Maxi Basket n°38 décembre 2011
Maxi Basket n°38 décembre 2011
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°38 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Tomar Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : 9 jours avec Tony Parker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Pascal Allée/Hot Sports Photos : Pascal Allée/Hot Sports 78 maxi-basket• Triomphe romain pour les Tango. ››› soit Anna (Kotocova) soit auparavant Elena (Koudashova) qui traduisaient. Par contre il avait son propre langage, « pourquoi as-tu fait ça ? » il te montrait sa tête, pas besoin de faire un long discours. Je pense qu’il aimait garder les gens un certain temps car ainsi ils s’habituaient à cette communication. Il avait attendu un an pour prendre Odile (Santaniello). Il avait voulu créer un socle et il faut rendre à César ce qui lui appartient, à la base c’est Elena Koudashova, sa joueuse, celle qu’il a créé. Elle a joué à Challes avec lui et elle l’a suivi à Bourges. Comme il ne parlait pas français, il ne pouvait pas faire sans elle. C’est seulement l’année d’après que sont arrivées Anna et Odile. Toutes les joueuses de cette génération-là n’oublieront pas le jour où Odile s’est fait insulter par Vadim à la mi-temps d’un match. Elle avait tendance à jouer ce match très perso et il savait que pour gagner des titres, il fallait qu’elle joue son jeu mais à l’intérieur d’un collectif. On connaissait le caractère d’Odile mais elle a fait comme tout le monde, elle s’est mouchée et elle a attendu que ça passe. Il avait de l’amour pour ses joueuses, pour lui on était des filles plus que des femmes. On disait toujours, c’est « le Colonel ». C’était un colonel de l’Armée Rouge quand même, même s’il n’a pas dû porter souvent l’uniforme. Il nous a prouvé qu’en étant dur on a des résultats. » Tangomania Bourges organise le Final Four 98 et s’est faite toute belle. Des panneaux en 4x3 avec Cathy Melain accueillent le visiteur et surtout 450 commerces – soit plus des deux tiers de la cité – se sont parés aux couleurs du club, le tango et le noir. L’un propose les portraits des joueuses imprimés dans des assiettes, un autre diffuse en boucle les images du triomphe de 95 en Ronchetti, un troisième le mannequin de Yannick Souvré mais avec des cheveux courts, une question de perruque disponible. Unique pour une ville française de basket. Trois milliers de privilégiés vont vivre le deuxième triomphe au Prado, et tout autant au Palais des Congrès sur un écran géant. En demi, Bourges torpille Valenciennes qui fait décidemment un sacré complexe d’infériorité, 69-48. Le coach Marc Silvert parle de faillite mentale. Le président Francis Decourrière d’abandon de poste. Dans le vestiaire il insulte ses joueuses. Disons que l’on espère que ce soir-là les mots ont dépassé sa pensée.
En finale, ce sont les Madrilènes de la Polonaise Malgo Dydek, 2,17m, qui sont prises dans le tourbillon tango. Odile Santaniello (21 points en 29 minutes) a fait du Santa, et Anna Kotocova, qui a perdu son papa quelques semaines plus tôt, est élue MVP. Elle en chialera comme une fontaine. Ce que ni Limoges, ni Marseille en foot, ni Toulouse et Brive en rugby n’ont fait, Bourges vient de le réaliser : un doublé au plus haut niveau européen. Série en cours qui sera complétée en 2001 à Messine. C’est une longue procession qui embrase la ville lorsqu’un petit train emmène les héroïnes de la salle à l’hôtel de ville pour une réception aussi joyeuse qu’anarchique. Quelques jours plus tard Yannick Souvré et compagnie sont sacrées championnes de France. Face à Valenciennes en finale. Encore. Mais pas pour toujours. Yannick Souvré : « Après Larissa, on rentre en avion privé, il y a plein de monde à l’aéroport, toutes proportions gardées, c’est du basket féminin. À Bourges, on est chez nous, la communion avec le public, est extraordinaire. À Mirande aussi, j’avais vécu ça pour fêter les titres de champion, les magasins étaient partout en bleu et blanc, mais c’était un bled de 3.500 habitants, alors que Bourges c’est 80.000, c’était impressionnant. Dans le coin, tu ne pouvais pas faire autrement que d’être au courant. Le premier titre nous a appartenues, le deuxième il leur appartient. En 98, médiatiquement c’est aussi un grand coup. Ces deux titres ont un souvenir à la fois beau et dramatique. En 97, c’est la mort de la fille de Vadim et en 98, quelques semaines avant, c’est la mort du papa d’Anna Kotocova. Je préfère 2001 quand c’est ma sœur qui accouche ! Vadim, je le remercie car c’est lui qui a fait ma carrière, qui l’a remplie de titres. Il nous a amené une confiance en nous, nous les Françaises, que l’on a su retranscrire au niveau de l’équipe nationale. On peut le remercier aussi pour le titre européen de 2001. En plus… On gagne contre lui puisqu’il est le coach de la Russie ! Je me souviens que la première fois que j’ai joué les Russes en cadettes j’en avais pris 51. Quand je les jouais j’avais le trouillomètre à zéro. Lui disait « mais c’est qui celle-là ? » Oui, elle était juste championne olympique ! Il désacralisait tout ça. Il refusait d’aller à la réunion des entraîneurs de début de saison. Un jour il a été obligé et il y a déclaré « moi je ne veux que des joueuses à caractère, je ne m’occupe pas du tout de leur vie privée et je ne couche jamais avec elles. » (Rires) À l’époque, j’avais fait le tour de tous les entraîneurs et tous étaient dans une, deux voire trois catégories ! J’avais des relations privilégiées avec lui. On est arrivé en même temps à Bourges, on n’habitait pas très loin, les Kapranov m’invitaient un peu chez eux comme leur fille d’adoption même si c’est un grand mot. Vadim n’était pas parfait. Et je l’ai aussi toujours respecté car je ne comprenais pas tout ce qu’il disait. Et je sais, par ce qu’Anna et Elena (Koudashova) ont pu nous dire que nous, en tant que Françaises, on n’aurait pas accepté de se faire traiter de tous les noms d’oiseaux. Le problème sur la fin c’est que j’avais le sentiment qu’il nous en voulait d’être en vie. Au bout d’un moment c’était pesant. Un jour à l’entraînement il avait été imbuvable, méchant, j’avais gueulé. « On n’y est pour rien dans la mort de votre fille ! » En fait, ça allait très mal au fond de lui, lui et sa femme ont été tués aussi par cet accident. Ils avaient un appartement à Challes-les-Eaux, ils l’ont vendu. Ils ont une datcha sur Moscou, il promène son chien, il ne fait plus rien. Elle a continué à former des patineurs olympiques. Je les aime toujours beaucoup, je les ai eus récemment quelques secondes au téléphone, pas plus, la barrière de la langue. » l RÉTRO• maxi-basket 79 « moi je ne veux que des joueuses à caractère, je ne m’occupe pas du tout de leur vie privée et je ne couche jamais avec elles. » • Jamais ville française ne fut grimée aux couleurs de son club de basket comme Bourges pour le Final Four de 1998.• Cathy Melain tout à sa joie.



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