Le Rire n°208 27 jan 1923
Le Rire n°208 27 jan 1923
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°208 de 27 jan 1923

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 43,6 Mo

  • Dans ce numéro : ça ne se refuse pas !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LA CONSIGNE CE QUE FEMME VEUT... — Un jeune homme est venu vous demander, monsieur, il y a une heure. — Je vous avais bien recommandé de dire que j'étais sorti, n'est-ce pas ? — C'est ce que j'ai dit... Il m'a répondu  : « Ça colle... » Et il a filé vers la chambre de Madame. Dessin dANGÉLI. — J'en ai assez, je retourne chez maman ! — Alors, à ce soir ! — Et puis, non  : je vais aller nie suicider ! — Alors..., à tout à l'heure ! Dessin de BOGIs(.As. une plante verte dans un vase. C'était tout. Pour tuer le temps, ment. Il arrondissait la bouche et d'une petite voix caressante je mit livrai à des conjectures variées  : qui flûtait comme un filet de vent à travers un trou de serrure  : — Lili ?.. Est-ce que c'est sa chienne ou sa cuisinière ? — Tu n'as pas trop chaud ?...'Tu veux un coussin ?... Reprends... De quel pays suis-je censé revenir, grands dieux !... encore un peu de ces rillettes ?... Ne lui parle pas trop, Lili... tu S'il reconnaît que je me suis moqué de lui, ce colosse est vas le fatiguer capable de me jeter par la fenêtre ! Puis tout à coup il se frappa le front  : J'en étais là d'mes réflexions lorsque la porte s'ouvrit... Une — A propos... tu restes coucher ici... Mais si... mais si... tu adorable jeune femme à la che- retrouveras ton lit-divan dans le velure flamboyante comme un saison.comme autrefois... n'estpunch, aux yeux cernés de bis- A LA MANIÈRE DE... ce pas, LM. ? tre, s'élança vers moi et me prit — Bien sûr ! le menton  : Et je sentis sous la table sa — Voyons voir ce revenant ? 1.- chaussure grignoter la mienne. Oh ! mais il n'a pas trop changé... ( ( v i _,-, 1e. fit., i Engraissé peut-être ?... Ça lui va I r"., * y- d'ailleurs très bien... On peut ! t f ` -.41.,-. l'embrasser ? Is., ! — On peut, affirmai-je sans hésiter. -= Et elle m'appliqua sur la joue un baiser sonore. — Mon vieux, me dit le colosse dès que nous fûmes à table, c'est à la fortune du pot, ici... Un restant de veau, des rillettes et du fromage de chèvre.. Dame ! ça ne sera pas aussi bon que tes restaurants d'Angleterre ! En hâte, je fis. appel à tous mes souvenirs de géographie'1 - Les femmes sont toutes r ` laides et bossues, madame, fis-je/$ galamment., Elle était décidément char- ` mante, cette Mme Lili. Elle me regardait avec un sourire un peu narquois et je lisais dans ses — Ça marche les affaires ? yeux mille pensées malicieuses. — Peuh ce qu'il nous faudrait,à Paris, ce serait un Musso-'Quant à mon colosse, il était lini, avec son système à l'huile de ricin !... grotesque à force d'attendrisse- Dessin de GEORGKEDWAIID. - 2',-, n 1, i\` Déjà Dei a la voix chantante de ` Mme... — mettons de Mme Lili, — l s'élevait  : `. — Et il y a de folies choses en/Angleterre ? 1 — Très jolies... Seulement il y,/a beaucoupde brume,alors on i I ne les distingue pas très bien./, — Et les femmes ?... Comment, , h/sont-elles ? i//- I\  : (- : f)Ç1ALi Vous raconterai-je la nuit qui suivit, l'entrée discrète de Mme Lili dans ma chambre, ses étonnements adorables (Oh ! tu n'as plus ton grain de beauté sur l'épaule ?)... ses reproches (Pour- quoi ne m'as-tu pas écrit plus souvent, méchant ?)... et surtout ses baisers sans fin... ? Jamais jet n'avais ressenti pareil vertige. C'était à la fois grisant et cocasse, délicieusement triste aussi. J'vais l'impression de n'être plus moi-même., et de vivre un chapitre P de roman. Aussi, le lendemain matin, je pris garde de ne pas, ouvrir trop vite les yeux. Je. me levai à tâtons et poussai doucement la porte par où s'était éclipsée ma fougueuse amie. Sa chambre était vide. Je retournai sur mes%. v pas. Mon linge, mes vêtements,\, mon portefeuille si copieusek "'- L ment garni avaient disparu. Sur la cheminée, près du chapeau crasseux, un papier couvert d'une grosse écriture d'homme disait  : 0 Merci, pauvre imbécile ! 1,a prochaine fois, amène donc des amis. — P.-S. Je te laisse le melon. 0. M. J. DE STAEL.
Même en voyage, nous aurons notre appareil. L'élégant chapeau à antenne sera à la mode. MÉFIEZ-VOUS DE LA T. S. F. La téléphonie sans fil sera bientôt d'une application courante. Dans le train, à l'hôtel, en bateau, nous resterons constamment en comItlunication avec nos amis ! Sans aucun doute, comme avec les demoiselles du téléphone (à fil), il y aura bien quelques erreurs.. les imprudents causeront même des catastrophes.. et les indiscrets entreront dans les conversations comme les chiens dans les jeux de quilles. mais quelle commodité, lorsque vous voudrez prévenir madame votre épouse que vous êtes retenu par les devoirs de votre charge !..\(, 111... Et puis, avec le concert de la Tour Eiffel, quelles belles matinées vous organiserez à domicile ! ... et, pour Madame, quel moyen sera plus pratique quand ses occupations la retiendront plus tard qu'elle ne le voudra ? Enfin, si Édison parvient à nous faire communiquer avec les morts, espérons que ceux-ci sauront utiliser les dernières inventions de la science pour nous donner les satisfactions qu'ils nous auront refusées de leur vivant. Dessins de MARS-TRICK.



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