L'Essentiel de la Psycho n°28 jun/jui/aoû 2015
L'Essentiel de la Psycho n°28 jun/jui/aoû 2015
  • Prix facial : 6,80 €

  • Parution : n°28 de jun/jui/aoû 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 27,0 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... changer pour être soi.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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THINKSTOCK D.R. MOI & MOI ◗ Moi & ma vie « Bipolaire » … Que faire ? Bien connu des spécialistes, mais encore peu du grand public, le trouble bipolaire est plus répandu qu’on ne le croit, y compris dans la population française, mais pas facile à diagnostiquer. Un coup de projecteur s’impose pour mieux le comprendre et savoir le traiter. C’est l’actrice Catherine Zeta- Jones, épouse du comédien américain Michael Douglas, qui a fait la Une de la presse internationale il y a quelques années 104 L’ESSENTIEL DE LA PSYCHO 50 FÉMININPSYCHO en révélant aux médias qu’elle souffrait de troubles bipolaires, mettant ainsi l’accent sur une maladie souvent méconnue du grand public. Des hauts… et des bas Le mot de bipolarité évoque plutôt le monde de la physique que celui de la psychiatrie. Auparavant dénommés « psychose maniaco-dépressive », les troubles bipolaires affectent l’humeur du patient. Il traverse alors des phases dépressives (des bas) et des phases dites maniaques (des hauts). Entre les deux, le comportement est normal, ce qui explique la difficulté à faire un diagnostic précis. Il n’est pas rare en effet de prendre ces « états d’âmes » pour des crises passagères dues à un mauvais caractère ou à des difficultés temporaires, surtout si les crises sont espacées, comme cela peut être le cas. Les hauts  : La phase maniaque La manie est synonyme de folie en grec. Elle se traduit par une excitation de type pathologique. La personne semble très heureuse, voire trop, presque euphorique. Elle est généralement dans une période de totale hyperactivité, menant plusieurs projets à la fois. Cela se traduit aussi par les mots ; le patient ne cessant de parler, éprouvant le besoin de s’exprimer sans cesse sur toutes sortes de sujets. La personne peut sembler être au comble de la joie, puis se mettre à pleurer. Elle est parfois également irritable et difficile à supporter. Il arrive que cela ait une influence sur le comportement sexuel ou social, avec perte totale d’inhibitions. Le malade est bavard, cherche les contacts, adopte parfois une attitude
surprenante, se permet des commentaires inhabituels, bouge beaucoup, s’habille de façon différente, parfois provocante. Il est possible aussi que la personne se lance dans des dépenses folles, exagérées, mettant en péril son budget. Les personnes en phase maniaque sont souvent mégalomanes, ayant la conviction d’être toutes puissantes. Un sentiment qui peut avoir des conséquences néfastes, car il donne l’impression de pouvoir tout oser et la notion du risque est totalement brouillée. Idem pour le besoin de sommeil, qui se raréfie et il n’est pas rare qu’elles maigrissent même si elles mangent normalement. Le problème est que rien ne semble expliquer l’origine de tels excès, car la plupart du temps, il n’y a pas eu d’événement traumatique qui pourrait éclairer le début de la phase maniaque. Les bas  : La phase dépressive Au contraire de la phase précédente, la personne est déprimée, profondément triste, fatiguée. Elle fonctionne au ralenti et n’a plus de goût pour rien. Cela va parfois jusqu’à la fameuse mélancolie des poètes romantiques qui traduisait effectivement un état dépressif profond. Certains veulent mourir et le risque de suicide ne peut être écarté car la personne n’a plus aucun allant, son énergie vitale semble avoir disparu. La personne dépressive ne peut mener sa vie au quotidien, sauf à faire des efforts qui deviennent rapidement insurmontables. Cela peut s’exprimer par des moments de cafard, un manque d’envie de sortir, de mener à bien les tâches habituelles. S’il s’agit d’un sportif, il cessera cette activité qui habituellement lui fait plaisir, idem pour les loisirs culturels. Il n’est pas rare que la concentration intellectuelle, voire la mémoire soient temporairement affectées. Autres signes distinctifs  : la personne est bien couchée, mais a des difficultés à dormir, n’a plus envie de cuisiner ou de manger, et la libido est totalement amorphe. Cela n’empêche pas un sentiment de culpabilité qui vient renforcer la dépression. A cela peuvent s’ajouter d’autres signes, mais qui sont difficiles à lier les uns aux autres  : des douleurs diffuses, une anxiété importante, un repli sur soi… En fonction des cas, certains pourront devenir très irritables, difficiles à supporter, d’autres auront tendance à boire trop ou prendre des médicaments. On estime que la durée d’une phase doit être d’au minimum quinze jours pour représenter un épisode significatif. Mais il peut s’agir de moments qui durent plusieurs mois si aucun traitement n’est fourni. Attention, une période de déprime passagère n'est pas un signe systématique de bipolarité. La difficulté de poser un diagnostic On comprendra d’après la description des phases précédentes que le diagnostic soit parfois difficile à poser. En effet, la dépression est relativement facile à détecter si elle se prolonge. Le problème est que dans le cas de la bipolarité, la personne semble aller très bien dans les phases maniaques et reprend même un comportement tout à fait normal entre deux crises. D’autre part, la fréquence des crises est très aléatoire et variable d’une personne à l’autre. C’est donc souvent la répétition de crises de façon rapprochée qui provoque la demande de consultation. Le malade n’a pas conscience de sa maladie et l’entourage non plus ; le côté psychologique étant souvent mal perçu. Le bipolaire est difficile à vivre, mais il peut se passer plus d’une dizaine d’années avant qu’un diagnostic ne soit établi. En France, il est nécessaire de consulter souvent plusieurs médecins avant de parvenir vraiment au diagnostic et donc au traitement. On estime qu’environ 40% des dépressifs sont bipolaires. La tristesse, les envies suicidaires peuvent faire penser à la dépression sans pour autant aller jusqu’à la bipolarité. D’autant que d’autres causes peuvent être à l’origine de cela. Il faut donc explorer les pistes de la mononucléose, de l’hypo ou hyperthyroïdie, mais pas seulement. La prise d’alcool régulière, ou de drogues peut aussi mener à la dépression, voire à la bipolarité  : on estime que 60% des bipolaires abusent de l’alcool ou d’une autre substance. Sans oublier d’autres maladies de type psychiatrique telle que la schizophrénie. Tous concernés ? Il ne faut évidemment pas confondre les « lunatiques » et les « bipolaires », sinon, nous serions presque tous touchés. Le trouble bipolaire apparaît la plupart du temps au début de l’âge L’ESSENTIEL DE LA PSYCHO 105 FÉMININPSYCHO 51 THINKSTOCK D.R.



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