Intelligence Magazine n°1 nov/déc 2014
Intelligence Magazine n°1 nov/déc 2014
  • Prix facial : 6,80 €

  • Parution : n°1 de nov/déc 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : entretien sur la mémoire avec le professeur Hélène Amieva.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
Comprendre et traiter les maladies et les traumatismes du système nerveux constituent un enjeu majeur à l’échelle mondiale pour le XXI e siècle. Aujourd’hui, la médecine soulage… Demain, il faut prévenir, guérir et réparer. D’où l’importance de la recherche sur le cerveau. Voici plusieurs beaux exemples d’avancées récentes en la matière. NOTRE CERVEAU A HORREUR DU VIDE 26 INTELLIGENCE MAGAZINE DOSSIER DOPER SON CERVEAU CERVEAU HUMAIN Les avancées de la recherche Plus d’un Français sur dix souffre d’une maladie du cerveau. Grâce à la recherche croisée en neurosciences, en neurologie et en neuropsychologie, notre connaissance sur le cerveau avance à pas de géants et permet aujourd’hui d’espérer de belles avancées médicales, notamment dans le traitement des maladies neurodégénératives dans l’avenir. À SAVOIR ZOOM SUR LA FRC Fondée en 2000, la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau poursuit un but précis : stimuler une recherche appliquant différentes approches pour explorer et comprendre le cerveau, son fonctionnement, ses maladies. Elle a donc 2 missions : financer des programmes de recherche, sensibiliser et informer le public sur les besoins et avancées des neurosciences. Plus d’infos sur : www.frc.asso.fr Lorsque nous portons notre attention vers ce qui nous entoure, certaines régions du cerveau s’activent : c’est le réseau de l’attention, bien connu des neurobiologistes. Mais d’autres régions interrompent dans le même temps leur activité, comme si elles gênaient d’ordinaire l’orientation de l’attention vers le monde extérieur. Ces régions forment un réseau très étudié en neurobiologie, et appelé communément « réseau par défaut », parce qu’il a longtemps semblé s’activer quand le cerveau n’a rien de particulier à faire. Cette interprétation a été affinée par dix ans de recherche en neuroimagerie, qui ont fini par associer ce réseau mystérieux (« l’énergie noire du cerveau » selon l’un de ses découvreurs, Marcus Raichle) à de nombreux phénomènes intimes et privés de notre vie mentale : perception de soi, évocation de souvenirs, imagination, pensées... Une étude réalisée par une équipe du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon a révélé en 2011 comment ce réseau interfère avec notre capacité à porter attention, en mesurant pour la première fois l’activité des neurones du réseau par défaut dans le cerveau humain à l’échelle de la milliseconde. Les résultats montrent sans ambigüité que lorsque nous cherchons un objet autour de nous, les neurones de ce réseau par défaut interrompent leur activité. Mais cette À SAVOIR LE RÔLE CLÉ DU CNRS Avec quelques 1100 agents statutaires (Chercheurs, Ingénieurs et Techniciens) œuvrant dans le domaine des neurosciences et de la cognition, le CNRS est un acteur majeur du domaine, en France et en Europe. L’essentiel des forces (82%) est regroupés en 7 clusters d’excellence. Pour tous ces acteurs de la recherche, le même enjeu est partagé : explorer l’organisation et le fonctionnement du cerveau et du système nerveux.
interruption ne dure que le temps strictement nécessaire à la recherche : aussitôt l’objet trouvé, et en un dixième de seconde à peine, le réseau par défaut reprend son activité comme avant. Et si parfois notre réseau par défaut ne se désactive pas suffisamment, nous mettons plus de temps pour trouver l’objet. Ces résultats attestent d’une compétition féroce au sein du cerveau pour nos ressources attentionnelles, qui, lorsqu’elles ne sont pas utilisées pour l’analyse active de notre environnement sensoriel, sont instantanément redirigées vers des processus mentaux plus internes. Le cerveau a donc horreur du vide et ne reste jamais sans rien faire, pas même pendant un dixième de seconde. FACE À LA MALADIE D’ALZHEIMER Les équipes de recherche du Pr Hampel à l’ICM et à l’IM2A (Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer) et du Dr Michel Thiebaut de Schotten à l’ICM qui collaborent sur le site Hospitalo-Universitaire de la Pitié-Salpêtrière, utilisent des méthodologies inédites de neuro-imagerie de pointe pour la découverte de nouvelles empreintes, comme des réseaux anatomiques nerveux endommagés, spécifiques des différents stades de la maladie d’Alzheimer. Ces empreintes permettraient potentiellement de modéliser et de prédire la conversion d’un stade silencieux dit de « normalité cognitive » vers des stades symptomatiques de la maladie d’Alzheimer. Le Pr Hampel, le Dr Thiebaut de Schotten et leurs équipes placent beaucoup d’espoir dans ces technologies de neuroimagerie novatrices. L’emprunte du réseau neuronal « signature » établie par le Pr Hampel et le Dr Thiebaut de Schotten, pour un patient spécifique à un instant donné de la maladie, pourrait offrir des possibilités novatrices pour la détection précoce et le traitement efficace de cette maladie neurodégénérative. QUAND RESPIRER NOUS LIBÈRE L’ESPRIT Certaines activités, comme la marche ou la respiration, présentent la propriété singulière de pouvoir être réalisées de manière volontaire ou automatique. Par exemple, il est possible à chacun d’entre nous de décider de prendre une grande inspiration et DOSSIER DOPER SON CERVEAU de garder les poumons gonflés quelques secondes pour ensuite expirer lentement. A l’inverse, nous respirons la plupart du temps sans y penser, et c’est d’ailleurs ce qui se passe chaque nuit. Si les structures nerveuses en charge de la respiration automatique situées dans le tronc cérébral sont assez bien connues, celles qui sous-tendent la respiration volontaire demeurent davantage mystérieuses. Une équipe de recherche de l’ICM à la Pitié-Salpêtrière dirigée par le Professeur Lionel Naccache (UPMC, ICM, INSERM) vient de publier en octobre 20134 dans la revue PLoS ONE une