Intelligence Magazine n°3 mar/avr/mai 2015
Intelligence Magazine n°3 mar/avr/mai 2015
  • Prix facial : 6,80 €

  • Parution : n°3 de mar/avr/mai 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 29,4 Mo

  • Dans ce numéro : le sommeil et ses secrets... comment le cerveau se régénère ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le traitement de l’insomnie dépend du type d’insomnie, du nombre d’années et de la prise ou pas de somnifères. et l’alcool sont des dépresseurs du système nerveux central qui provoquent l’insomnie. En observant des utilisateurs de dépresseurs du système nerveux central (tranquillisants par exemple), on a découvert que leur sommeil paradoxal n’alterne pas correctement avec leur sommeil lent. Afin d’améliorer son sommeil, la personne insomniaque doit d’abord être stabilisée à l’aide de doses graduellement réduites jusqu’à ce que le dépresseur ne soit plus utilisé ou nécessaire. Les stimulants du système nerveux central, comme les amphétamines, les quantités importantes de café ou d’autres boissons contenant de la caféine, les antidépresseurs et les sympathomimétiques contre l’asthme, peuvent rendre le patient très somnolent durant le jour et l’empêcher de bien dormir la nuit. Ceux qui consomment de grandes quantités d’alcool présentent un sommeil « prématurément vieilli », caractérisé par de multiples réveils, de nombreux changements de phase et une réduction du sommeil récupérateur. Comme le sommeil est léger et fragmenté, le temps total passé au lit peut augmenter, ce qui perturbe le cycle veille/sommeil. Même après une ou deux années d’abstinence, le sommeil des anciens alcooliques reste perturbé. On ne sait pas encore si ces troubles du sommeil sont imputables à des lésions permanentes dues à l’alcool ou si le mauvais sommeil existait auparavant ; dans ce dernier cas, l’alcool aurait d’abord été utilisé pour corriger ce problème… 28 INTELLIGENCE MAGAZINE DOSSIER « LES SECRETS DU SOMMEIL » COMMENT TRAITER L’INSOMNIE ? Le traitement de l’insomnie dépend du type d’insomnie, du nombre d’années et de la prise ou pas de somnifères. Il est évident que lorsque l’insomnie est là depuis des années, il est difficile de s’en débarrasser. Il faut retrouver les bons réflexes, redécouvrir ses besoins et ses rythmes. Or, les somnifères ont souvent faussé la donne. En endormant la personne quotidiennement, ils ont pris la place des substances naturelles d’endormissement et ont en quelque sorte « désappris » à la personne à dormir. D’où l’importance de retrouver une hygiène de vie propice au sommeil et de consulter rapidement un professionnel dans le cas d’insomnies sévères. La phytothérapie est également un atout majeur pour vous accompagner en douceur À SAVOIR D’AUTRES MOLÉCULES... Des molécules plus récentes, non benzodiazépiniques, mais agissant au niveau du récepteur des benzodiazépines, ont été commercialisées comme hypnotiques il y a quelques années : Imovane, Stilnox, Ivadal. Elles ont pour avantage de mieux respecter l’architecture du sommeil et de préserver la vigilance et les performances dans la journée suivant la prise, mais elles n’ont pas d’action contre l’anxiété presque toujours présente chez les insomniaques chroniques. Elles sont prescrites préférentiellement dans les insomnies ponctuelles : voyage avec ou sans décalage horaire par exemple. vers un sommeil régulier et vous permettre de vaincre l’insomnie. DU BON USAGE DES SOMNIFÈRES Les somnifères sont des armes à double tranchant : ils sont parfois utiles mais ils peuvent également aggraver l’insomnie. Ils n’apportent qu’un soulagement temporaire et ne guérissent pas. Leur utilisation ne doit surtout pas dépasser quelques semaines. Pris régulièrement, ils pourront entraîner une insomnie dite « rebond ». Cette forme d’insomnie survient lorsqu’une personne cesse de prendre des somnifères et que l’insomnie reprend de plus belle. Donc, au lieu de traiter l’insomnie, les somnifères peuvent en devenir la cause ! Les médicaments que vous achetez en vente libre sont parfois inefficaces. Quant aux médicaments obtenus sur ordonnance médicale, ils risquent de transformer vos habitudes normales de sommeil et vous rendre somnolent et étourdi le lendemain matin. De plus, les somnifères perdent de leur efficacité avec le temps ; il faut donc augmenter les doses. C’est pourquoi il est déconseillé de prendre des somnifères pendant de longues périodes. C’est une sorte de cercle vicieux. Les somnifères peuvent même être dangereux si votre insomnie est causée par un problème de santé. ZOOM SUR LES BENZODIAZÉPINES Les médicaments utilisés dans le traitement des insomnies, c’est-à-dire des troubles de
