Le Rire n°344 4 sep 1909
Le Rire n°344 4 sep 1909
  • Prix facial : 0,20 F

  • Parution : n°344 de 4 sep 1909

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 35,1 Mo

  • Dans ce numéro : les immortels principes.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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,k LA CONQUÊTE DE L'AIR [.E PROFESSEUR D'AVIATION. - Pour réussir un beau vol, choisissez — Père Vacheux, parait qu'il a passé des éaro... érao... aréoplanes... un terrain ni trop sec, ni trop humide. On plane mal quand il `- a de la boue... _ J'vous crois; même qu'ils m'ont défoncé mon champ''... LE RIRE 1)E LA SEMAINE Hélas ! ce n'était pas vrai... Jamais il n'a été question en Amérique ou ailleurs d'acheter pour 500.000 francs, ni même pour une somme plus considérable, le gosier de la Patti. Le secrétaire de cette célèbre cantatrice vient d'écrire à un de nos confrères : e C'est un de ces bruits qui ne reposent et n'ont jamais reposé sur aucune espèce de fondement, et qui n'ont rien de vrai, ni même de vraisemblable. u Tant pis ! Le gosier de la Patti, qui donna le contre-fa, valait bien un demi-million : cette fois non plus, la note n'eût pas été trop élevée. J ai rencontré le professeur Jin ► key Hanneton (esq.) qui, d'un air navré, m'a déclaré ceci : — Si cette nouvelle n'est pas exacte, elle mérite de le devenir... Quel dommage qu'un Carnegie ou un Rockefeller ne consacre pas ses millions à la fabrication d'une femme parfaite ! — Que voulez-vous dire, mon cher professeur? — C'est bien simple... Carnegie achète[ ait le nez de la Cavalieri, les yeux de Robinne, les lèvres d'Arlette Dorgère, les dents d'Emilienne d'Alençon, les cheveux de Lantel fille, les bras de Mme Héglon, les épaules de Marville, les seins de la belle Aymos, les hanches d'Otéro, les jambes de Mistinguett, les pieds de Regina Badet... j'oub.lie les mains de la Troul[anowa, les oreilles de Cléo de Mérode et la taille de Polaire... — Comme vous y allez !... — Attendez... La beauté physique ne suffit pas. A la place de Carnegie, je me procurerais également le cerveau de Mme Lucie Delarue-Mardrus (ce ne serait pas très cher), le gosier de la Cavalieri, le coeur d'artichaut de la comtesse de Noailles et... et... Lnfin, j'achèterais de bric et de broc toutes les pièces détachées nécessaires à la construction de la femme idéale. — Vous avez oublié le principal. — C'est sans doute ce qu'on se procurerait le plus facilement : il y en a partout et dans tous les prix. — Mais cette femme coûterait extrêmement cher.., — J'ai calculé qu'une fois terminée, vérifiée, prête à marcher, cette femme idéale, faite de pièces et de morceaux de choix, reviendrait à dix-sept millions huit cent quarante et un mille neuf cent trente et un francs quarante-cinq centimes. — Bigre ! La voilà bien, la femme chère !! Le professeur Jimkey Hanneton (esq.) avala son corpse revive,- (ai-je dit que nous étions entrés dans un bar?). et, sentencieusement, il déclara : 't Ji+ — Un peu chérie, en effet... D'autant plus, old good fellow, que l'on trouve des femmes très bien et toutes préparées à des prix sensiblement moins élevés. Et nous commandâmes deux whisky and soda avec beaucoup de whisky... * * Mile Jeanne Orhliac a dû emprunter quelques-uns de ses charmes aux jolies personnes que nous venons d'énumérer. En effet, non contente d'avoir été acclamée reine des reines de Paris, — et, bien qu'il ne soit plus berger, Paris donne toujours la pomme à la plus belle, — voici que cette jeune charcutière vient d'obtenir le premier prix au concours de beauté de Folkestone. Cette cité anglaise m'a l'air de se soucier assez peu de l'aviation et des aviateurs. Elle organise maintenant un concours de beauté pour messieurs... Sont déjà inscrits : MM. Paul Deschanel (cinquante ans, soixante-sept kilos, Français); Le nain Delphin (vingt-neuf ans, dix-sept kilos, Français) ; Coutant d'Ivry (cinquante-huit ans, quatre-vingt-dix kilos, Français) ; Lehargy (quarante-six ans, soixante-dix kilos, Français); Little 'l'ich (cinquante ans, trente-neuf kilos, Anglais) ; Chocolat (quarante ans, soixante-neuf kilos, nègre); Guitry (cinquante-cinq ans, cent kilos, Français). D'autres engagements sont annoncés. Le premier prix consiste en... une jeune et jolie veuve agrémentée d'une dot de cinquante mille flancs. Il est vrai que cette dame se réserve le droit de ratifier la décision dil jury, naturellement composé de personnes du sexe. Espérons donc que le vainqueur de ce tournoi sera : 1° célibataire ; 2° fait de telle sorte qu'il réalise l'idéal de la jeune et jolie veuve; 3° désireux de se marier. S'il ne réunit pas ces conditions, il devra se contenter du deuxième prix, c'est-à-dire d'un piano... Au fait, mieux vaudra peut-être pour lui emporter le piano : en effet, quand cet instrument se détraque, on fait venir l'accordeur, — tandis qu'il n'y a pas d'accordeur pour les ménages sans harmonie... * * Mais n'eut-il pas été plus logique de conjoindre le premier prix de beauté masculine avec le premier prix de beauté féminine ? .. C'est une idée de ce genre qu'avait eue je ne sais plus quel philanthrope de Rouen, lequel voulait doter richement des couples de géants... Et ne croyez pas qu'il s'agisse d'un canard à, la rouennaise : cet original était persuadé qu'un géant et une
