Maxi Basket n°43 mai 2012
Maxi Basket n°43 mai 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°43 de mai 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Tomar Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 17,2 Mo

  • Dans ce numéro : Ian Mahinmi et Rodrigue Beaubois... la French Connection de Dallas.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 MAXI-BASKET Pour Jean-Louis Borg, son coach depuis cinq saisons, « Mélo » est le meilleur défenseur du championnat que j’allais jouer avec lui quelques mois plus tard. Quand je suis arrivé chez lui, au début, je l’appelais le Roi. Clermont, c’était son royaume. Il connaissait tout le monde, était apprécié de tous. » Nous sommes en 2001, les Clermontois viennent d’accéder à la N1 avec l’ambition de passer pros sous les trois ans. Jean-Aimé Toupane est débauché de Toulouse pour mener à bien le projet. La rencontre avec ce spécialiste défensif marque un tournant dans la vie du groupe. « Aimé nous a fait passer du cap de jeunes effrontés à celui de gars qui tâtent un peu de basket professionnel », évoque Mélody, reconnaissant. Nous flânons à la recherche d’une table pour déjeuner quand il se met à évoquer les heures de labeur. La souffrance physique est encore palpable. « Je dirais que c’était dur tout le temps et, de temps en temps, un peu moins difficile. On a travaillé, on ne s’en cache pas. C’était au minimum deux fois deux heures et demie par jour, avec énormément de travail physique. Aimé est un perfectionniste. Il fallait toujours recommencer. Si aujourd’hui, un coach proposait cela à une équipe, je ne suis pas certain que cela serait bien accepté. » Les résultats collectifs au rendez-vous, les Auvergnats encaissent presque sans broncher la (sur)charge de travail. « Il y avait un contrat moral entre nous », reconnaît aujourd’hui leur ancien mentor. « Clermont, c’était leur club, c’était chez eux. Cette bande, dont David était le leader, a voulu que le basket existe au plus haut niveau à Clermont. Ils « Clermont, c’était son royaume. » Dounia Issa ont compris qu’il fallait travailler plus, c’est pour cela que ça a bien marché. » Et trois ans plus tard, auréolée d’un titre de champion, ce n’est pas en Pro B mais bien dans l’élite que débarque la fine équipe. « Pour les gens qui ont commencé à nous suivre en N2 et qui ont suivi l’ascension, ça a été magique. L’équipe qui est arrivée en Pro A était pour plus de 50% celle de la N1. » Comme leur leader, MVP français dans l’antichambre (16,5 points, 3,7 passes et 3,6 rebonds), tous ou presque découvrent la Pro A. Clermont y perd logiquement de sa superbe mais assure l’essentiel : 13 victoires la première année, 14 la seconde. Pourtant, dans la belle mécanique, quelque chose se brise. « La seconde année, on est passé à quatre étrangers plus deux Cotonou et deux Bosman. On s’est retrouvé à cinq Américains dans l’équipe, c’était un gros changement après quatre ans d’un fonctionnement différent. Nous, joueurs, on s’est d’abord dit que ça ferait une émulation mais quand on arrive à l’entraînement le premier jour, les gars ne sont pas capables de faire dix tours de piste avec nous. Et tu parles de ces genslà ? Sans vouloir stigmatiser, ceux qui ont répondu présents sont ceux qui étaient là depuis longtemps : Régis (Racine), Dounia (Issa), Sambou (Traore), Gauthier (Darrigand), moi… » En quête de meilleurs étrangers, le club demande à ses historiques de rogner sur leurs émoluments. La requête ne passe pas. « Je n’ai pas accepté et j’ai même été un peu blasé par tout ça », explique-t-il avec le recul, sans amertume exacerbée. « Et puis cela faisait aussi cinq ans que j’étais avec Aimé donc physiquement, ça commençait un peu à tirer sur la couenne. » Jean-Louis Borg, le mentor Plus qu’un cycle, c’est la fin d’une époque. À 28 ans, pour la première fois de sa carrière, David fait appel à un agent en la personne d’Alain Larrouquis. Le client ne mettra guère de
pression à son nouveau représentant. « J’ai prospecté un peu, je ne savais pas vraiment si j’avais envie de bouger. J’ai dit à Alain de laisser tomber, que je partais sans signer et que je prendrais peut-être quelque chose dans l’année si l’occasion se présentait. » Fin août, il reçoit un appel de Saint-Etienne. Alain Thinet, qu’il connaît déjà, le veut pour remplacer Guillaume Pons, blessé. « Je suis parti comme ça », s’amuse l’ex-pigiste médical. L’intérim durera 29 matches avant que la JAV, son ancien club, ne le sollicite à son tour pour suppléer Benjamin Recoura, out pour la saison. Vichy est alors leader du championnat, favori logique pour la montée en Pro A. Vichy est également à cinquante kilomètres de Clermont. « Son profil m’intéressait depuis un moment », se souvient Jean-Louis Borg. « Il apportait immédiatement son expérience et sa rigueur défensive. » Quelques matches de playoffs et un titre de Pro B suffiront aux deux hommes pour décider d’une collaboration plus poussée. « On