l’installation et du maintien du sommeil, appartiennent classiquement à la grande famille des benzodiazépines. Leur nom pharmacologique se termine le plus souvent par « azopam » : Flunitrazopam, Rohypnol, Lormétazépam, Noctamide, Lorazépam, Temesta, Bromazépam, Lexomil... Ces benzodiazépines sont toutes sédatives, anxiolytiques, anticonvulsivantes, myorelaxantes et amnésiantes, mais à des degrés divers selon la molécule. C’est pourquoi certaines sont commercialisées comme hypnotiques : pour dormir, à prendre au coucher, d’autres comme anxiolytiques : contre l’anxiété, à prendre dans la journée. Mais une benzodiazépine anxiolytique prise le soir est hypnotique et souvent prescrite dans ce but. Par ailleurs, une molécule anxiolytique prise dans la journée procure davantage de détente, donc un meilleur sommeil le soir, tandis qu’un hypnotique à durée d’action suffisamment longue garde un effet anxiolytique dans la journée du lendemain. Toutes ces molécules sont supposées procurer un meilleur sommeil, mais elles ont généralement un effet indésirable : elles provoquent des troubles de la mémoire. Les bonnes pratiques médicales préconisent un traitement bref, d’une durée maximum de trois semaines, lorsque l’on utilise ces molécules comme hypnotiques, parce que leur effet s’épuise avec le temps. On est alors amené à augmenter les doses et le mécanisme de l’escalade thérapeutique s’enclenche, DOSSIER « LES SECRETS DU SOMMEIL » d’autant plus facilement que l’arrêt brusque du médicament est mal supporté : il y a un rebond d’insomnie pendant lequel on dort encore plus mal qu’avant la prise du médicament pendant un temps plus ou moins long. Par exemple, lors de l’arrêt brutal d’une benzodiazépine, le sommeil est perturbé pendant trois à quatre semaines pour une consommation de médicament d’une durée de six mois, pendant près d’un an, pour une consommation d’une durée de dix ans. Les benzodiazépines ont un fort potentiel de dépendance qui explique qu’on puisse les consommer pendant des années. Parmi les autres effets indésirables, on observe un effet résiduel le lendemain de leur prise : somnolence, troubles de la concentration et de la mémoire, baisse des performances, en particulier risque d’accident lors de la conduite automobile. Ces effets sont d’autant plus fréquents qu’elles ont une longue durée d’action et que leur dose est forte. En outre, elles peuvent modifier l’humeur ; le patient À SAVOIR LES ANTI-DÉPRESSEURS Les antidépresseurs sont très souvent prescrits dans le traitement de l’insomnie. Tantôt à des doses classiques pour traiter une dépression patente ou masquée, tantôt à des doses inférieures, de l’ordre du cinquième ou du tiers des doses, avec des antidépresseurs sédatifs à prendre le soir, comme par exemple l’amotriptyline (Laroxyl), la doxépine (Quitaxon), la mianserine (Athymil). devenant plus irritable, parfois pleurant de façon immotivée. Les benzodiazepines modifient l’architecture du sommeil qui devient beaucoup moins riche en ondes lentes, témoignant d’un sommeil lent profond, et le sommeil paradoxal tend à diminuer. DES MÉTHODES SANS MÉDICAMENTS Dans les cas d’insomnie chronique pour lesquels on n’a décelé aucune cause organique ou psychiatrique, on privilégie surtout les méthodes non médicamenteuses : homéopathie, phytothérapie, acupuncture… Outre les règles dites d’hygiène du sommeil, on prescrit également des traitements comportementaux ou cognitifs : la relaxation, le biofeedback, la sophrologie, l’hypnose… Les troubles du sommeil sont de terribles désagréments à ne pas prendre à la légère, puisqu’ils peuvent altérer totalement votre mode de vie. Il est important de faire attention lorsque l’on est sujet à des fatigues diurnes. Si vous avez des doutes, il est nécessaire de consulter votre médecin pour trouver un traitement adapté à votre cas. n J.B. POUR ALLER PLUS LOIN L’INSOMNIE « Apprivoiser l’insomnie » du Dr Michel Dib, Les Editions du Huitième Jour, 126 pages. INTELLIGENCE MAGAZINE 29



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