observation originale qui met en évidence les mécanismes cérébraux de la respiration volontaire et qui surtout révèle pour la première fois le coût cognitif qui lui est associé. Ces résultats éclairent d’une manière originale les mécanismes automatiques (tronc cérébral) et volontaires (cortex) de la respiration, et nous informent sur le coût cognitif associé à la respiration volontaire, qui est contrôlée par le cortex. DES AVANCÉES SUR LES MALADIES À PRIONS Au sein de l’Institut du Cerveau et le la Moëlle épinière (ICM), l’équipe de Stéphane Haïk et Marie-Claude Potier étudie les maladies à prions et la maladie d’Alzheimer en parallèle du fait des grandes analogies biologiques qu’elles partagent. Les avancées faites récemment sur les maladies à prions dont la forme la plus fréquente est la maladie de Creutzfeldt-Jakob, sont d’une aide précieuse pour mieux comprendre les mécanismes biologiques de développement de la maladie d’Alzheimer. Cette équipe de recherche s’intéresse particulièrement aux mécanismes moléculaires impliqués dans la propagation des prions : phénomène de conversion de la protéine normale vers une forme toxique conduisant à la mort des neurones. Ce phénomène de propagation ayant été mis en évidence dans d’autres maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, sa compréhension représente un enjeu majeur pour tenter de le bloquer et de trouver des traitements adaptés à ces pathologies. Oui, la recherche avancée, à condition d’être soutenue et financée. n I.N. EXPERT PROFESSEUR HUGUES DUFFAU, NEUROCHIRURGIEN, PIONNIER EN EUROPE DE LA « CHIRURGIE ÉVEILLÉE ». Vous opérez vos patients du cerveau en les gardant éveillés : il n’y a plus d’anesthésie ? « Je pratique cette chirurgie éveillée depuis 17 ans avec déjà plusieurs centaines de patients opérés. Il n’y a plus d’anesthésie : quand on opère un patient du cerveau, on souhaite préserver sa qualité de vie. Il faut repérer les zones à éviter pour ne pas générer de séquelles. Le cerveau ne peut pas ressentir sa douleur. Le patient nous aide à chaque instant en nous disant, dans le bloc, si on peut continuer à opérer, à enlever plus de tumeur, ou s’il faut s’arrêter. Il y a une participation très importante de neuropsychologues et orthophonistes : on présente des tests au patient pendant l’opération, nous avons un retour permanant avec des tâches faites en temps réel pour savoir si on arrive dans une région à risques, s’il faut s’arrêter, s’il faut continuer. Cette méthode est de plus en plus connue, j’ai eu l’occasion de former 300 centres de neurochirurgie dans 45 pays en 17 ans ! Ils reproduisent les mêmes résultats : en dehors de 1% d’aléas, 99% des patients récupèrent après l’intervention chirurgicale. On peut enlever un lobe à un patient et pour autant qu’il reprenne une vie totalement normale ! À RETENIR LA SEMAINE DU CERVEAU La 15 e édition de la Semaine du cerveau s’est tenue en mars dernier, partout en France. Prochaine édition : Du 16 au 22 mars 2015. Plus d’infos sur : www.semaineducerveau.fr INTELLIGENCE MAGAZINE 27 N



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 1Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 2-3Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 4-5Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 6-7Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 8-9Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 10-11Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 12-13Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 14-15Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 16-17Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 18-19Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 20-21Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 22-23Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 24-25Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 26-27Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 28-29Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 30-31Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 32-33Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 34-35Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 36-37Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 38-39Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 40-41Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 42-43Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 44-45Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 46-47Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 48-49Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 50-51Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 52-53Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 54-55Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 56-57Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 58-59Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 60-61Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 62-63Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 64-65Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 66-67Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 68-69Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 70-71Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 72-73Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 74-75Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 76-77Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 78-79Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 80-81Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 82-83Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 84-85Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 86-87Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 88-89Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 90-91Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 92-93Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 94-95Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 96-97Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 98-99Intelligence Magazine numéro 1 nov/déc 2014 Page 100