a rapidement vu que cela pouvait donner lieu à un long bail ensemble », sourit l’entraîneur. Travail, rigueur, discipline, David s’est naturellement imposé homme lige des philosophies défensives de l’entraîneur. « C’est un joueur exemplaire car il assimile très vite, il est en application de ce qu’on lui demande et il est toujours au maximum de ses capacités. » Finale des As, playoffs et maintiens, le duo affine avec un certain succès son association dans l’Allier. Quand il quitte Vichy en 2010 pour des raisons budgétaires, coach Borg fait de son homme de confiance sa priorité de recrutement. « Quand tu as ce type de joueur avec toi, tu n’as pas envie de t’en séparer. Je voulais qu’il puisse m’accompagner, peu importe la destination qui était la mienne. Il s’est avéré que c’était Dijon avec un superbe challenge que l’on connaissait déjà pour l’avoir vécu avec la JAV. » La JDA peut s’en féliciter. Grâce au savoir-faire des spécialistes en la matière, il ne lui aura fallu qu’une petite année pour remonter. De retour en Pro A, les deux hommes sont aujourd’hui plus liés que jamais. « On a toujours eu une relation particulière », résume « Mélo ». « Il y a une confiance réciproque qui se traduit pas le temps que je passe sur le terrain. » « Pour un coach, c’est du pain béni », enchérit Borg. « On n’a pas besoin de se dire beaucoup de choses. Dans le regard et les attitudes, on se comprend très rapidement. » Un défenseur d’élite Les quartiers dijonnais du Clermontois sont à moins de deux kilomètres de la salle, dans une longue avenue mouchetée de lotissements récents et dont Michel Renault, le président de la JDA, est à l’origine. On profite de cette information pour interroger David sur le caractère volcanique de son dirigeant, réputé pour ses anciens dézingages de joueurs ou coaches par voie de presse. « Moi, ça ne me dérange pas. Je préfère l’honnêteté que les non-dits ou les choses en cachette. » Oui, David Mélody se sent bien à Dijon. Il est amateur de bons crus et à ce sujet, l’Auvergne n’a pas vraiment ses faveurs. « Avant de venir ici, j’étais plus Bordeaux et Côtes du Rhône. » Quelques virées dans les domaines de la région ont révisé son jugement et au cœur du centre-ville, David a désormais ses habitudes « Chez Bruno », charmant bar à vins à la carte opulente. La petite discussion œnologique s’interrompt, brusquée par un entraînement qui approche. Direction le Palais des Sports, le capitaine de la JDA a rendez-vous en salle vidéo afin d’y décortiquer le jeu de l’ASVEL. Edwin Jackson, objet de sa garde rapprochée, passera le lendemain une très sale soirée (0 point en 11 minutes). En France, l’étiquette de stoppeur colle à la peau de celui qui affiche une moyenne de 9,5 points en carrière dans l’élite. « Et il ne revendique pas autre chose », promet coach Borg. Par défi, d’abord : « Certains tirent satisfaction à mettre des tirs à trois-points ou faire tourner les défenses en bourrique, je prends autant de plaisir à stopper ou embêter un joueur. » Par nécessité, aussi : « On m’a toujours fait le reproche d’être trop petit pour mon poste donc il fallait compenser ». Encore cette saison, seul Xavier Corosine lui rend des centimètres au poste deux. Peu importe, pour bien des shooteurs, Mélody reste l’empêcheur de scorer en série. « Il est incroyable à son poste », juge Dounia Issa, autre basketteur concerné par la chose défensive. « Surtout, il défend très propre. Il fait très peu de fautes, c’est tout en jambes et en placement. Je l’ai vu mettre Nando De Colo à 0 point, écœurer Ricardo Greer ou Anthony Stanford qui était à une époque meilleur joueur de Pro B. Sur des gros scoreurs qui shootent 15 ou 20 fois dans le match, je l’ai vu faire des trucs hallucinants, les laisser à 4 ou 6 points. » David Mélody est de ces défenseurs qui s’installent sous la peau de leurs adversaires. Il harcèle, poursuit au-delà des écrans, place ses appuis dans ceux des autres, lézarde sur les lignes de passes. Cette saison, les bons clients que sont Alex Acker (8 points à 2/13), Allan Ray (9 points à 3/10) ou Abdou M’Baye (5 points à 2/8) ont perdu leur fouetté face à cet anesthésiste. Cedrick Banks (6/18), Malcolm Delaney (6/21 en deux matches) et Eric Chatfield (9/24) avaient même pris double dose. Pour un œil non averti, le travail de sape n’a rien de spectaculaire. Du haut de son mètre quatre-vingt-quatre, le vétéran n’avait repoussé qu’une seule tentative après 27 matches cette saison. La protection de son territoire est méthodique : « Mélo » vole des ballons (1,7 en moyenne, 6ème en Pro A), en perd peu (1,1) et pousse à bout ses duellistes sans jamais vraiment les provoquer (1,6 faute). Cardio de marathonien, il affaiblit à l’usure. Le garçon est lui-même increvable. Depuis 2004 et son retour « Quand tu as ce type de joueur avec toi, tu ne veux pas t’en séparer. » Jean-Louis Borg REPORTAGE• MAXI-BASKET 61



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