Maxi Basket n°38 décembre 2011
Maxi Basket n°38 décembre 2011
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°38 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Tomar Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : 9 jours avec Tony Parker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 MAXI-BASKET Treize ans plus tard, Vincent contemple une photo des Cardiac Kids, la bande de gamins qui semait la terreur en Pro B avec Levallois. La salle de Coubertin a beau être encore chaude de la sueur de l’entraînement qui vient tout juste de s’achever, en cette fin de matinée d’hiver, les températures de la capitale n’ont rien à voir avec celle du Sud de la France à pareille époque. Vêtue d’une épaisse doudoune foncée et d’un solide bonnet de laine noire bien enfoncé sur les oreilles, Vincent Masingue sort peut-être de quatre années passées en terres varoises, il n’a cependant rien oublié des charmes subtils du climat parisien. « Ça vous dit d’aller bouffer un morceau ? J’ai la dalle et si je ne mange pas quelque chose bientôt, je ne vais pas tenir. » Aux abords du stade, une voiture aux couleurs du PL. Profitant du covoiturage, Malela Mutuale prend place à l’arrière du véhicule – une Citroën DS4 métallisée. Pendant que la voiture rejoint le périph’en direction de Levallois, la discussion commence. « Après douze ans passés en province, ça fait une petite boucle, même si j’ai l’impression que finalement, c’est passé assez vite. Et ce qui est marrant, c’est que beaucoup de choses sont restées les mêmes. Il y a le même président, les mêmes gardiens à l’entrée de la salle, Ron (Stewart) est toujours là, le même maire… Tout un environnement qui m’est familier. C’est sympa, ça me rajeunit un peu. » En douze ans, on pourrait pourtant croire que le Levallois Sporting Basket a bien changé, à commencer par son nom « Je n’avais jamais eu la tentation de revenir à Levallois. » puisque depuis la fusion des deux clubs franciliens en 2007, Paris est venu se greffer à la ville des Hauts-de-Seine. « Ce qu’il faut savoir c’est que le club est toujours basé à Levallois, les bureaux sont là-bas et c’est aussi là qu’on s’entraîne », rappelle Vincent. « Il n’y a que quand on fait les matches à Coubertin qu’on s’y entraîne quelques jours comme cette semaine (le PL recevait Orléans le lendemain,ndlr). Coubertin, ça ne m’est pas inconnu bien sûr, mais c’est différent, je n’ai pas l’impression d’être à la maison. Après, dans Paris Levallois il y a aussi Paris et tous les attraits d’une ville telle que Paris, qui sont aussi sympas à vivre, même si c’est différent de ce que j’ai connu ces dernières années. » Ces dernières années, c’est un long périple de douze ans où Vincent s’est tour à tour exporté à Pau, Montpellier, Nancy, Villeurbanne et Hyères- Toulon donc, où il avait posé ses valises en 2007. À la fin de saison dernière, il était d’ailleurs tout proche d’y rempiler. « J’étais à deux centimètres de re-signer à Hyères-Toulon, à quelques heures près, ça allait se faire », témoigne-t-il aujourd’hui. « J’avais reçu quelques propositions intéressantes, Pau et Limoges notamment, mais Hyères me voulait et on avait fait une belle saison. » Jusqu’à ce que le PL ne vienne frapper à la porte. On imagine d’ailleurs que l’idée de revenir au bercail devait lui trotter dans la tête depuis quelque temps. « Pas du tout », s’empresse de corriger Vincent. « Au contraire, je n’y avais jamais pensé jusqu’à ce 7.r
que Christophe Denis et Ron Stewart ne m’appellent en fin de saison dernière. Je n’avais jamais eu la tentation de revenir à Levallois et il n’y avait jamais eu non plus d’opportunité pour y retourner. Mais quand ça a commencé à se dessiner dans ma tête, je me suis dit que ça pourrait être vraiment un challenge sympa, et puis un petit clin d’œil à toute ma carrière. » « Dans le cul, bien profond » La Citroën continue de filer à travers les cinq voies, sûrement, machinalement. Paris, sa banlieue, Vincent connait sur le bout des doigts. « Je suis né à Saint-Martin d’Hères dans l’Isère mais je suis arrivé ici à l’âge de six ans, à Chatou », rappelle Vincent. « C’est là que j’ai commencé le basket avant que ça ne devienne Poissy-Chatou, j’avais 13 ans. Et puis je suis venu en centre de formation à Levallois à l’âge de 15 ans, en 1992. Mais je ne me sens pas d’appartenir à cette région. Honnêtement, je me