Pêche Mag n°14 2015
Pêche Mag n°14 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de 2015

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : la loi biodiversité, avancées et risques pour la politique de l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DE LE POIDS L’EAU DE LA PÊCHE DE LOISIR 1 - Etude INSEE la population des régions en 2040. l’UFBRMC. Ce bassin fait partie, avec ses zones de montagne, des plus impactés par ce type d’ouvrages. C’est aussi la région de France où le nombre de nouveaux projets est le plus important. Autant de pressions sur les milieux aquatiques qui peuvent poser de grandes difficultés quant à l’atteinte des objectifs de la DCE. « Nous demandons prioritairement l’optimisation de l’existant. Concernant les nouveaux ouvrages, il faut qu’il y ait un vrai enjeu de production d’électricité et une valorisation économique, touristique et environnementale autour de ces derniers. Nous nous opposons aux ouvrages qui ne bénéficient qu’à des acteurs privés et non à la collectivité entière », prévient le président. Des préconisations d’autant plus importantes que le rapport 2014 de l’agence de l’eau sur l’état des eaux du bassin RMC montre que seuls « 52% des masses d’eau sont en bon état ». Des chiffres comparables à aux autres SDAGE  : le projet de SDAGE d’Adour-Garonne prévoit de reporter à 2027 le bon état écologique pour 543 masses d’eau superficielles sur les 2 809 recensées. Des exemples parmi tant d’autres, qui soulignent néanmoins la difficulté rencontrée par les Comités de Bassins de résoudre l’équation « bon état des cours d’eau » et « pressions économiques, industrielles et démographiques. » A titre d’exemple, le bassin RMC est fortement impacté par la croissance démographique. La région, et plus particulièrement le Languedoc-Roussillon 1, connaîtra la plus forte augmentation de population d’ici 2040. Un point sur lequel l’UFBRMC est particulièrement vigilante. « Nous avons souligné la nécessité d’arrêter de construire des habitations dans les zones inondables, dans le cadre de l’élaboration du SDAGE. Pas uniquement parce que ces aménagements détruisent les milieux aquatiques (endiguement, destruction de zones humides…) mais aussi dans un souci de protection des populations locales », indique Gérard Guillaud. L’intérêt de regrouper l’expertise des pêcheurs par bassin est grand  : chacun présentant des particularités environnementales qui lui sont propres. « Le bassin RMC est à la fois une région touchée par des problématiques liées à la gestion quantitative de la ressource en eau, mais aussi par des particularités topographiques qui font des têtes de bassin des réservoirs biologiques d’importance, avec la présence de nombreuses espèces patrimoniales (truites, chabots, écrevisses à pieds blancs, …). Ces têtes de bassin ensemencent les zones situées en aval », rappelle Fabien Chiri. Le projet de SDAGE recense 646 réservoirs biologiques en Rhône-Mediterranée. Les fédérations se sont prononcées sur 126 d’entre eux… pour les ajouter à la liste ou bien les retirer lorsqu’ils ne présentent pas d’intérêt biologique particulier, justifications à la clé. Pour Jean-Paul Doron, cette concertation, et le rôle des pêcheurs, sont d’autant plus importants que la pression des acteurs économiques, N°14 Édition 2015 Fédération Nationale de la Pêche en France Les PDPG  : un nouveau pas vers la reconnaissance Avec la nouvelle trame des Plans Départementaux pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles (PDPG) servant à la réactualisation prévue par 34 fédérations d’ici deux à trois ans, les pêcheurs feront un nouveau pas vers la reconnaissance de leur expertise. Le projet de Loi sur la biodiversité les reconnaît comme documents de référence. Par ailleurs, le projet de SDAGE RMC 2016-2021 reconnaît aujourd’hui explicitement le rôle des PDPG en termes de gestion piscicole, mais également en termes de préservation et restauration des milieux aquatiques. en particulier agricoles et hydroélectriciens, est forte actuellement. « Au regard des états des lieux de 2013, du niveau des pollutions diffuses et de la dégradation de l’hydromorphologie, cette pression est intolérable. Elle s’évertue à amoindrir la portée des Sdage, alors que la dégradation de l’eau et des cours d’eau est manifeste et que nous sommes loin des objectifs fixés par la DCE », poursuit-il, regrettant que l’eau, qui « emporte une notion de partage et de responsabilité individuelle et collective », soit l’objet d’une « spéculation et appropriation par certains acteurs économiques, au détriment de l’intérêt général et à des coûts économiquement et socialement inacceptables. » Ici, il s’agit avant tout de faire peser le point de vue des pêcheurs, qui est, note Gérard Guillaud, « sans conteste, du côté de l’intérêt général face aux intérêts particuliers ». ENVIRONNEMENT 19
20 ENVIRONNEMENT ENVIRONNEMENT Les pêcheurs aux premières loges Alose, lamproie marine, truite de mer, saumon atlantique, esturgeon… les poissons migrateurs naissent en eau douce, grandissent en mer et reviennent se reproduire en eau douce, à l’exception de l’anguille qui fait le chemin inverse. Comment les protéger, comment restaurer leurs populations en régression, et même disparues dans certains cours d’eau ? En limitant les obstacles à leur migration, en restaurant la continuité écologique, en les faisant découvrir ou redécouvrir au grand public, en militant pour préserver la qualité et la quantité de l’eau de nos fleuves, en étudiant leur comportement pour adapter nos actions… Le saumon revient dans le Rhin Prenant sa source dans les Alpes au-dessus de Zurich, le Rhin traverse pas moins de six pays (la Suisse, le Liechtenstein, l’Autriche, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas) avant de rejoindre la mer du Nord, 1 320 kilomètres plus loin. Or, celui qui en était le symbole et qui faisait la fierté de ses riverains depuis des siècles, le mythique saumon atlantique, a cessé de fréquenter le fleuve dès les années 1950. La plus grande passe à poissons d’Europe, à Gambsheim, est aussi un outil de sensibilisation. Reconfiguré par les activités humaines, réceptacle des rejets des industries et agglomérations qui le bordent, le Rhin fut considéré, dans les années 1970, comme le fleuve le plus pollué d’Europe, jusqu’à l’accident de Sandoz, en 1986 1. Cet électrochoc, avec sa mortalité piscicole spectaculaire, « a entrainé une prise de conscience des acteurs et une volonté de régénérer l’écosystème », raconte Robert Erb, président de la fédération de pêche du Bas-Rhin. Avec un Programme d’Action Rhin lancé dès 1987, le renforcement des compétences de la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) 1 - Le 31 octobre 1986, lors de l’incendie d’un entrepôt des laboratoires Sandoz à Bâle, l’eau destinée à éteindre les flammes se mélange aux centaines de tonnes de produits chimiques, dont certains extrêmement toxiques, contenus dans l’entrepôt et se déverse dans le Rhin entrainant la mort de milliers de poissons, une pénurie d’eau potable dans toute la région, ainsi que de graves conséquences sur la biodiversité à long terme.



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