L'Essentiel de la Psycho n°28 jun/jui/aoû 2015
L'Essentiel de la Psycho n°28 jun/jui/aoû 2015
  • Prix facial : 6,80 €

  • Parution : n°28 de jun/jui/aoû 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 27,0 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... changer pour être soi.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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ENQUÊTE « Changer… par amour » ◗ Moi & l’amour guer ainsi  : les besoins de croissance sont ceux qui visent l'expérience de la satisfaction et l'épanouissement personnel tandis que les besoins de déficience concernent la survie et la sécurité. On parle ici de "déficience" parce que c'est un manque actuel ou potentiel qui sert de motivation, alors que c'est la recherche d'un "plus" qui nous anime dans nos besoins de croissance. Ces derniers sont essentiellement d'ordre psychique tandis que les besoins de déficience sont à la fois physiques et affectifs. Selon Maslow, la tendance actualisante s'incarne dans les besoins de croissance, mais seulement à la condition que les besoins de déficience soient comblés. En somme, il faut avant tout avoir assuré sa survie immédiate et sa sécurité physique ou affective avant de pouvoir s'attaquer à des besoins plus "luxueux" comme l'épanouissement personnel. Autrement, la tendance actualisante nous pousse à prendre d'abord les moyens nécessaires pour survivre physiquement et psychiquement. EXPERT 102 L’ESSENTIEL DE LA PSYCHO 48 FÉMININPSYCHO Si l’on adapte l’analyse de Maslow aux problèmes de couple, l’éclairage devient très intéressant. Quand une relation ne nous procure pas la satisfaction de nos besoins de croissance, nous avons tendance à l'abandonner pour la remplacer par une autre plus prometteuse. Ce n'est pas nécessairement dans ces termes que nous le formulons ; nous parlons plutôt de routine qui s'est installée, d'ennui, d'amour éteint ou de baisse de libido. Parfois, nous attachons surtout notre attention aux caractéristiques de la nouvelle relation  : nous tombons amoureux de quelqu'un d'autre, nous cédons aux charmes de la nouveauté ou du mystère, nous nous laissons séduire par un corps plus jeune ou simplement différent... Il faut y regarder de près pour déceler que le désir d'épanouissement personnel se trouve à la source de cette rupture. Lorsque la relation continue malgré tout alors qu'elle n'apporte pas la satisfaction de nos besoins de croissance, c'est la plupart du temps sur la base d'un compromis. Nous acceptons l'insatisfaction en échange d'une réponse à d'autres besoins. JEAN-GEORGES LEMAIRE, psychanalyste, spécialiste des thérapies de couple Comment rester soi tout en aimant l’autre ? « La question pourrait aussi être  : peut-on rester soi et aimer ? Ou même  : doit-on vouloir rester soi dans le lien amoureux ? L’identité du sujet n’est pas acquise à la naissance, elle se conquiert lentement et toujours en connaissant des limites. Tout soi-même ne tient pas à l’intérieur de son propre corps. Ce que l’on donne à l’autre et ce que l’on reçoit de lui fait partie de notre identité. Mais à notre époque, où les croyances traditionnelles sont bousculées, de nouvelles croyances apparaissent, dont celle d’une totale indépendance du sujet. C’est un mythe. S’il est important pour chacun de se constituer comme sujet, il ne faut pas pour autant le prendre comme un absolu et vivre la relation à l’autre comme une aliénation. » THINKSTOCK D.R. Le point de vue de Jean Garneau Selon Jean Garneau, psychologue, dans « La lettre du psy »  : « La personne qui renonce à une vie conjugale où elle pourrait s'épanouir ne le fait pas sans avoir des raisons importantes. La plupart du temps, elle sacrifie ses besoins de croissance en échange de garanties (plus ou moins illusoires) d'obtenir la réponse à certains besoins de déficience. Par exemple, on accepte une vie amoureuse terne en croyant obtenir en échange la sécurité matérielle ou physique, l'aisance monétaire, un statut social avantageux, la possibilité d'éviter d'affronter certains défis, etc. Les exemples de compromis de ce genre sont tellement nombreux et classiques qu'il semble superflu de les décrire. Mais comme ils ont tendance à se dissimuler derrière les prétextes les plus variés, quelques illustrations sont probablement utiles ici. Il arrive souvent qu'on reste en couple même si la relation est pratiquement morte parce qu'on ne veut pas renoncer à un train de vie aisé ou à un statut social avantageux. Parfois, on tient à garder intact son fonds de retraite, ou même à protéger son emploi ou sa carrière en acceptant ce compromis perpétuel. Dans la plupart de cas de ce genre, on prend prétexte des convenances et des préjugés de l'environnement pour justifier ce statu quo destructeur. Certains deviennent silencieux et fermés pour éviter d'assumer leur colère ou leurs besoins. C'est souvent au nom de la paix, de la tolérance et des compromis nécessaires à la vie de famille qu'ils fuient ainsi les risques de l'affirmation. On peut très facilement éviter les confrontations avec le partenaire en devenant un perpétuel absent qui investit toutes ses énergies et tout son temps dans le travail. C'est habituellement sur le stress et les exigences d'une situation professionnelle diffi-
