Pêche Mag n°14 2015
Pêche Mag n°14 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de 2015

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : la loi biodiversité, avancées et risques pour la politique de l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DE L’EAU Le monde de la pêche de loisir est d’abord un regroupement de bénévoles à tous les étages. Nous avons ainsi mis en place, depuis de nombreuses années, une garderie particulière chargée de constater bénévolement des infractions à la loi pêche. Cette mission est assumée pour le compte de l’État. « On ne saucissonne pas des missions qui, toutes ensembles, convergent vers le bon état écologique. » Ces gardes ont l’obligation de transmettre leurs procès-verbaux dans les 3 jours, ce qui constitue un délai très court. Grâce à cette loi nous espérons allonger ce délai. De la même manière, on ne pouvait pas simultanément être garde particulier et membre du CA de son association. Une incompatibilité compréhensible mais irréaliste quand on connait les difficultés à trouver des âmes bénévoles. Sur un tout autre domaine, nous réalisons des documents de gestion du patrimoine piscicole. Ces documents sont très utiles à nos structures mais également à nos partenaires, notamment étatiques. Ils sont notamment reconnus et utilisés par les DDT et les agences de l’eau. Grâce à cette loi nous allons enfin les consacrer et les faire reconnaître. Enfin, nous allons également tâcher de donner corps à la possibilité de remettre à l’eau un poisson sans encourir les griefs et les risques d’une infraction pénale (amende de 9 000 euros). Si l’on ne veut pas dissuader le citoyen de s’intéresser à des activités de loisir qui par ailleurs participent à la protection de l’environnement, nous devons plutôt les assister (et c’est le rôle de nos structures) par une communication et une sensibilisation adaptées, notamment auprès des plus jeunes. Nous disposons des outils et des organisations pour ce faire. » Pêche  : Cette loi donne-t-elle une satisfaction entière au monde la pêche y compris sur le volet création d’une Agence Française pour la Biodiversité ? C.R.  : « Quelques points sombres sont hélas à déplorer au premier rang desquels, le risque que nous dénonçons de longue date, de déstabilisation sérieuse de la politique de l’eau. La création de l’Agence correspond à une logique que nous pouvons a priori partager. A aucun moment nous ne nous sommes opposés à cette création considérant que cela pouvait constituer une opportunité pour une meilleure efficacité de notre politique de l’eau. Nous avons néanmoins posé des conditions assez sérieuses. En particulier l’Agence, en intégrant l’ONEMA, se devait de reprendre l’ensemble de ses missions qu’il s’agisse des missions techniques, de connaissances, de rapportage mais également et surtout de police. Sur ce point, il est vrai que les avis étaient passablement partagés. Pour ce qui nous concerne, et en raison de notre histoire et de notre lien avec le Conseil Supérieur de la Pêche devenu l’ONEMA, la police est le prolongement naturel de l’ensemble des autres missions. On ne saucissonne pas des missions qui, toutes ensembles, convergent vers le bon état écologique. Surtout, le contexte actuel de déréglementation ne nous paraît pas opportun pour une grande réforme de la police alors que précisément les moyens qui lui sont affectés et les ambitions qui lui sont notifiées sont remis en cause de manière régulière. L’autre point décisif de cette loi est que l’Agence ne doit pas être l’occasion de brader nos ambitions nationales en matière de politique de l’eau, cette thématique n’étant pas une dimension symbolique. Le « bleu » de cette agence ne peut pas être un vernis du « vert », l’eau et ses écosystèmes aquatiques doivent occuper une place de choix dans cette Agence qui se crée à partir de l’ONEMA. N°14 Édition 2015 Fédération Nationale de la Pêche en France « On ne souhaite pas bâtir la politique de la biodiversité en bradant celle de l’eau. » Il restera néanmoins à gagner sur le plan de la gouvernance  : cette Agence et le Comité National de la Biodiversité devront accueillir les acteurs de l’eau. La biodiversité est une donnée et une préoccupation forte. Mais elle ne doit pas effacer une autre préoccupation toute aussi légitime  : une eau en quantité et en qualité suffisantes, une faune et une flore aquatiques, une réelle continuité écologique. De ce point de vue, nous regrettons que le gouvernement ait étendu le domaine d’intervention des Agences de l’Eau à la Biodiversité terrestre au-delà du simple financement de l’Agence Française de la Biodiversité. Cette extension est, selon notre organisation, une négation du principe de « l’eau paie l’eau », de récupération des coûts et de participation financière de tous les acteurs intéressés. A titre indicatif, le pêcheur est le seul acteur de loisir à s’acquitter d’une redevance pour protéger la biodiversité aquatique. Les moyens de la politique de l’eau ne doivent pas être dispersés et ce d’autant que tous les ans le gouvernement fait un prélèvement exceptionnel sur le budget des agences de l’eau et l’affecte au budget de l’Etat. D’autres ressources doivent par conséquent être trouvées si l’on ne souhaite pas bâtir la politique de la biodiversité en bradant la politique de l’eau. » FEDERATION NATIONALE 17
