Maxi Basket n°38 décembre 2011
Maxi Basket n°38 décembre 2011
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°38 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Tomar Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : 9 jours avec Tony Parker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 MAXI-BASKET Pied au plancher, dépassement millimétré… Vincent conduit comme un vrai parisien. « Je touchais des ballons quand je faisais les remises en jeu. Honnêtement, j’ai pensé à arrêter. » alors que j’avais un vrai rôle dans l’équipe, je me sentais vraiment bien », dit-il en vidant son verre. « Je ne fais pas l’Euro et c’est mon plus grand regret parce que c’était la première fois où j’étais vraiment bien en place dans l’équipe. Les blessures, ce sont des choses que tu ne peux pas contrôler mais c’est sûr que ça aurait peut-être pu me permettre de franchir encore un autre palier. Ça a peut-être été un tournant dans ma carrière. » Depuis cette date, la trajectoire de Vincent s’est inversée. Deux saisons correctes avec Villeurbanne mais sans trophée et « qui se sont terminées en eau de boudin », comme il le dit lui-même. Derrière cela, il y a eu Hyères-Toulon, pendant quatre ans, et pas toujours dans les meilleures dispositions, comme lors de la saison 2009-10, sans doute la plus noire de sa carrière. « Une équipe d’Américains mercenaires », estime Vincent. « Très individualistes, irrespectueux des autres coéquipiers avec en plus des mauvais résultats. Ça m’avait gavé au plus haut point, quand ça ne marche pas, que l’équipe n’a pas de résultats et que les mecs se prennent pour des superstars, ne respectent rien ni personne… Cette année-là, je touchais des ballons quand je faisais les remises en jeu. Honnêtement, j’ai pensé à arrêter. » D’autant qu’avec les années, le temps ne l’a pas ménagé. Ses mains, notamment, trahissent les douleurs endurées. Son petit doigt de la main droite est même complètement déformé. « C’est de l’arthrose, c’est dû à mes différentes entorses », nous explique Vincent. « Mes doigts me font mal tous les jours, il n’y en pas un qui n’a pas morflé et je ne peux plus les fermer. Mais le plus dur aujourd’hui, c’est la récupération, et pourtant je fais beaucoup plus attention maintenant. Quand il y a deux entraînements
par jour, je rentre chez moi en boitant. Et le lendemain j’ai du mal à repartir. » On a parfois tendance à l’oublier mais à haut niveau, le sport est très mauvais pour le corps. « Je suis tellement KO, surtout les débuts de semaine, j’ai du mal à bouger. » Malgré tout ça, Vincent est toujours là. « Quand tu ouvres un peu les yeux, que tu regardes autour de toi et que tu n’es pas trop bête, tu te rends compte qu’on est des grands privilégiés et que vivre de notre passion, même s’il y a des contraintes et des choses moins marrantes, c’est quand même un privilège immense. Le mec qui dit : ça me saoule les entraînements, j’ai mal, le coach me fait chier… Ok, ben moi je lui dis va travailler à l’usine et tu verras ce que ça fait ! Il y a tellement de mecs qui en chient et qui gagnent une misère, on ne va pas se plaindre quand même ! » Sauf que cette vie de basketteur va bientôt s’arrêter. « Un des derniers espaces où t’es libre sur terre » Quelle que soit l’issue de la saison, Vincent ne compte pas traîner plus longtemps dans le monde du basket. Ni même à Paris d’ailleurs. « Je repars à Hyères direct, j’ai mon appartement, ma vie est là-bas », dit-il. Mais loin d’une plongée dans l’inconnue, cette fin de carrière sportive sonne plutôt comme un nouveau départ. « Quand t’es joueur et que tu arrêtes, tu deviens un ancien joueur. Si tu restes dans le milieu, t’es vu comme un ancien joueur et on fait le rapprochement avec ton passé, un peu comme si tu n’avais plus de vie après et c’est ça qui est difficile à vivre d’après moi. J’ai réalisé mon rêve de devenir basketteur pro, et pour moi, la meilleure façon d’enchaîner, c’est de passer d’un