Maxi Basket n°38 décembre 2011
Maxi Basket n°38 décembre 2011
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°38 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Tomar Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : 9 jours avec Tony Parker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 60 - 61  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
60 61
Photos : Pascal Allée Hot Sports et Jean-François Mollière 76 maxi-basket De gauche à droite : • La big boss du CJM Bourges : Yannick Souvré.• Odile Santaniello, meilleure basketteuse française de sa génération, finira cousue d’or avec Bourges.• La Tchèque Eva Nemcova avait été élue Joueuse européenne de l’Année 1996. À Bourges elle confirma toute sa classe. « On n’a eu qu’à répéter ce que Vadim nous avait appris. » Le drame Un camion sur une route russe lui a arraché sa fille unique, à quelques jours du Final Four de Larissa. Dévorés par le chagrin, sa femme et lui sont retournés dans leur pays pour les obsèques ; Vadim Kapranov n’est pas réapparu à Bourges le reste de la saison. Son palmarès de joueur était opulent mais qui le savait quand il a mis les pieds en France, à Challes-les-Eaux ? Trois fois champion d’Europe des clubs et sept fois champion d’URSS avec le CSKA Moscou, médaillé de bronze avec l’équipe nationale aux Jeux Olympiques de Mexico, Vadim a été ensuite assistant auprès de l’équipe féminine d’URSS championne du Monde en 1983 et de la CEI – un conglomérat d’anciennes républiques soviétiques – championne olympique en 1992 à Barcelone. Kapranov fut aussi colonel dans l’Armée Rouge et il a coaché des militaires du côté de Damas à la fin des années 80. « Déjà lorsque j’étais joueur au CSKA je m’offrais à aider mes partenaires à s’améliorer » dira-t-il à Jean-Luc Thomas pour un portrait dans L’Équipe. Une sorte de confidence tant la parole publique de cet homme-là était rare. Vadim est champion de France avec Challes en 1993 et il fait passer ensuite le CJM Bourges dans la 3 e dimension. Un premier titre de champion de France en 95 couplé avec une Coupe Ronchetti, hiérarchiquement la deuxième coupe européenne féminine. Jamais un club français n’a été à pareil honneur. L’année suivante les Berruyères se qualifient pour le Final Four de Sofia. Coup double sur le plan national. Et donc les voici membres une deuxième fois du carré d’as européen. À l’improviste Olivier Hirsch prend l’équipe en mains. Hirsch a porté les maillots de clubs du Nord – Proville, Cambrai et Liévin – avant d’atterrir à Bourges en N4. Il était l’adjoint de Kapranov depuis trois saisons sans même posséder le fameux BE2. C’est l’aventure… Yannick Souvré : « À l’époque j’étais capitaine. On devait partir au Final Four de Larissa le lundi matin, je crois. Pierre Fosset (le président) m’appelle le dimanche. Je comprends tout de suite au son de sa voix que c’est grave. Il me dit « la fille de Vadim a été tuée, elle a eu un accident de voiture. » Je sais que pendant longtemps Vadim et sa femme ont été persuadés qu’elle a été assassinée pour je ne sais quelle raison. Je me souviens que sa femme m’avait demandée de supplier Vadim de ne pas se rendre en Russie car il voulait se venger. C’était leur fille unique et en plus elle avait perdu son propre enfant qui était décédé très jeune. Quand tu es parent et que tu perds ton enfant c’est terrible alors en plus quand tu n’as pas de descendance, rien derrière… Je crois qu’on n’a pas su tout de suite ce que Vadim allait faire. Finalement on a appris que l’on partirait sans lui. Olivier Hirsch était assistant mais assez peu impliqué dans le sens où Vadim c’était le grand chef, il décidait de tout. Olivier n’avait jamais fait l’entraînement. Pierre (Fosset) avait très peur que l’on soit très perturbé. Il y a une chose à savoir sur lui, c’est que Vadim était un ancien très grand joueur et je pense que c’est bien pour être ensuite un grand entraineur, même si ça ne suffit pas. Il comprenait que t’entraîner comme des bourrins ce n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux et que de temps en temps, il vaut mieux avoir un peu faim du ballon que d’être en surentraînement et de venir psychologiquement à reculons. Deuxièmement, il avait une femme à fort caractère qui lui avait appris beaucoup de choses sur la psychologie féminine. Elle avait été championne d’URSS de patinage artistique et elle entraîne encore les championnes de Russie. Et puis, tout le monde nous a toujours demandées quel était le secret, il n’y en a pas, c’est le travail. On avait des entraînements très intenses, très durs. Au cours de la préparation, pendant les 15 premiers jours, on ne voyait pas un ballon de basket. On en a chié ! » Une sorte de Dream Team Bourges, c’est une sorte de Dream Team avec le croisement de quelques-unes des meilleures Françaises de leur génération et deux étrangères haut de gamme. La Tchèque Eva Nemcova a été élue l’année précédente meilleure joueuse européenne par le quotidien sportif italien La
