Le Rire n°233 21 jui 1923
Le Rire n°233 21 jui 1923
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°233 de 21 jui 1923

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 32,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'heureux chatelain.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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t. THIBAUD & CN r o& Sue de Marignan  :  : Paris Gisas SOLUTION N E UN PROBLÈME IRRITANT Êtes - vous jamais entré dans un v magasin pour acheter une brosse dents sans vous dire  : Laquelle vais-je prendre ? Êtes - vous jamais sorti d'un magasin en vous disant  : je suis sûr d'avoir acheté une brosse parfaite ! Jamais ! aujourd'hui nous vous apportons la solution du problème avec la Brosse a Dents Étudiée spécialement : Forme incurvée avec touffe de poils à l'extrémité, permettant de pénétrer partout.
POUR LE NONCE, ET L'AMI JOHN BULL HERR CUNO. - Les sabotages et les crimes ! Je les réprouve, les désavoue et les flétris  : ils sont ratés, nous les voulions beaucont mieux que ça. LA FANTAISIE DE LA SEMAINE L'ingénue et la Coquette Comme Agnès Durand avait assez bien dit  : « Le petit chat est mort », le jury du Conservatoire lui accorda un deuxième prix qui fut approuvé par tout le monde, même par M. Laigné- Poé Clorinde de Valdor (née Victorine Dupont), fut des plus mauvaises dans la Célimène du Misanthrope, mais, comme elle avait des protections politiques et même diplomatiques, le jury lui décerna uni deuxième accessit qui fut approuvé par tout le monde, y compris M. Antoine. Agnès Durand fut aussitôt engagée ali, Théâtre-Français, à raison ale 35o francs par mois. Clorinde de Valdor, que sa modeste récompense ne désignait pas à l'attention des directeurs de théâtres subventionnés ; entra sans tarder au théâtre des Amusements dramatiques,. à raison de 200 francs par représentation (je veux dire qu'un banquier de ses amis versait à la direction 6.800 francs par mois, car il. faut tenir compte des matinées). Agnès Durand était jolie, mais un peu boulotte et dépourvue de chic, d'allure, de bagout  : de plus, elle était ingénue au point de ne pas avoir d'amant. Clorinde de Valdor était assez laide, mais d'une maigreur tout à fait élégante  : elle avait, depuis. deux ans déjà, petit hôtel et grosse voiture. Agnès fit ses trois débuts dans le répeitoire classique  : elle avait du talent, mais personne ne s'en'aperçut. La critique lui consacra quelques lignes rapides, et M. ttuile Fabre lui : dit,- entre deux portes  : Travaillez, mademoiselle. Vous avez quelque chose ! Clorinde débuta dans une pièce intitulée  : La petite grue. Elle jouait le rôle de la petite grue. Au « un » elle était en pyjama, au « deux , en combinaison, au « trois » en chemise. La. presse fut, pour elle,  : autant plus copieuse et laudative que Clorinde avait des protecteurs à : la fois nombreux, puissants et'riches... Son portrait en, costume de bain'fut publié par maints journaux et elle fut interviewée par une bonne douzaine de reporters à monocle. Son directeur, MI. Bordenave, la fit venir dans son cabinet et lui dit  : — Ton avenir est fait, ma petite. Tu as quelqu'un ! ** Après ses débuts officiels, Agnès Durand retomba dans le silence et l'obscurité. Pour elle, comme pour tant'd'autres, le Théâtre-Français fut une sorte d'administration où la faveur et l'ancienneté l'emportaient sur les droits que'devraient conférer le talent et la jeunesse. Agnès ne joua que des rôles de troisième plan. Et, pour son malheur, elle les joua avec une grande conscience. Ses camarades disaient  : Elle a du mérite. Le directeur de la scène déclarait. Elle rend des services. L"adluiüistrateur proférait  : Elle a de l'étoffe. Malheureusement, cette étoffe n'était que de la panne. Pérsorine ne parlait d'Agnès Durand qui, pour rentrer chez sa mère, rue Rochechouart, prenait l'autobus ou le métro et qui, en fait de bijoux, ne portait qu'un bracelet composé d'un poil d'éléphant avec fermoir en doublé. En revanche, Clorinde de Valdor obtenait de grands succès au théâtre et à la ville.



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