Pêche Mag n°14 2015
Pêche Mag n°14 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de 2015

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : la loi biodiversité, avancées et risques pour la politique de l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Barrages de la Sélune  : contre toute attente, la ministre suspend l’arasement des ouvrages L’ouvrage de la Roche-qui-Boit a été construit en 1919. C’est une situation inattendue et incompréhensible que connaissent les protecteurs des milieux aquatiques, dont la FNPF. Le récent rapport d’expertise du CGEDD 1, rendu après avoir auditionné les représentants de la pêche associative, des associations de protection de l’environnement et les Amis de la Sélune, confirme une nouvelle fois la nécessité d’araser les ouvrages hydroélectriques de Vézins et de la Roche-qui-Boit dans la Manche. Malgré ce rapport, la décision de la ministre se fait toujours attendre. 1 - http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/008106-02rapport_cle5bb598.pdf 2 - Cet arasement a été annoncé en 2010 par la Secrétaire d’Etat, Chantal JOUANNO et confirmé par la ministre de l’Ecologie Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et Delphine BATHO en 2012 Les barrages de la Sélune, à Vézins et à la Roche-qui-Boit dans la Manche seront-ils arasés un jour ? Rien n’est moins sûr malgré une décision de justice, les avis scientifiques, l’enquête publique, les prises de position des ministres successifs, la concertation locale, les projets de développement alternatifs autour de la vallée… Le constat est pourtant sans appel  : ces ouvrages sont un obstacle majeur à la continuité écologique et doivent être démantelés. Ségolène Royal avait rencontré en décembre 2014 les opposants et les partisans de ce démantèlement. Lors de cette rencontre, elle a mis en perspective le coût élevé des travaux, la possibilité d’un équipement assurant la continuité biologique et sédimentaire ainsi que la production d’une énergie renouvelable, pour proposer la recherche de solutions alternatives. Chacun de ces arguments serait certainement recevable si la séquence liée à l’arasement de ces ouvrages n’était pas ouverte au mieux depuis 1986 ! Cette décision est contredite par le rapport d’expertise du CGEDD mais aussi ceux de la commission d’enquête qui avait conclu favorablement à la déclaration d’intérêt général de l’opération de démantèlement. Cette démonstration de démocratie participative ouvrait la voie à la phase opérationnelle de l’arasement dès 2015 mais aussi à celle inédite de renaturation et de développement d’un projet de territoire, valorisant la croissance verte et des activités économiques nouvelles. Une phase qui aurait nécessité toutes les énergies y compris celle de l’Etat et des collectivités. Au lieu N°14 Édition 2015 Fédération Nationale de la Pêche en France de cette impulsion et de ce soutien, Ségolène Royal est revenue sur une décision prise de longue date ! Ces ouvrages sont en contradiction avec la Directive Cadre sur l’Eau, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques, le SDAGE, le SAGE Sélune et toutes les concertations locales. Plus grave, la ministre fait fi d’une décision de justice et de l’expiration du délai de mise en demeure d’assurer la libre circulation de la biodiversité. Elle oublie nos obligations au regard du plan de gestion de l’anguille pour les besoins duquel les ouvrages de la Sélune sont prioritaires. « Chacun des arguments avancés par la ministre a déjà fait l’objet d’âpres discussions et d’analyses sérieuses. Ils n’ont jamais constitué un obstacle contrariant l’arasement car aucune autre solution alternative n’est viable et justifiable. C’est à ce titre que tous les décideurs, qui se sont succédés 2 au poste de ministre de l’Ecologie, ont maintenu la ligne d’une solution exemplaire d’arasement. Cette reculade, si elle est confirmée, accentuera davantage la dévaluation de la parole politique. Ce retournement inattendu, anachronique et décevant est un déni des engagements pour la biodiversité. Nous espérons que nous allons revenir à la sagesse, car ces ouvrages sont sous le coup d’une décision de la Cour d’appel, auprès de laquelle nous n’hésiterons pas à faire produire tous les effets, sans oublier le recours aux instances européennes », souligne Claude Roustan, président de la FNPF. La perte d’un grand ami de la continuité écologique Michel Thoury, président de l’inter-SAGE de la Baie du Mont-Saint-Michel avait particulièrement compris l’enjeu de territoire que représentait l’arasement des deux ouvrages. Il est malheureusement décédé le 17 février dans un accident de voiture alors qu’il se rendait à Avranches pour une audition d’une mission d’expertise sur la Sélune, ordonnée par la ministre de l’écologie, suite à son annonce faite en décembre 2014. La FNPF profite de nouveau numéro de Pêche pour saluer le travail remarquable accompli par ce grand homme, protecteur des milieux aquatiques dans l’âme. FEDERATION NATIONALE 9
[DOSSIER] LOI BIODIVERSITÉ - AVANCÉES ET RISQUES POUR LA POLITIQUE La Loi pour la reconquête de la biodiversité a été votée en première lecture à l’Assemblée 10 FEDERATION NATIONALE FEDERATION NATIONALE Projet de loi pour la biodiversité  : des enjeux majeurs pour la pêche et les milieux aquatiques Nationale mardi 24 mars. Il s’agit d’une grande loi pour les pêcheurs, protecteurs des milieux aquatiques. Avec la loi sur l’eau de 1964, qui introduit pour la première fois l’idée de la préservation de la qualité de l’eau, la loi pêche de 1984, dont les pêcheurs ont été largement contributeurs, et la loi sur l’eau de 2006, constitutive de la FNPF, la loi biodiversité complète le corpus réglementaire en « créant une nouvelle harmonie entre la nature et l’humain », tel que l’a annoncé Ségolène Royal. L a loi pour la biodiversité constitue un enjeu majeur pour la France  : 22% des poissons d’eau douce sont classés sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et le Muséum d’Histoire Naturelle. Pour certains d’entre eux comme l’anguille, le saumon ou la lamproie, par exemple, la France apparaît comme un maillon essentiel de la conservation des populations, parce que ses cours d’eau sont des zones de reproduction ou de grossissement de ces espèces. DOSSIER La volonté d’harmonie entre la nature et l’humain a été entendue par la FNPF. Elle souhaite profiter des débats pour faire valoir la place de ses adhérents dans ce cadre et pour permettre aux amendements qui en découleront de protéger durablement les milieux aquatiques et les espèces, tout en permettant le développement d’une pêche de loisir durable. « Le projet de loi constitue une véritable avancée pour la reconnaissance et la protection de la biodiversité, notamment la séquence « éviter, réduire, compenser », indique Claude Roustan, président de la FNPF. Elle ouvre également la voie au principe de « non régression », important aux yeux des pêcheurs dans le contexte actuel de simplification à outrance et de réduction des moyens dédiés à la protection de la biodiversité et particulièrement des milieux aquatiques. Une nouvelle gouvernance de l’eau Les grandes orientations du projet de loi en termes de gouvernances écologiques sont largement partagées par la FNPF car elles concourent à une meilleure efficacité de la consultation et de la décision publiques. La modification de la composition des comités de bassins, qui influent directement sur le choix des agences de l’eau, en faisant une large place aux représentants des associations de protection de



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