THINKSTOCK D.R. cile qu'on détourne alors l'attention et la responsabilité de ces compromis. Mais parfois on le fait au nom du bien des enfants et des exigences du rôle de pourvoyeur. Pour d'autres, le compromis est plus pernicieux  : on se fait une vie parallèle à l'insu d'un conjoint qu'on ne veut pas quitter et qu'on n'ose pas affronter directement. On renonce à une vie conjugale satisfaisante en investissant tout son désir de satisfaction et d'épanouissement dans la relation secrète. Le prétexte le plus fréquent derrière lequel on se cache alors est la fragilité du conjoint qu'une rupture pourrait pousser à la dépression ou au suicide. C'est ainsi qu'on parvient à fuir l'intensité émotionnelle qui nous fait peur en invoquant la vulnérabilité de l'autre. Certains acceptent de vivre une relation d'indifférence polie comme s'ils étaient colocataires afin d'éviter les risques du changement et d'une implication dans une relation vraiment vivante. Le prétexte est facile à trouver  : il ne faut pas briser la famille car cela pourrait traumatiser les enfants. Il arrive aussi qu'on endure une relation de couple qui n'a plus de signification (et n'en a peut-être jamais eu réellement) parce qu'on se sent incapable d'assumer la perte d'une image favorable de soi-même. Plutôt que de vivre la culpabilité à laquelle on se croit voué si on déçoit son conjoint et si on refuse de se mettre au service de ses craintes, on préfère s'enterrer dans une relation qui ne nous apporte rien. Souvent, c'est l'importance d'être fidèle à des promesses EXPERT MARTINE TEILLAC, psychanalyste, spécialiste des thérapies de couple. Les ravages de l’individualisme « L’égocentrisme exacerbé des nouvelles générations fait qu’au lieu de ressentir le couple sur le mode du « nous », ce qui prévaut c’est « moi, d’abord », et tant mieux s’il en reste pour l’autre, mais il est bien entendu que la plus belle part de gâteau est pour moi ! Si je ne trouve pas dans le couple ce que je veux, ce que j’attends, si l’autre ne répond pas exactement à ce que j’en attends, je pars, je casse le couple. Un peu comme l’enfant, dépité de constater que sa voiture ne va pas dans la direction qu’il lui avait donnée (une lame du parquet l’a déroutée), la jette, fou de colère contre le mur. Et la casse. Maintenant on fait un couple et on le défait sur un coup de tête  : la génération kleenex jette quand ça ne convient pas. C’est dire que l’introspection spontanée, l’honnête remise en question, sont reléguées dans le grenier des objets désuets et inutiles. Si ça ne va pas, ce ne peut – être que la faute de l’autre (il ne répond pas à ce que j’attendais de lui) ou d’une incompatibilité de caractère. Il arrive, bien sûr, que l’on soit réellement dans ce cas de figure, mais je pense que ce n’est pas aussi fréquent qu’on voudrait nous le faire croire. Cette attitude, hélas, fait boule de neige et a un effet doublement pervers  : d’abord faire croire que le couple dans lequel on apporte tout à l‘autre, existe ; puis de provoquer des ruptures qui n’auraient peut-être pas lieu d’être. » qui sert de prétexte à ses propres yeux pour justifier l'évitement de son affirmation. Ces quelques exemples illustrent bien la variété des raisons qui peuvent nous amener à sacrifier notre épanouissement pour maintenir une relation de couple qui n'est plus vivante. Ils montrent également comment ces raisons se dissimulent la plupart du temps derrière des prétextes qui nous apparaissent plus valables ou moins discutables que les motifs réels de nos choix. » Toujours rester « sujet » dans la relation On voit ainsi des femmes se transformer en « femme objet », prête à toutes les opérations de chirurgie esthétique possibles, pour plaire à leurs conjoints. On en voit d’autres se taire en société chaque fois qu’elles développent un sentiment d’infériorité intellectuelle ou culturelle par rapport à leurs époux. Souvent, ces femmes sont les victimes de pervers manipulateurs qui les enferment dans un sentiment de mésestime de soi. A l’inverse, d’autres encore vont reprendre leurs études pour être « enfin » à la hauteur de leurs compagnons. Ce qui compte donc dans un couple, c’est que chacun reste toujours « sujet », à égalité avec l’autre. Changer pour séduire ou plaire encore plus à l’autre est possible, mais à la seule condition que ce soit un bonheur pour soi, une envie de s’améliorer que l’on fait d’abord pour soi et ensuite pour l’autre. Bref, il est intolérable d’accepter de perdre son identité par amour ! Rester soi-même, tout en étant en couple, c'est rester fidèle à ses principes et à ses engagements malgré les états psychologiques ou les attentes de son conjoint et malgré les épreuves de la vie qui peuvent nous affecter. On se doit de rester soi-même dans la vie pour affirmer notre personnalité et rester fidèle à ses valeurs. n A.M. À LIRE « Lettre aux couples d’aujourd’hui, les nouveaux défis de la vie à deux » de Nicole et Philippe Jeammet, Editions Bayard, 191 pages, 18,50 € L’ESSENTIEL DE LA PSYCHO 103 FÉMININPSYCHO 49



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