rêve à un autre, c’est une bonne façon de continuer de l’avant. Et mon deuxième rêve, c’est de faire le tour du monde à la voile. » On découvre alors un autre Vincent Masingue, un passionné de voile, de mer et de voyage, et dont le déclic est venu à la lecture d’un livre de Bernard Moitessier, le célèbre navigateur aujourd’hui décédé. « Je suis tombé là-dessus en signant à Hyères. Dans les années 60, le Sunday Times, un grand quotidien britannique avait lancé la première course autour du monde à la voile en solitaire et ce qu’il faut savoir c’est qu’à l’époque, c’était l’aventure ultime. Tu n’avais pas de GPS, pas de radar, pas de téléphone. Tu te repérais par rapport aux étoiles, tu communiquais en balançant au lancepierre sur des cargos des lettres écrites, qui étaient ensuite transmises par radio. Bernard Moitessier a fait cette course et alors qu’il était premier et que le vainqueur devait remporter un gros chèque, il a décidé de continuer, ça ne l’intéressait plus. C’est « Tu sais, un ballon sur un bateau… Pour jouer avec les dauphins peut-être ? » ça qui m’a fait tiquer, ça m’a fait beaucoup réfléchir sur la vie, le sens que tu veux lui donner, l’argent, le bien-être, le mode de vie… La mer, c’est un des derniers espaces où t’es libre sur terre, tu n’as pas d’interdit, tu es livré à toi-même. Tout peut arriver en mer. Et puis c’est aussi 70% de la surface de la planète, c’est un trait d’union entre différents peuples, différents modes de vie. Un endroit où tu dois avoir beaucoup d’humilité, de respect, un endroit où tu peux contempler toute la beauté de la nature, c’est à la fois intrigant et fascinant, c’est aussi un peu flippant. Donc c’est forcément attirant, en tout cas moi, ça me fait rêver. » Et Vincent se donne les moyens de réaliser ce rêve. « Deux ans pour être au point » Le bateau ? Il aura fini de l’acheter au printemps, un monocoque de douze mètres. « Un bateau d’occasion qui a dix ans et qui coûte 90.000 euros, sachant qu’il faut rajouter 20 à 30.000 euros d’équipement pour partir dans des bonnes conditions. C’est cher, et pourtant c’est pas le bateau de mes rêves. C’est aussi pour ça que j’ai signé au Paris Levallois. Je gagne 50% de plus que ce que je gagnais à Hyères, ça va me permettre de financer mon rêve tout en ayant un beau challenge sportif. » La navigation ? Il a déjà expérimenté la chose cet été avec un voyage en Corse et suit des cours par correspondance, avant d’intensifier le tout une fois la carrière sportive terminée. « Je me donne deux ans pour être au point », dit-il. Le trajet en revanche est déjà connu. La Méditerranée, les Canaries, le Cap Vert, les Antilles, les Galapagos, les Marquises pour arriver jusqu’à Tahiti. « Une fois arrivé à Tahiti, je ferais le point parce que soit tu remontes vers l’Australie, Nouvelle Calédonie, l’Asie du Sud- Est. Sinon, t’es obligé de repasser carrément par l’Afrique du Sud, contre vent et courant et là, c’est dur. » De toute façon, comme il le dit lui-même, « toutes les options sont ouvertes, c’est ça qui est bien, c’est ce côté aventure qui me plaît. J’ai lu beaucoup là-dessus et je continue, tu ne peux pas prévoir : je vais rester 15 jours ici, dix jours là… C’est au gré du vent, au gré des rencontres. » Et le basket dans tout ça ? Un ballon est-il prévu dans les bagages ? « Non, ça prend trop de place », explique Vincent. « Sur un bateau, tu réfléchis au cm3 près. Ou alors un ballon dégonflé, pourquoi pas. Mais tu sais, un ballon sur un bateau… Pour jouer avec les dauphins peut-être ? » On ne saurait trop leur conseiller de prendre garde aux coups de coude. l 1 2 REPORTAGE• MAXI-BASKET 33 1• Un petit verre de Beaujolais, mais pas d’excès. « Contrairement à ce qui se dit, je ne suis pas un fêtard, je ne profite pas des nuits parisiennes. ». 2• La main droite de Vincent, témoin des combats acharnés que le joueur a livré sur les parquets.



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