[DOSSIER] LOI BIODIVERSITÉ [DOSSIER - AVANCÉES] ÉCONOMIE, ET SOCIAL RISQUES ET POUR ENVIRONNEMENT LA POLITIQUE  : Révision des Sdage et implication des pêcheurs Départementei tifflrn.DP IMallatiCree 10.C7.42.5ten U.N.8 raeseurces pleic cet% 151:04:3 La loi sur l’eau  : une La plus liste large UICN place aux pêcheurs dans les L’Union Comités Internationale de Bassin pour la Conservation de la Nature est le plus L’ancienne (1948) ministre et de le l’écologie, plus vaste réseau Delphine mondial Batho, de s’est professionnels saisie de de la l’occasion conservation de la (1 présentation 200 organisations de la loi dans biodiversité 140 pays). à l’Assemblée Sa liste rouge Nationale est un pour inventaire revenir de sur la la situation politique globale de l’eau d’environ France. 59 Elle 500 a espèces convaincu végétales la majorité et de animales l’Assemblée hiérarchisées de modifier en la fonction composition de leur des risque comités d’extinction. de bassin Son qui élaboration ont une influence s’appuie sur sur les choix une des méthodologie agences de l’eau et des et lignes d’y faire une directrices plus large permettant place aux représentants de l’appliquer à des différentes consommateurs, échelles, pêcheurs, nationale et régionale. associations En savoir de défense plus  : de www.uicn.fr/Liste-rouge-France.html l’environnement. 18 ENVIRONNEMENT DOSSIER DOSSIER DOSSIER ENVIRONNEMENT C’est une phase importante qui vient de s’achever pour l’élaboration des nouveaux Schémas Directeurs de Gestion des Eaux (SDAGE) ce 18 juin  : la consultation publique des sept bassins versants est désormais close. Les fédérations départementales de pêche, et les associations de protection des poissons migrateurs, n’ont pas manqué d’y participer, via les Unions. Les enjeux sont de taille  : le bon état quantitatif et qualitatif des cours d’eau, imposé par la Directive Cadre Européenne, ne sera pas atteint en 2015. La plupart des bassins demande d’ailleurs des dérogations jusqu’en 2027 pour un certain nombre de cours d’eau superficiels et souterrains. Pour les fédérations de pêche et leur union, cette consultation est l’occasion idéale de mieux protéger les rivières françaises, dont les pêcheurs ont en partie en charge la gestion piscicole (lire encadré), mais aussi de permettre d’atteindre l’objectif fixé par la DCE. Et ce, d’autant plus que ces groupements de fédérations départementales de pêche se sont organisés depuis ces dernières années afin de porter d’une voix commune les problématiques relevées dans leur territoire et particulièrement au sein des instances de concertation locale. « Les pêcheurs sont représentés au sein de tous les Comités de bassin de France », rappelle Jean- Paul Doron, vice-président du Comité de Bassin Loire-Bretagne, de la FNPF et président de L’Union Régionale de pêche de Bretagne, Basse-Normandie, Pays-de-la-Loire. Une victoire pour cet élu qui s’est battu pour accroître la représentativité des pêcheurs dans ces derniers. Il était important de porter une expertise plus large comme le souligne Fabien Chiri, responsable technique de l’Union des fédérations pour la pêche et la protection du milieu aquatique du Bassin Rhône-Méditerranée et Corse (UFBRMC)  : « Sur le précédent SDAGE, les 24 fédérations de pêche de ce bassin, ainsi que l’association Migrateurs Rhône-Mediterranée avaient émis des avis séparés. Le travail de cette nouvelle union régionale, créée en 2013, qui se calque sur le domaine d’intervention du comité de bassin, est justement d’apporter une vision globale à cette échelle et de regrouper les expertises de terrain afin d’en faire un seul et même document », explique-t-il. Un regroupement d’avis particulièrement efficace  : un argumentaire technique avec des propositions d’amendements a été envoyé lors de l’avant projet. Plusieurs problématiques ont été soulignées  : développement de l’hydroélectricité, pression démographique, prélèvements agricoles, changement climatique, protection des réservoirs biologiques… autant de sujets listés et étayés par les fédérations de pêche. De plus, sous l’impulsion de leurs Unions de bassin, les 24 fédérations de pêche ont également sollicité les partenaires locaux afin de les sensibiliser à la protection des milieux aquatiques. « Nous avons fait de même avec nos differents partenaires institutionnels à l’échelle du bassin », indique Gérard Guillaud. « Dans le projet de SDAGE il y a bien entendu certaines avancées que nous saluons », souligne Gérard Guillaud, président de l’UFBRMC. « Notamment la politique à tenir contre les inondations, qui préconise en priorité de restaurer l’hydromorphologie des cours d’eau et les champs d’expansion de crues. » Néanmoins, l’Union de Bassin souhaite aller plus loin, en particulier sur les projets hydroélectriques. Le document est encore trop « permissif » selon



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