géante ne pouvaient engendrer, si j'ose dire, que des petits grants. Comme si la montagne n'avait pas l'habitude d'accoucher d'une souris. Mais les montagnes elles-mêmes — je parle des montagnes françaises — n'accouchent plus de rien : elles contribuent, elles aussi, à la dépopulation. On pourrait transformer comme ceci les fameux vers de Camille Doucet : Depapulation ! dépopulation ! Toi qui seras toujours ma désolation ! Pour les grands quotidiens, et même pour les petits (sans parler des hebdomadaires), la dépopulation est un fameux sujet d'article : beau prétexte à pondre de la prose... Mais hélas! ce n'est lias de la prose qu'il faudrait pondre. Un de mes amis me disait : — Comment voulez-vous repeupler un pays dans lequel l'expression faire une fin signifie se marier? 11 semble que le mariage doive être un port duquel on s'élance hardiment vers de nouveaux rivages; c'est un port, oui, mais où on se réfugie après les orages de la vie, telles ces vieilles corvettes qui prennent leur retraite dans l'eau calme des bassins. Rien de plus vrai. En France, le mariage est, au théâtre, dans le roman et dans la vie, un dénouement. 11 y a encore beaucoup d'exceptions, mais du train dont vont les choses, vous verrez que, dans la marine conjugale, il n'y aura bientôt plus que des corvettes désarmées. Heureux encore quand elles ne sont pas avariées... En Chine, tout mariage stérile est annulé, de plein droit. Excellent système dont voici les conséquences : 1° Obligation de se marier jeune pour être certain d'avoir des enfants; • 2° Empêchement des mariages entre vieux barbons et jeunes personnes ou bién entre dames âgées et jeunes messieurs, ces unions vouées à la stérilité (pas toujours, il est vrai) devant rester éphémères; 3° Suppression de l'amour conjugal égoïste... En Chine, les époux ne se contentent pas de se prouver réciproquement leur amour : ils doivent encore le prouver à la société; sinon, le mandarin les sépare... Au Céleste-Empire, le mariage est un moyen et non un but : ce n'est pas une retraite, c'est le service actif. A propos de mariage, il suffit 'de prononcer le nom de M. de Foy pour réveiller cirez tous les vieux Parisiens le souvenir de cet extraordinaire « innovateur-fondateur de la profession matrimoniale ». Je retrouve dans une vieille collection de journaux cette annonce de M. de Foy : 27° année. — M. DE FOY. — 270 année. MARIAGES LE BRULEUR DE - PAILLE — Comment diable voulez-vous que j'aie fichu le feu â quéque chose! l'ai que des allumettes de la Régie... PLAQUÉE PAR UN AVIATEUR — Croyez-vous ? C't'aéromufle qui me laisse en biplan! — Pourquoi en « biplan D ? — C'est la deuxième fois qu'il m'litche... Dessins de ME'rivEr. « Qui croirait, dans un siècle de pr, grés, comme celui-ci, que des milliers de mariages faits dans toutes les classes de la société, par la médiation de M. de Foy et ce, pendant vingt-sept ans, n'ont point encore totalement suffi, cirez certains esprits étroits, à démontrer cette éclatante vérité que c'est une chose précieuse de pouvoir choisir un parti selon son goût dans un riche répertoire et de faire tourner à son profit les lumières (l'un homme expérimenté, afin de bien se marier. Aujourd'hui, ce préjugé est vaincu... Aussi une extension immense vient d'être donnée, par M. de Foy, à sa maison de France (sic) et sous peu seront assises des succursales à l'étranger. Les dames veuves et les mères de famille peuvent donc continuer à s'adresser, en toute sécurité, M. de Foy qui leur offrira, dans les vingt-quatre heures, des situations honorables dans tous les rangs. Un mystère enveloppe toujours M. de Foy dans les négociations comme dans les correspondances. Un appartement vaste permet de ne jamais se rencontrer, et, pour résumer, la maison de M. de Foy est une tombe et un confessionnal pour la discrétion. La maison de Foy a existé pendant un demi-siècle et elle a conclu des milliers de mariages. Ma,s n'est-ce pas que sa publicité était engageante? C'est a regretter de n'avoir pas été vieux garçon vers 1835... * * * Echos de la semaine de Reims. On a raconté l'histoire de l'Anglais qui se présente à l'hôtel de la Plume au cent et demande une chambre. — C'est archicomplet, déclare l'hôtelier... Seules, ma chambre et celle de ma fille ne sont pas louées L'Anglais réfléchit uni instant, puis gravement : — J'ai l'honneur, monsieur, de vous demander la main de mademoiselle votre fille. Dans un autre hôtel, un couple très titré se présente. — Une chambre pour monsieur et madame? demande l'hôtelier... Et le monsieur se récrie : — Une seule chambre? vous n'y pensez pas... Pour qui nous prenez-vous : nous sommes mariés! Troisième et dernière. Un Américain réclame au moment de régler sa note. On lui compte six francs d'électricité et il n'a pas tourné le commutateur une seule fois. — Oh! très bien, fait le gérant... Monsieur n'a pas consommé d'électricité... Alors, nous ne compterons que trois francs! DICK-ME-UP.



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