11 Gazzetta dello Sport. C’est une ailière hyper athlétique qui est alors à la fois top-scoreuse du championnat de France (20,3pts), première à l’adresse à 2-pts (62%) et à 3-pts (51%). Juste incroyable. Petit bémol, elle revient en piste après deux mois et demi d’absence suite à une rupture de l’aponévrose plantaire. Son alter ego c’est la Slovaque Anna Kotocova, un roc, une dure à cuire bientôt trentenaire dont l’ultime plaisir est de réduire en poussières son adversaire direct. La mène est entre les mains de Yannick Souvré, le relais du coach sur le parquet, un Penthium, une femme de caractère dont le combiné passes décisives/tirs à 3-pts répand la terreur dans les forteresses du continent. Isabelle Fijalkowski est déjà une vraie 5 grand format qui s’apprête à rentrer avec succès en WNBA. Odile Santaniello, élue huit fois meilleure joueuse française avec Aix – un record qui tiendra encore pendant des décennies – est venue chercher des trophées collectifs dans le Cher. Odile possède une puissance rarissime pour une femme et même ceux qui abhorrent le basket féminin sont prêts à payer pour la voir jouer. Un baril de nitroglycérine aussi que coach Kapranov a su manier avec dextérité. L’internationale Stéphanie Vivenot est un précieux relais à l’intérieur. Et puis, il y a Cathy Melain, 22 ans, avec ses deux couettes bien sages. On la sait déjà complète, discrète, bosseuse. Elle sera bientôt une Superwoman. Comme Bozidar Maljkovic à Limoges, Vadim Kapranov a inculqué une règle de base : un match se gagne en défense. Le CJM Bourges encaisse moins de 60 points par match et Côme va en marquer 58. Yannick Souvré – qui sera élue MVP du Final Four – en score 18 rien qu’à elle seule avec un 3/4 à 3-pts, plus 9 rebonds et 4 passes. En l’absence de Vadim, elle a joué double jeu, celui d’une meneuse et celui du coach. Devant une maigre assistance mais un parterre turbulent de supporters tango, les Berruyères récidivent en finale. 52 points pour les Allemandes de Wuppertal, 71 à l’actif du Cercle Jean-Macé. Isabelle Fijalkowki (24 points et 12 rebonds) a irradié la salle grecque. « Ce sera génial s’il y a une suite. Un titre c’est bien, mais il en faut plusieurs. Et on sait maintenant comment aborder ce genre de matches. » Cathy Melain est aux anges mais déjà tournée vers l’horizon. Yannick Souvré : « L’image qui me revient en premier, c’est l’écroulement physique et psychologique que j’ai à la fin du Final Four. Je suis un peu fatiguée par une fin de saison difficile et je me revois m’écrouler dans les bras de mon père. J’ai une photo où je suis cadavérique, et en plus je suis en blanc avec un crêpe ! C’est le stress de ne pas avoir eu Vadim, d’avoir pris sur moi… On a voulu lui offrir ce titre même si c’était tellement insignifiant vis-à-vis de ce qu’il était en train de vivre. Je pense que ce qui lui est arrivé nous a amené un petit supplément d’âme, on s’est vraiment solidarisé. D’un autre côté, en 97 c’est certainement l’équipe la plus forte dans laquelle j’ai joué. On était au-dessus du lot. Et encore, on avait Eva Nemcova, la meilleure joueuse d’Europe, qui revenait de blessure, elle était couci-couça. On a joué Côme en demi-finale et Wuppertal en finale, deux équipes que l’on avait déjà rencontrées durant la saison, donc on n’a eu qu’à répéter ce que Vadim nous avait appris. J’ai eu un rôle important puisque je transférais ce qu’il me demandait. J’ai eu à me rappeler ce qu’il me demandait de faire. Je ne sais pas ce qu’il aimait au fond de lui, s’il nous a fait jouer ce jeu parce qu’on était tel qu’on était ou parce que c’était sa conception du basket. On ne pouvait pas communiquer pour savoir ça. Ce qui est sûr c’est qu’on était affûté physiquement et il le fallait pour faire la défense qu’il nous demandait d’avoir. Ce qui était nouveau pour nous Françaises c’est qu’il ne nous demandait pas d’appliquer bêtement un système mais de réfléchir, d’utiliser ses subtilités. J’ai exulté de jouer pour lui. Il savait que les forts joueurs aiment la gagne, il jouait beaucoup là-dessus. Il faisait beaucoup de concours, les unes contre les autres. À un moment donné il arrivait même à ce que l’équipe soit contre lui pour avancer encore plus loin. Tout en sachant qu’il nous parlait très peu puisqu’il ne parlait pas français. Quand il voulait s’exprimer c’était « Pendant longtemps Vadim et sa femme ont été persuadés que leur fille a été assassinée. » ››› RÉTRO• maxi-basket 77• Vadim Kapranov, le maître de l’échiquier. Jean-François Mollière



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 1Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 2-3Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 4-5Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 6-7Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 8-9Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 10-11Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 12-13Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 14-15Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 16-17Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 18-19Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 20-21Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 22-23Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 24-25Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 26-27Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 28-29Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 30-31Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 32-33Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 34-35Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 36-37Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 38-39Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 40-41Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 42-43Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 44-45Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 46-47Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 48-49Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 50-51Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 52-53Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 54-55Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 56-57Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 58-59Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 60-61Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 62-63Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 64-65Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 66-67Maxi Basket numéro 38 décembre 2011 Page 68