Le Rire n°208 27 jan 1923
Le Rire n°208 27 jan 1923
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°208 de 27 jan 1923

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 43,6 Mo

  • Dans ce numéro : ça ne se refuse pas !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Êtes - vous satisfait de l'état social actuel, Si vous ne l'êtes as LISEZ journal de critique politique et de perfectionnement social JAMAIS SECTAIRE JAMAIS NEUTRE allié naturel et défenseur de tous les travailleurs LES MANUELS LES INTELLECTUELS Abonnement UN AN 50 francs - Chèques postaux  : 6028-Paris
NOS COMMUNISTES — Ils nous indemniseront, hein ? les barons de la Ruhr ? — Natürlichl... et sans moratoire. LA FANTAISIE DE LA SEMAINE Le Martyre de la Femme obèse Henri Béraud nous a conté les infortunes amoureuses d'un homme gras... Il est possible qu'un cent-kilos réussisse moins facilement qu'un aztèque auprès des femmes  : nombre de cellesci en sont restées à la conception romanesque et romantique du beau ténébreux lequel ne ressemble évidemment pas à Pauley. Et elles savent que les bons coqs sont maigres... Mais il est des obèses du sexe masculin qui ont été des manières de don Juan. Caruso par exemple... Les grands ténors sont souvent de gros ténors et leur ventre ne les handicape pas trop dans la course à l'amour. Raoul le Boucher, le fameux lutteur, n'avait certes rien de la silhouette de Lorenzaccio  : il tomba cependant bien des belles, et du meilleur demi-inonde. Dans le passé, citons, parmi les poids lourds qui n'eurent pas à se plaindre des femmes, Dumas père et Sainte-Beuve. Napoléon, qui était un 0 petit gros », fit maintes conquêtes sans avoir recours à la vieille garde  : demandez plutôt A.M. Frédéric Masson ! Et si vous m'objectez que le mari de Joséphine a été cocu, je vous répondrai que Victor Hugo et Alfred de Musset l'ont été aussi, — et cependant ils étaient maigres ! On peut donc dire que si le ventre n'est pas un atout au jeu de l'amour, ce n'est pas non plus un obstacle insurmontable dans la carrière de qui veut plaire aux femmes. L'homme obèse n'est pas, à Cythère, un paria. Mais la femme obèse ne peut guère espérer que ses formes exagérément opulentes lui vaudront beaucoup de succès, — si ce n'est auprès des potaches, et encore ! La femme colosse a beau montrer et même laisser toucher ses mollets et ses cuisses dont le format égale celui de la colonne de la Bastille, elle ne trouble pas les coeurs. Notre siècle est celui de la femme maigre, de la femme plate, de la femme efflanquée. Ni fesses, ni tétons, ni ventre, tel est le programme de nos contemporaines soucieuses de séduire. Mme Cent-Kilos est une incomprise, une délaissée... Elle voit les hommes s'empresser autour des petites femmes qui n'ont, ni par devant, ni par derrière, de quoi remplir la main d'un honnête homme. Elle peut avoir le plus joli teint du monde, de beaux yeux, des dents éblouissantes, une main délicatement potelée, ses « charmes » ont beau se tenir beaucoup mieux que ceux de bien des maigres... rien n'y fait  : elle est obèse, elle parait énorme et personne ne songe à tenteF l'assaut de cette place forte aux bastions imposants. La malheureuse verra, non sans amertume, de gros bonshommes courtiser, avec succès, des femmes maigres... L'obésité n'est un vice rédhibitoire que pour son sexe. Il faut être maigre ! Sois maigre et tais-toi, » dit le poète d'aujourd'hui. ** Aussi, pour lutter contre l'invasion de la graisse, la double ponette se soumet à une discipline effroyable... Rares sont les hommes gras qui ont déclaré une guerre implacable à leur ventre. Ils adoptent bien un régime, mais ils ne le suivent pas longtemps et encore s'octroient-ils de fréquentes exemptions. Les femmes grasses qui veulent retrouver la ligne de Diane ne reculent devant aucun sacrifice, aucune souffrance, aucune gymnastique suédoise, aucun massage. Ce sont de véritables gladiatrices qui, avant de combattre, pourraient nous dire  : — Celles qui vont maigrir te saluent J'ai connu de ces dames un peu fortes qui, pendant plusieurs mois, n'ont mangé que de vagues légumes arrosés de jus de citron, d'illusoires salades oit le vinaigre l'emportait terriblement sur l'huile... Maigrir, ah ! maigrir ! Et quel bonheur lorsque sur la balance, après de longues semaines de famine, la grosse dame pouvait s'écrier  : — J'ai perdu deux kilos !...



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