descente des cours d’eau. Car l’objectif du Plan Rhin 2020 d’équiper tous les barrages de passes à poissons est loin d’être atteint. Espèce migratrice emblématique du bassin, l’alose est au cœur des missions de l’association Migrateurs Rhône Méditerranée (MRM), créée en 1993 par les pêcheurs à la demande de l’État pour gérer le Plagepomi (Plan de gestion des poissons migrateurs). Celui-ci achève sa troisième phase sur des résultats encourageants puisqu’elle se rencontre jusqu’à plus de 200 kilomètres de l’embouchure du Rhône alors qu’on ne la rencontrait qu’à l’aval du premier barrage (70 km). Bullomètre « C’est l’effet des actions de rétablissement de la continuité écologique des cours d’eau menées avec la Compagnie nationale du Rhône, mais aussi avec les partenaires des territoires, dont les associations de pêche, qui favorisent la libre circulation sur les affluents », explique Isabelle Lebel, directrice de MRM. » > ENVIRONNEMENT 21
Migado Migado Migado Migado t …L’alose se refait une santé peu à peu dans le Rhône En savoir plus 22 ENVIRONNEMENT MRM ENVIRONNEMENT Les pêcheurs aux premières loges du retour des migrateurs Reproduction de grande alose à Bruch (47) pour l’alevinage du Rhin, www.alosa-alosa.eu Transport de grande alose pour reproduction à Bruch (47) Reproduction de grande alose dans le milieu naturel Conditionnement de géniteurs de grande alose pour la reproduction à Bruch (47), www.alosa-alosa.eu « Ainsi, la rivière le Gardon est rouverte sur plusieurs dizaines de kilomètres. L’Ardèche, qui abrite des zones de frayères très intéressantes, fait l’objet d’une forte dynamique locale pour le rétablissement de la continuité écologique ». Ce retour de l’alose est à la fois constaté grâce à des carnets de pêche remplis par les pêcheurs et des suivis de la reproduction sur le terrain. Ces derniers, onéreux, péniblement effectués de nuit pour compter les actes de reproduction, nommés « bulls », devraient pouvoir être automatisés grâce à un « bullomètre » d’ici quelques années. www.migrateursrhonemediterranee.org www.migado.fr www.logrami.fr www.migradour.com www.observatoire-poissons-migrateurs-bretagne.fr http://www.migrateurs-charenteseudre.fr Incertitudes Dans les autres bassins, la situation de l’alose est plus contrastée. Elle continue à se faire désirer en Garonne/Dordogne, malgré un moratoire. Menacée d’extinction dans les années 1980, l’alose avait bénéficié d’actions de restauration et la population avait atteint un pic à la fin des années 1990. Mais les années 2000 ont vu son stock décliner au point que les pêcheurs ont demandé un moratoire en 2008. « On s’attendait à un rebond avec le moratoire, et il n’est pas arrivé », se désole David Clavé, chargé de mission Projet Life Alose à l’association Migado. « Les causes sont incertaines, mais l’exploitation inconsidérée de la ressource a été un élément déclencheur. C’est aussi le résultat de facteurs variés et cumulatifs. Les usages hydroélectriques sur le bassin sont très perturbants, sans compter les pollutions agricoles et urbaines ou le legs de l’extraction de granulats. » Un stock réduit et des conditions de vie incertaines suffisent à bloquer le développement de la population, « qui est moins résiliente que nous le pensions », même si la question du chalutage en mer peut se poser. Des questions Plus au nord, « on a gagné en qualité de l’eau avec la station d’épuration de Saint-Lô », se réjouit Albert Desdevises, président de la fédération de pêche de la Manche. « Et le taux de survie des aloses s’améliore. Avec plus de 3 000 individus recensés en 2013, on peut être satisfait, même si l’on ne connaît pas les capacités d’accueil de la Vire », explique Fabien Goulmy, chargé de mission, ce qui permettrait des comparaisons. Ce regain d’abondance, constaté également dans la Douve, la Sée et la Sélune, est-il vraiment un retour ? Y avait-il des aloses dans la Manche aux siècles précédents ? Il n’existe pas de tradition de pêche à l’alose ici… Ce poisson opportuniste bénéficie en tous cas des améliorations des habitats et de la libre circulation sur certains axes grâce au travail mutuel des fédérations de pêche et des associations pour les poissons migrateurs.



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