Le Rire n°233 21 jui 1923
Le Rire n°233 21 jui 1923
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°233 de 21 jui 1923

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 32,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'heureux chatelain.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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APRÈS LE SALON — Mon mari ?... Il est en pénitence !... Au pain sec et à l'eau !... Figurez-vous qu'il a encore raté sa médaille d'honneur, cette année' Dessin de G. PAvis. LE VIOLON Jacques Bouchard, violoniste qui, pour arriver plus sûrement à la notoriété, était connu dans les grands concerts de Paris sous le patronyme vaguement tchéco-slovaque de Yan Iszaspek, descendait la rue de Rome, sa boite à violon à la main. 1l passait chez son luthier acheter des cordes et respirait avec délices l'air pourtant assez frelaté qui circule autour de la gare Saint- Lazare. II se sentait heureux de vivre, simplement là était le premier jour de printemps, et il était dans un état d'esprit qui lui aurait fait trouver du charrie même aux choses et aux personnages les plus prosaïques. Comme il arrivait au coin de la rue de Madrid, il ressentit un choc au coeur... Devant lui, débouchant de la voie où passent et repassent les plus authentiques desservantes de Thalie et de Melpomène, j'ai nommé les petites « servatoires », il aperçut une jeune femme adorable. Comme lui, elle tenait à la main une boîte à violon -et déambulait gentiment avec cette allure cadencée et légère qui fait reconnaître entre mille les vraies Parisiennes de race. —:LTne collègue, pensa Jacques ; je ferais volontiers un duo avec elle, ajouta-t-il, é grillard. Puis, machinalement, il lui emboîta le pas. Il avait deux heures à perdre avant son apparition salle Gaveau où il exécu- parce que ce j our- — Donnez-moi votre fille. Je ne peux pas vivre sans elle ! — Prenez-la. Moi, je ne peux pas vivre avec elle ! Dessin de Marcel ARNAC. tait, ce jour-là, un concerto. Le printemps chantait... la petite femme avait souri en se voyant suivie, il n'y avait pas à hésiter. Il n'hésita pas et l'inconnue était à peine arrivée place de Rome que notre violoniste l'avait déjà accostée. — Vous rentrez chez vous, mademoiselle ? — Oui, monsieur, répondit la petite, peu farouche. — Après votre classe de violon, rue de Madrid ? — Parfaitement. — Voyez, je suis un collègue, et il lui montra sa boite it violon. La petite sourit. A. TOMBE A PIC fincocOLit
— Je suis sûre que vous riez être mon professeur. tour- — Vous avez probablement raison... Puis la conversation dévia très vite ; la jeune femme aussi, puisqu'au lieu de prendre l'autobus de la gare- Montparnasse qui la ramenait.chez elle, elle accepta une consoznination chez Mollard. Jacques avait commencé par causer musique et art. La petite, modeste et élève de première année seulement, n'avait pas eu l'air très emballée par ce genre de conversation ; aussi Jacques, qui de pins en  : plustsentait:l+auillonner dans ses'peines les, ardeurs printanières, parla bientôt d'autre chose. 11 en parla-éloquemment,.si..éloquemment même, qu'une demiheure plus tard, le virtuose, surpris malgré tout quelque peu par la rapidité de sa victoire, franchissait avec sa nouvelle conquête la porte vitrée d'un coquet hôtel meublé. —J'ai une grande heure devant moi, j'ai le temps, songea Jacques ; je ne passe chez Chevillard qu'à cinq heures juste... je ne peux pas rater cette occasion rare... Et ils'pénétrèrent dans la chambre accueillante. Les deux boîtes à violon s'allongèrent côte à côte sur un divan et leurs deux propriétaires firent de même sur le lit... Soupirs, bruits de coulisse, ipantbomine habituelle  : tirons un voile. La séance terminée... cinq heures moins le quart. Jacques se rhabillait vivement. Gaby, — elle se nommait Gaby, — le regardait faire et au moment où son amant d'une heure allait prendre congé d'elle en lui demandant un autre rendez-vous, la phrase rituelle tomba  : VIEILLE GARDE BONNE A. TOUT FAIRE Voilà, ce sera trais cents francs et couchée... — Monsieur ne ronfle pas, au moins ?.,Dessin de {Boewszas. — N'oublie pas mon petit cadeau. — Hein ?... Et Jacques resta interloqué. Ainsi... cette petite u servatoirefaire un - pareil métier ! Ecesite, je -vais t'expliquer, commença.la petite poule... — Non, je n'ai pas le temps, bredouilla Jacques, écoeuré maintenant. Puis, sans vouloir rien entendre, il plaça sur la cheminée un billet de 20 francs, reprit sa boite à violon et s'enfuit. — Si je m'attendais ronchonna-t-il _flans le taxi qui le conduisait salle Gaveau... Quelle grue tout de même !... Moi qui croyais... Ah ! on ne m'y reprendra plus ! Tout à fait furieux, il franchit la porte du concert et gagna. son pupitre où, face au public, il devait interpréter son concerto. Grand silence dans l'assistance après quelques applaudisse-, ments. Chevillard leva sa baguette, Jacques ouvrit sa botte à violon pour en extraire -son stradivarius. Il resta stupide... le violon n'y.était plus... Hébété, il en tira... un pantalon de dentelle... un soutien-gorge... une combinaison mauve... L'assistance se tordait et Chevillard le foudroyait du regard... Il comprit...  : il avait pris, sans faire attention la boite de sa conquête d'une heure, boite.où celle-ci rangeait ses.instruments de travail. et qui lui servait à exercer son métier lucratif en racolant des clients, attirés comme lui par le piment d'une aventure avec une petite servatoire >. Eric DEMEIGE. LA FORCE DE L'HABITUDE — Toujours coquette la marquise !... Elle se défend ! — Oui !... mains on ne Cattaque ; tus. Dessin d'Arsène BE=LYoT. — Ne bougeons plus ! Dessin de LINSKY.



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