sens plus chez moi dans le Sud, à Hyères, parce que ça correspond plus à mon style de vie. Paris, oui, c’est bien, il y a plein d’avantages mais il y a aussi des inconvénients. Et je ne me sens ni parisien, ni urbain. » À bientôt 36 ans, et bien qu’il ait passé la moitié de sa vie en région parisienne, on comprend donc que Vincent n’avait pas forcément envie de retourner vivre sur la capitale. Ce serait même plutôt l’inverse. « J’ai eu la chance de découvrir d’autres styles de vie, d’autres régions, d’autres climats aussi. Le soleil, la mer, ça me manque beaucoup », dit-il dans un sourire, le ciel gris et nuageux en ligne de mire. Et bien entendu, finies les sorties en planche à voile, passion dans laquelle Vincent excellait, au point d’avoir remporté plusieurs épreuves de windsurf par le passé. « À Paris, la voile je me la fous dans le cul, bien profond », lâche-t-il sans détour. « C’est vrai que c’est dur, surtout à cette période-là où ça commence à être « Si je n’étais qu’une brute je ne pense pas que j’aurais joué pendant 17 ans à ce niveau. » méchamment gris. Et les p’tits enculés comme ça là, regarde, qui ne me laissent pas passer, ça commence à me gaver aussi. » La circulation est en effet des plus dense à l’approche de la porte de Champerret et les clignotants n’y changent rien. Un œil fixé sur le rétroviseur, l’autre sur la route, Vincent tourne le volant vers la droite et parvient à se glisser in extremis entre deux voitures. Timing parfait. « Ça je sais faire, je sais qu’il faut être agressif, sinon on se fait manger. » Un peu comme sur le terrain, en fait. « En plus, c’est vrai ! » Aux abords du Palais des Sports Marcel Cerdan, l’environnement redevient tout de suite moins hostile. Comme à l’époque de ses débuts, Vincent habite à Levallois, à deux minutes à pied de la salle. « C’est beaucoup plus pratique pour les entraînements, et puis les appartements du club sont ici. De toute façon, essaie d’avoir un appartement à Paris avec un CDD, même si tu gagnes beaucoup de sous, il faut te lever tôt pour l’avoir ! Et puis Levallois, c’est vraiment très agréable à vivre, on est à Paris en cinq minutes et il y a tous les petits commerçants, c’est calme et tranquille. » Une fois la porte du Limousin poussée, c’est pourtant l’effervescence. La brasserie est bourrée de clients et un tapis de feuilles mortes recouvre le sol. Pour la sortie du Beaujolais nouveau, l’établissement a décidé de jouer la carte automnale. À peine entré, Vincent commande un pichet histoire de goûter la nouvelle cuvée, tout en fixant des yeux l’écran plat sur le mur, qui rediffuse le match d’Eurocup entre Villeurbanne et Valencia. « Je ne l’ai même pas vu », dit-il. « Il paraît que Tony a été énorme ? » La veille, Vincent était en plateau sur Sport+, pour le déplacement de Nancy à l’Olympiakos, ou Papadopoulos a causé bien des misères aux intérieurs lorrains. De l’avis de Jacques Monclar, les talents de masseur de côte de « l’ostéopathe » auraient d’ailleurs été bien utiles à Nicolas Batum et les siens. « Ça ne m’a jamais dérangé qu’on dise ça de moi parce que je joue un rôle en fait, je ne suis pas du tout comme ça dans la vie », assure Vincent. « Quand je joue, je me transforme, je suis quelqu’un d’autre, j’ai une agressivité, un surnom. Les gens me craignent un peu, ça me plait. Pour moi c’est valorisant, je n’ai pas besoin qu’on me dise que je suis un bon basketteur, je crois que mes entraîneurs le savent aussi et si je n’étais qu’une brute je ne pense pas que j’aurais joué pendant 17 ans à ce niveau. Et puis en plus, c’est vrai ! Un peu en tout cas, je ne peux pas la nier. Je n’ai jamais été le meilleur, ni le plus talentueux, ni le plus fort ni le plus athlétique donc pour m’imposer, il a fallu que je me donne tout le temps et que je m’engage. Dès mon plus jeune âge, j’ai eu l’habitude d’écarter les coudes pour me protéger et pour aller au rebond parce que si je ne fais pas ça je n’existe pas. Je ne peux pas me reposer sur d’autres qualités, c’est ma façon d’exister et j’en suis conscient donc je le fais avec beaucoup de volonté. Le sale boulot, il n’y a pas beaucoup de monde qui accepte de le faire. Moi je l’accepte, je le fais avec plaisir et ça me permet de jouer au haut niveau. » Et ça fait longtemps que ça dure. REPORTAGE• MAXI-BASKET 29



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